Bilan

La clientèle d'Uber en Suisse romande plus jeune et plus étudiante

Une clientèle plus jeune et féminine, une proportion d'étudiants en hausse...: la dernière étude du cabinet 6t sur les utilisateurs d'Uber en Suisse romande révèle un certain nombre de changements depuis 2015.

Qui est le client-type d'Uber en Suisse romande en 2017?

Crédits: Image: DR

En 2015, quelques mois après l'arrivée d'Uber en Suisse romande (à Genève d'abord puis à Lausanne), le portrait-robot du client de l'app était le suivant: un homme (69% à Genève en 2015) âgé de 37,9 ans, appartenant à la catégorie socioprofessionnelle des «cadres et professions intellectuelles supérieures», ses trajets étant esentiellement intra-urbains, et préférant cette solution au taxi en raison des prix. Deux ans plus tard, Uber a souhaité savoir si les utilisateurs avaient changé. Une étude a donc été commandée auprès du même cabinet, 6t, spécialisé dans les mobilités. «Nous sommes un cabinet indépendant et avons une règle claire avec nos clients: s'ils commandent une étude et qu'ils désirent communiquer à ce sujet, il faut accepter qu'elle soit intégralement accessible, même des aspects moins valorisants», explique Nicolas Louvet, CEO de 6t.

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Du 18 au 26 janvier, les utilisateurs d'Uber en Suisse romande ont donc reçu une invitation à répondre à une enquête: 4669 réponses complètes ont été enregistrées, dont 4494 ayant déjà utilisé l'app (2497 à Genève, 1620 à Lausanne, 377 hors de ces deux zones urbaines). Soit un échantillon notable pour «une population d'utilisateurs passée de 40'000 à 180'000 sur l'arc lémanique en deux ans», dixit Alexandre Molla, directeur Suisse romande chez Uber, qui souligne que 3000 téléchargements de l'application ont lieu chaque semaine sur le territoire, contre 600 en 2015.

A cause des tarifs puis de l'aspect pratique

En deux ans, ces nouveaux adeptes ont changé. «Les early adopters à Genève venaient sans doute d'usagers des taxis avant que d'autres clients ne s'emparent de cette solution», note Nicolas Louvet. Et au fil des mois, le client-type a changé: «Il y a toujours une légère majorité d'hommes mais elle est passée à 52,7%, ce qui prouve que les femmes ont largement adopté Uber également; la moyenne d'âge est passée à34,1 ans désormais et 60% des usagers ont moins de 35 ans», constate le directeur de 6t. Quant à la catégorie socioprofessionnelle des utilisateurs, les cadres sont toujours sur-représentés (avec 32,6%), tandis que les étudiants sont passés de 11 à 19,8%.

La motivation a aussi évolué. «Ce sont les tarifs qui ont attiré les usagers, mais c'est l'aspect pratique qui prend ensuite le dessus dans la motivation de continuer à utiliser l'app», constate Nicolas Louvet.

Motivation des utilisateurs d'Uber en Suisse romande

Les usages eux aussi ont changé: la part des déplacements entre la ville-centre (Genève ou Lausanne) et sa périphérie s'est envolée et concerne désormais 49% à Genève et 65% à Lausanne. La plupart de ces déplacements vise à répondre à une volonté de sortir (restaurant, cinéma, boîte de nuit) à hauteur de 50,1% ou de rendre visite à des proches (12%), tandis que les trajets domicile-travail ou domicile-études concerne 11% et les déplacements professionnels 8,6%.

36% de trajets les soirs de week-end

La plupart de ces raisons de se déplacer sont fortes en fin de semaine: «Nous enregistrons 36% de trajets le week-end entre 20h et 8h du matin», confie Alexandre Molla. Des plages horaires où les offres alternatives de transport sont moins importantes ou moins propices: cadences allégées des transports en commun, dangers de l'alcool pour les conducteurs, froid et ambiance nocturne pour les adeptes des 2-roues et les piétons,... D'où un positionnement d'Uber que son directeur Suisse romande juge «complémentaire plus que concurrent avec les autres offres de transport à disposition sur le marché».

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«Plutôt que de prendre des parts de marchés à d'autres moyens de transport, Uber a créé de nouveaux besoins et de nouvelles envies de déplacements pour les usagers», assure Alexandre Molla. Et l'étude de 6t va dans son sens: «L'usage d'Uber est le plus souvent précédé ou suivi de l'usage d'un autre moyen de transport, qu'il s'agisse de bus, de tram, du train ou du taxi», constate Nicolas Louvet. Et d'affirmer que, selon l'étude, les usagers d'Uber n'auraient diminué qu'à la marge leur consommation des autres modes de transport: -1.1 déplacement en taxi par mois, -1 déplacement en transport en commun, -0,9 déplacement en voiture, -0,4 utilisation mensuelle du 2-roues et -0,2 utilisation du vélo.

Cependant, selon les données collectées par 6t lors de l'enquête, sur 100 usagers d'Uber en Suisse romande, 5,6 voitures en moins sont en circulation. Avec, pour 9% des «démotorisés», l'utilisation des services Uber comme principal facteur déterminant, et 91% estimant qu'il s'agit d'un facteur parmi d'autres.

Un millier de chauffeurs Uber

Mais l'utilisation grandissante des services Uber par une portion toujours plus importante de la population pose la question de l'offre. A l'heure actuelle, Uber recense un millier de chauffeurs utilisant ses services sur l'arc lémanique, contre 150 en 2015. Seulement 3% d'entre eux sont connectés plus de 40 heures par semaine, d'où parfois un délai un peu plus long pour que le client bénéficie de l'arrivée d'un chauffeur quand il passe commande d'une course. «Nous travaillons constamment à améliorer l'offre en présentant notre solution à un nombre croissant de chauffeurs intéressés, et nous les mettons en relation avec des professionnels du leasing ou de la vente de voiture, nous les aidons à passer les examens nécessaires pour devenir chauffeur professionnel VTC en respectant les législations de chaque canton», assure Alexandre Molla.

Avec l'entrée en vigueur sur le sol genevois de la nouvelle législation en juillet, les dernières zones troubles devraient se dissiper, avec notamment des chauffeurs VTC n'ayant pas toujours tous leurs documents en règle selon les autorités cantonales genevoises.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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