Bilan

L’action Bobst s’envole à la Bourse

Les investisseurs saluent le succès de la profonde restructuration entreprise par le fournisseur vaudois d’équipements et la confirmation des résultats escomptés par ses dirigeants.

Le groupe emploie aujourd’hui moins de 2000 salariés en Suisse.

Crédits: Dr

Bobst a le vent en poupe! 

A la Bourse, son action vient d’atteindre son plus haut niveau historique à plus de 110 francs. Il y a une année, elle ne valait qu’une cinquantaine de francs. Le titre de l’entreprise vaudoise s’est envolé en deux phases distinctes: d’abord après la présentation du bilan 2016, puis dans les semaines qui ont suivi l’annonce des résultats du 1er semestre 2017. La forte hausse du bénéfice opérationnel et du bénéfice net (lire ci-contre) a confirmé les prévisions des dirigeants de Bobst, un des premiers fournisseurs mondiaux d’équipements et de services destinés aux industries de l’emballage et de l’étiquette. 

La Bourse salue la réussite de la restructuration de l’entreprise entamée après la crise de 2009. Laquelle avait entraîné une perte de 180 millions de francs et contraint ses responsables à procéder à des licenciements. Le groupe compte désormais moins de 2000 salariés en Suisse contre quelque 2500 collaborateurs précédemment. «Cette crise a finalement été une chance. Elle nous a obligés à agir rapidement et à investir encore davantage dans l’innovation», affirme Alain Guttmann, président du conseil d’administration de Bobst.  

Plusieurs chantiers en parallèle

Ses dirigeants ont travaillé simultanément sur plusieurs chantiers. En 2012, le déménagement du site de Prilly à Mex a permis de revoir l’intégralité du fonctionnement en misant sur le «lean manufacturing.» La production de machines sur commande, qui a supplanté la fabrication en série, a entraîné une réduction drastique des stocks. Ce qui a permis de dégager des liquidités importantes. 

Parallèlement, Bobst a étendu sa gamme de produits, s’est tourné vers les services et l’impression digitale tout en revoyant ses processus business et sa plateforme informatique au niveau mondial. 

Grâce à la combinaison de l’internet des objets, des applications machines et de l’intelligence artificielle, la maintenance des équipements peut désormais se faire à distance depuis Mex. 

«Pour nos clients et notre entreprise, le gain de productivité est considérable. Pour les premiers, les pertes de temps découlant de l’arrêt d’une machine sont fortement réduites car nous pouvons immédiatement diagnostiquer les raisons d’une panne. Pour nous, nous n’avons plus besoin d’envoyer nos équipes aux quatre coins de la planète pour réparer nos équipements», relève Alain Guttmann. 

De même, la force du franc a poussé Bobst à réduire son réseau de sous-traitants helvétiques, à rechercher des partenaires dans la zone euro et à délocaliser la conception et la production de certains équipements dans les pays à bas coûts. Une troisième usine ouvrira d’ailleurs ses portes en Chine à la fin de cette année ou au début 2018. Au total, l’ensemble de ces mesures a permis de réduire les charges. 

Du côté des recettes, le développement important de l’e-commerce s’est répercuté favorablement sur le chiffre d’affaires du groupe. Dans les biens de consommation (des capsules de café aux parfums en passant par les smartphones), le packaging devient un atout de vente important et Bobst peut offrir différents types de machines capables de produire des emballages haut de gamme.

Alain Guttmann dément fermement que l’envolée du titre à la Bourse soit liée à une tentative de rachat de Bobst. «Nous sommes une société familiale et nous voulons le rester. Nous n’avons aucune intention de vendre, affirme-t-il. J’imagine que cette hausse découle de l’intérêt d’investisseurs institutionnels qui voient dans notre entreprise une nouvelle perle de l’économie suisse.» 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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