Bilan

IKEA dévore chaque année 1% du bois dans le monde

Pour ses besoins propres, la firme suédoise d'ameublement IKEA consomme chaque année plus de 16 millions de m3 de bois, soit 1% des réserves mondiales de bois, selon une étude du Pacific Standard.
Besta, Billy, Lack, Expedit: sous ces noms de code se cachent les gammes et collections IKEA. Pour fournir les clients de 41 pays à travers le monde et 342 magasins, le géant de l'ameublement suédois a besoin de pharaoniques quantités de bois.

Une étude du magazine Pacific Standard révèle que la firme nordique consomme chaque année 16,27 millions de mètres cubes de bois, soit 1% des réserves mondiales commercialisées pour confectionner ses produits.

Avec plus de 100 millions de produits vendus chaque année (meubles mais aussi décoration, nourriture,...), IKEA s'appuie sur 46 sites de production disséminés à travers le monde. Les principaux se situent en Europe, et particulièrement en Suède, berceau de l'entreprise, dont les usines de Swedwood et Hultsfred (la seconde traite 140'000m3 de pin chaque jour).

De grandes concessions forestières

Cet appétit sans commune mesure s'explique non seulement par la dimension planétaire du groupe, mais aussi par le modèle choisi: des meubles faciles à monter, peu chers, qui n'ont qu'une durée de vie relativement limitée, et doivent donc être régulièrement renouvelés.

Pour se procurer cette matière première, un grand nombre de concessions forestières géantes sont nécessaires. La plupart situées dans les pays du nord (Scandinavie mais surtout Russie), pays où le pin, essence de prédilection des meubles IKEA, est très répandue.

La Carélie dans le viseur des écologistes

Ainsi, Swedwood détient un bail en République de Carélie (Ouest de la Russie) sur 295'000 hectares de forêts naturelles, dont certaines zones encore vierges. Voici quelques mois, l'ONG Sauvons la forêt dénonçait «des arbres plusieurs fois centenaires abattus en quelques secondes: à la cadence de 800 arbres par jour, les abatteuses coupent, ébranchent et empilent les troncs d'arbres avant leur transport vers l'usine de meubles. Du haut de leurs pneus gigantesques, les machines sillonnent les marais. Il leur faudra des décennies pour s'en remettre».

Ainsi, dans ce reportage (en allemand, sous-titré en anglais) de la chaîne allemande ARD, le processus de production du bois destiné aux meubles IKEA est décrit précisément.



Pourtant, du côté d'IKEA, la défense est prête: traçabilité et durabilité sont les maîtres-mots du discours du géant suédois. La firme travaille avec The Forest Stewardship Council, qui certifie avec son label FSC que les forêts sont durablement gérées: plus d'un quart du bois utilisé serait déjà labellisé et cette proportion croit chaque année.

Un code strict pour les fournisseurs

Le groupe s'approvisionne en bois essentiellement en Europe (Pologne pour 24,3%, Allemagne pour 10%, Lituanie pour 9,9%, France pour 2,7%), mais fait également venir sa matière première de Russie (7,7%), de Chine (8,1%) et désormais d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Laos, Vietnam). Dans ces derniers pays, IKEA s'est associé au WWF pour garantir l'origine de son bois.

«IKEA n'accepte pas de bois abattu illégalement ou issu des forêts primaires, sauf si elles sont gérées de manière responsable et certifiées comme telles. Notre objectif à long terme est que tout le bois utilisé pour les produits IKEA provienne de forêts gérées de manière responsable et certifiées comme telles», explique la société. Un code strict serait exigé des 368 fournisseurs et 2930 sous-traitants.

Alors que de récentes études ont démontré que l’Europe est responsable d’un tiers de la déforestation liée au commerce international, loin devant les Etats-Unis, le Japon et la Chine, IKEA veut impérativement soigner son image auprès du grand public et éviter de susciter l'ire des écologistes.

D'où une communication intense sur l'origine du bois utilisé par la firme, ainsi que le montre ce spot de communication d'IKEA (en anglais).

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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