Bilan

Indigita digitalise la gestion de fortune

Lancée il y a deux ans, la startup compte aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs. Créée par des experts du domaine, pour faciliter la compliance financière internationale, Indigita propose des solutions mobiles et personnalisables, mais aussi du e-learning.
  • La gestion de fortune transfrontalière est coutumière de situations complexes. Par exemple: quelles sont les implications réglementaires lorsque le titulaire d’un compte en Suisse, qui est Allemand, donne une procuration à son fils, qui habite à Londres ?

    Crédits: DR
  • "Au-delà de la digitalisation des country manuals, nous avons développé et intégré des solutions intelligentes de gestion des réglementations. Comme une application qui permet en quelques clics de comprendre ce qu’il est possible de faire ou non avec un client", explique Patrick Genazzi, CEO d'Indigita.

    Crédits: BRP

Indigita est une startup créée par des experts, pour les professionnels de la finance. Objectif : faciliter le travail des banques et des gestionnaires de fortune, notamment sur les questions de conformité réglementaire cross-border, en digitalisant les processus. Un domaine où la complexité augmente, car la gestion privée transfrontalière implique au minimum deux pays, donc deux réglementations, et la mobilité internationale augmentant, le nombre de réglementations impliquées est souvent supérieur. Indigita connaît ainsi une belle croissance : créée il y a deux ans, elle compte aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs, et les recrutements se poursuivent. Pour renforcer encore l’entreprise et accélérer le développement, les actionnaires ont récemment augmenté le capital de cette SA.

Deux acteurs leaders

Indigita a été créée par deux sociétés suisses, BRP  et Orbium, qui détiennent chacune 50% des parts. La première est bien connue dans la gestion de fortune, BRP faisant partie des leader mondiaux dans le conseil en réglementations cross-border. Elle produit notamment les fameux « country manuals », livres de chevet incontournables dans la gestion de fortune offshore. Basée à Genève, BRP travaille avec plus de 250 groupes bancaires dans le monde, mais aussi des gestionnaires de fortune indépendant ou encore des gérants de fonds. Quant à Orbium, société de consulting IT et business d’environ 500 personnes, elle est spécialisée dans l’intégration de solutions informatiques bancaires, notamment celles d’Avaloq (autre société suisse), qui domine le segment du private banking. De leur collaboration est donc née Indigita, qui a également fait partie de l’accélérateur Fusion.

Digitalisation 

Concrètement, comment fonctionne les solutions d’Indigita ? Patrick Genazzi, CEO chez BRP et membre du conseil d’administration d’Indigita nous en explique la logique. « BRP assure toute la partie gestion des données et Indigita la digitalisation. Au-delà de la digitalisation des country manuals, nous avons également développé et intégré des solutions intelligentes de gestion des réglementations. Comme une application pour mobiles et tablettes, qui permet en quelques clics de comprendre ce qu’il est possible de faire ou non avec un client, en fonction de la situation rencontrée ».

La gestion de fortune transfrontalière est en effet coutumière de situations complexes. Par exemple, si le gestionnaire d’une banque suisse rencontre un client français au Luxembourg, que peut-il faire en respectant toutes les législations ? Ou alors, quelles sont les implications réglementaires lorsque le titulaire d’un compte en Suisse, qui est Allemand, donne une procuration à son fils, qui habite à Londres ?

Patrick Genazzi précise que toute analyse comporte au moins quatre étapes principales: au niveau de la prestation de service, de l’offre de produit, de son adaptation au client (suitability) et de la taxation afférente. « La première chose à établir est: est-ce que je peux exercer mon activité de conseil dans cette situation? Ensuite, il s’agit de savoir quel produit, un fonds de placement par exemple, il est possible de proposer. Puis, il s’agit d’évaluer le niveau de risque de la proposition et son adéquation avec le profil du client, et enfin, évaluer la fiscalité et son impact ». Pour Patrick Genazzi, tout ce processus est devenu très important, notamment avec la réglementation MiFID II, car il faut pouvoir documenter tout ce processus. Autrement dit : le gestionnaire ne peut pas uniquement se baser sur son propre jugement et une discussion avec le client. 

Formation en ligne 

Pour accompagner ses clients, Indigita a également développé des modules de formation en ligne pour permettre aux gestionnaires de se former et de tester leurs connaissances en matière de règles cross-border. D'après Patrick Genazzi, les solutions E-learning développées par Indigita amènent une nouveauté sur le marché puisqu’elles permettent de mettre à jour le contenu des cours et des tests de manière automatisée, permettant aux utilisateurs de se tenir facilement informé de chaque nouveauté réglementaire. « La banque peut en outre personnaliser nos solutions en fonction de ses propres besoins et de ses marchés cibles ». Ces services pourraient-ils dès lors s’appliquer à d’autres industries ? Pour l’instant, Patrick Genazzi précise que le cœur de cible reste la finance, où d’autres importants projets de développement restent ouverts, notamment dans le contexte de nouvelles réglementations financières. Plus globalement, avec l’augmentation de la réglementation, de la complexité et des risques, Indigita estime que le modèle d’affaires pourrait bien être répliqué sur d’autres marchés potentiels, par exemple sur le mapping des risques réglementaires dans le secteur pharmaceutique. 

 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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