Bilan

La Chine met à l'amende ses géants du web

La Chine a infligé de lourdes amendes à plusieurs géants internet du pays accusés d'avoir laisser se propager des contenus "obscènes" et illicites sans exercer une censure suffisante.
  • WeChat a "manqué à ses obligations" pour endiguer la propagation de "contenus violents ou terroristes, obscènes ou pornographiques, et de rumeurs".

    Crédits: afp
  • Le "Twitter chinois" Weibo a été reconnu coupable d'avoir "propagé des contenus pornographiques ou incitant à la haine ethnique".

  • Baidu "coopère activement" avec les autorités afin de "purger les mauvaises informations" de Tieba.

    Crédits: afp

La Chine a annoncé avoir infligé de lourdes amendes à plusieurs géants internet du pays, dont Baidu et la plateforme de microblogs Weibo, accusés d'avoir laisser se propager des contenus "obscènes" et illicites sans exercer une censure suffisante.

Ce nouveau tour de vis à l'encontre des réseaux sociaux et des contenus en ligne, déjà soumis à une censure drastique, intervient peu avant un important Congrès du Parti communiste au pouvoir, prévu mi-octobre.

Différentes plateformes internet, visées depuis août par une enquête des régulateurs, ont laissé prospérer les contenus et commentaires "illicites", a martelé lundi l'Administration de l'internet, sans préciser le montant des amendes.

WeChat --la plus populaire application de messagerie du monde, gérée par Tencent, a "manqué à ses obligations" pour endiguer la propagation de "contenus violents ou terroristes, obscènes ou pornographiques, et de rumeurs".

De tels contenus "mettent en péril la sécurité nationale, la sécurité publique et l'ordre social", tout en contrevenant à la loi sur la cybersécurité entrée en vigueur en juin, précise l'antenne cantonaise de l'Administration, ajoutant que l'amende "maximale" a été infligée à Tencent.

De même, la plateforme de microblogs Weibo (le "Twitter chinois") a été reconnue coupable d'avoir "propagé des contenus pornographiques ou incitant à la haine ethnique", et le forum de discussions Tieba, géré par Baidu, "des commentaires obscènes, violents et (promouvant) le terrorisme".

Baidu "coopère activement" avec les autorités afin de "purger les mauvaises informations" de Tieba, a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'entreprise.

Par ailleurs, le "Bureau national de lutte contre la pornographie et les publications illégales" a annoncé lundi avoir supprimé "plus de 20 millions de contenus obscènes ou pornographiques", lors d'un grand ménage automnal de cinq semaines qui a visé une trentaine d'entreprises.

La Chine surveille déjà internet de façon drastique et bloque les sites et contenus qu'elle estime politiquement sensibles, un système surnommé "la Grande muraille électronique".

Mais le contrôle s'est intensifié ces derniers mois avec une loi sur la cybersécurité, qui interdit tout contenu portant atteinte à "l'honneur national", "troublant l'ordre économique et social" ou destiné à "renverser le système socialiste".

De plus, selon un règlement dévoilé début septembre, les initiateurs de groupes de discussion sur WeChat sont tenus responsables des contenus qui y sont postés, de quoi les forcer à une prudente auto-censure.

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