Bilan

L’ancienne friche Honda ressuscite

Une caisse de pension a racheté un site industriel à Meyrin-Satigny, près de Genève, afin de le réaménager pour que ses entreprises membres puissent se reloger facilement.

A gauche, le site actuel. A droite, une vue 3D par l’atelier Michael Mayer.

Crédits: Aatelier d’architecture Michael Mayer

De l’avis de tous les observateurs, c’est une très belle opération. L’immense parcelle des Moulières (28  000 m2) nichée en plein cœur de la zone industrielle de Meyrin-Satigny (GE) était sous-exploitée par Honda qui l’utilisait pour stocker des pièces détachées et y tester des moteurs. Une partie des locaux était également utilisée par la société DHL. 

Lorsque la Caisse de prévoyance de la construction (qui s’occupe d’indépendants, des employeurs et du personnel des entreprises affiliées au Groupement des associations patronales de la construction, GAP) apprend que Honda souhaite s’en défaire, elle remue ciel et terre pour parvenir à l’acquérir en juin 2014 pour 28 millions de francs. «Depuis quelques années, notre caisse est à la recherche de centres artisanaux car les PME sont forcées à l’exil.

Il est devenu quasiment impossible de trouver des locaux à des prix raisonnables», témoigne Peter Rupf, secrétaire des associations du GAP (à savoir l’Association pour les métiers du bois, le Groupement des entreprises du bâtiment et du génie civil, le Syndicat patronal d’entrepreneurs en métallurgie du bâtiment et la Chambre de carrelage et de la céramique). Nées à la suite de scissions, ces entités représentent environ 18% de l’activité de construction sur Genève. Ensemble, elles totalisent environ 500 entreprises et comptent 2500 employés.

«Une fois les souhaits de nos membres connus, nous avons décidé de mener une opération qui combine la démolition/reconstruction de certains bâtiments et la transformation d’autres.» Dès le printemps 2015, quelques entreprises (dont la menuiserie Wider qui devait libérer l’ancien site Hispano-Suiza) se sont déjà installées sur place. Actuellement, une dizaine d’entreprises de tailles diverses et employant sur place environ 200 personnes se trouvent dans ce centre artisanal. «A terme, soit d’ici à 2018-2019, nous aurons entre 500 et 600 places de travail avec une cinquantaine de PME.»

Les surfaces sont louées en priorité aux entreprises membres de la caisse du GAP. Logique. «Le PAV (plan d’aménagement du quartier de la Praille-Acacias-Vernets) a été l’accélérateur dans notre réflexion. Certains de nos membres sont situés dans cette zone et savent qu’ils devront partir tôt ou tard», observe Marc Biedermann, patron de l’entreprise éponyme et président de l’Association pour les métiers
du bois. 

«Nous avions la possibilité de densifier ce site. Le premier objectif était de garder l’existant au maximum, à la fois pour des raisons de coût et pour des questions environnementales. Au final, excepté un cabanon de jardin et un barbecue, nous avons quasiment tout gardé. Mais nous avons créé des mezzanines, vu les hauteurs sous plafond de 6 m», résume Michael Mayer, l’architecte du projet.  

«Une vitrine de la construction»

Très large, le bâtiment que Skynight louait en partie a été transformé afin de créer une voie centrale qui le traverse entièrement et apporte de la luminosité. Les locataires de ce bâtiment pourront prendre possession des ateliers dès cet hiver. Quand le réaménagement du site sera achevé, les entreprises disposeront d’environ 24  000 m2 utiles. A relever que les bâtiments existants seront couverts de panneaux photovoltaïques (12  000 m2), le tout s’inscrivant dans un concept à haute performance énergétique. La CPC aura investi une vingtaine de millions de francs dans ce site, uniquement en fonds propres. «Il faut que ce soit une vitrine de la construction à Genève», résume Luigi Preite, président de la CPC.  

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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