Bilan

La pharma bâloise Roche dopée par une étude prometteuse

La parution de l'étude Aphinity donne des ailes à l'action du groupe bâlois de l'industrie pharmaceutique Roche: des résultats très positifs de traitements croisés sur patients atteints d'un cancer du sein laissent un gain de chiffre d'affaires de deux milliards de dollars en 2018.

Roche pourrait voir son chiffre d'affaires bondir en 2017 grâce à un traitement croisé aux résultats précoces très prometteurs.

Crédits: Image: Reuters

En 2017, le brevet du Herceptin va tomber dans le domaine public. Cette molécule cruciale dans la lutte contre plusieurs types de cancers a permis au groupe pharmaceutique bâlois d'enregistrer de précieux bénéfices pendant de nombreuses années. Avec la fin de l'exclusivité du brevet pour Roche, d'autres laboratoires vont abreuver le marché avec des versions biosimilaires (terme correspondant aux médicaments génériques pour les biotechnologies): les laboratoires Mylan et Biocoon devraient proposer une alternative sur les marchés européens avant fin 2017.

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Face aux pertes de marché qui s'annoncent, Roche ne pouvait rester inactif. Plusieurs études ont donc été initiées depuis le début de la décennie afin d'améliorer encore les thérapies utilisant le Herceptin. L'une des pistes suivies a été celle des thérapies croisées utilisant plusieurs molécules combinées pour combattre une affection. La parution jeudi 2 mars des résultats d'une de ces études, baptisée Aphinity, laisse augurer des jours fastes pour le groupe rhénan.

Herceptin combiné avec Perjeta

L'étude Aphinity, menée par Roche avec le Breast International Group (BIG) et le Breast European Adjuvant Studies Team (BrEAST) sous la supervision de la fondation indépendante Frontier Science Foundation (FS), a porté sur un traitement contre le cancer du sein basé sur la combinaison du Herceptin avec le Perjeta, autre molécule phare de la firme. Réalisée sur plus de 4800 patients, cette étude a montré une très nette réduction du risque de récidive du cancer du sein agressif ou de décès.

Immédiatement, Roche a communiqué sur le sujet, publiant un document résumant les principaux enseignements de cette phase III de recherche. Pour Sandra Hornung, chief medical officer et responsable des développements de produits chez Roche, citée dans le document, «ces résultats positifs de l'étude Aphinity représentent un apport très important à l'ensemble des données pour le Perjeta dans le traitement du cancer du sein HER2-positif pris à un stade précoce».

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Alors que de nombreux analystes se montraient sceptiques voici quelques mois face aux nouveaux traitements et molécules dans le pipe-line de Roche, la publication des résultats de l'étude Aphinity a fait l'effet d'une bombe: chez Deutsche Bank, les analystes ont estimé que ce seul traitement combinant Herceptin et Perjeta pourrait générer dès 2018 des ventes à hauteur de deux milliards de dollars. Un relais de croissance bienvenu alors que le Herceptin avait été l'un des moteurs de la croissance de Roche jusqu'à l'exercice écoulé: le groupe pharma bâlois avait enregistré 6,75 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2016.

D'autres nouvelles molécules à venir

Ce regain de croissance permis par les nouveaux traitements appuyés sur la combinaison des deux molécules devrait s'accompagner d'autres relais de croissance avec des molécules nouvelles. Dans les semaines à venir, la FDA (Food and Drug Administration) devrait homologuer ocrelizumab, un traitement contre la sclérose en plaques qui, selon les études de phase III validées ces dernières années, retarde de 40% la progression de l'invalidité et de 90% les lésions cérébrales par rapport au traitement Rebif développé par Serono (Merck Serono désormais). Selon Agathe Bouché Berthon, analyste chez Bordier, «un potentiel de ventes à terme de 5 à 6 milliards de dollars par an serait atteignable» avec cette molécule, comme elle l'affirmait l'été dernier à nos confrères du Temps.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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