Bilan

La banque Safra Sarasin s’offre un bâtiment iconique à Genève

Le fameux Cube longtemps occupé par la Caisse d’Epargne de Genève, puis par la Banque Cantonale de Genève, a été cédé par BNP Paribas à la banque Safra Sarasin pour une somme qui avoisinerait les 80 millions de francs.

Le "Cube" de la rue de la Corraterie passe entre les mains de la banque J. Safra Sarasin après avoir appartenu à la Banque Cantonale de Genève puis à BNP Paribas.

Crédits: Laurent Guiraud/TDG

La transaction vient de s’effectuer. BNP Paribas a choisi de se défaire de son immeuble sis au 4 rue de la Corraterie au profit de sa consoeur la banque Safra Sarasin. Le prix de la transaction n’a pas encore été publié, mais serait proche des 80 millions de francs.

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La nouvelle peut de prime abord surprendre, alors que BNP Paribas avait inauguré en grandes pompes le Cube entièrement rénové le 27 février 2008 en présence du conseiller d’Etat d’alors Mark Muller et du président d’alors du conseil d’administration de BNP Paribas (Suisse) Georges Chodron de Courcel. Est-ce le prix de vente qui a encouragé BNP Paribas à s’en défaire? En effet, la banque avait acquis pour 34,5 millions de francs le Cube en question en octobre 2004 auprès de la Banque Cantonale de Genève. Le prix de vente autour de 80 millions de francs représenterait donc une belle plus-value. Sauf que BNP Paribas a entre temps investi une trentaine de millions pour refaire entièrement ce bâtiment.

Home office et flex-office développés en Suisse

Cela étant, ce bâtiment a été l’objet d’une complète transformation menée sous la férule de l’architecte Jean-Marie Bondallaz. Ce dernier n’a gardé que les dalles et les piliers du bâtiment construit entre 1966 et 1974 par Pierre et Jean Camoletti associés à Luc Hermès et René Schwertz. Le bâtiment originel était doté de baies vitrées fumées très foncées ce qui ne manqua pas de provoquer d’importantes polémiques.

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BNP Paribas nous a indiqué avoir procédé à cette cession dans le cadre de la stratégie globale du groupe: «Une de nos priorités est la digitalisation pour répondre aux nouveaux besoins de nos clients. Nous développons des nouvelles méthodes de travail qui vont progressivement intégrer le le home office et le flex-office en Suisse. Autrement dit, suite à l’appel lancé à l’ensemble des équipes pour innover, ces méthodes agiles se mettent en place», résume Laurence Anthony, en charge de la communication.

La croissance de J. Safra Sarasin

Ces solutions techniques seront déployées d’ici à fin 2018. BNP Paribas a prévu de se recentrer sur trois sites: place de Hollande, boulevard de la Tour et rue de l’Ecole-de-Chimie où a été installée sa «factory ». Du côté de la banque J. Safra Sarasin, on nous confirme sobrement l’acquisition de cet immeuble «pour son propre usage, afin de répondre à son développement tant à Genève qu’en Suisse». La banque emploie quelque 200 personnes à Genève.

Rappelons qu’elle avait acquis l’immeuble Braillard du quai de l’Ile en 2004 (environ 4500 m2), libéré suite au rachat de la Discount Bank par l’Union Bancaire Privée. Safra Sarasin participe activement à la consolidation du marché suisse du private banking. Elle a repris l’entité suisse de Morgan Stanley en 2014 après avoir racheté la banque Sarasin en janvier 2013. Sans oublier les reprises de la banque israélienne Leumi au Luxembourg et de Credit Suisse à Gibraltar et Monaco. De quoi permettre à cette banque d’origine brésilienne de dépasser désormais les 150 milliards de francs sous gestion.

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Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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