Bilan

Gunvor accusé de corruption au Congo par l'ONG Public Eye

L'ONG Public Eye accuse le négociant genevois en matières premières Gunvor de s'être "entouré de personnages sulfureux" au Congo et d'avoir "versé des commissions mirobolantes".
  • L'ONG suisse se base sur plusieurs preuves, dont une vidéo accablante d'un ancien cadre de la société.

    Crédits: Keystone
  • Au printemps 2017, un ancien employé a avoué devant le procureur fédéral avoir versé des pots-de-vin pour faciliter les relations avec le Congo.

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Dans un rapport publié mardi, l'ONG Public Eye accuse le négociant genevois en matières premières Gunvor de corruption au Congo. L'entreprise est désormais directement visée par la justice helvétique. Une première enquête avait déjà été ouverte en 2012.

Selon le rapport de l'ex-Déclaration de Berne, "pour faire main basse sur l'or noir congolais, Gunvor s'est entouré de personnages sulfureux et a versé des commissions mirobolantes". L'ONG suisse se base sur plusieurs preuves, dont une vidéo accablante d'un ancien cadre de la société.

L'un des premiers éléments incriminants date de 2010. Les liens que l'entreprise a noués avec le président russe Vladimir Poutine ouvrent la voie à des collaborations et des accords économiques entre l'entreprise suisse, la Russie et le Congo: chacun ayant besoin d'éléments que l'autre possède, en l'occurrence, du pétrole, des contrats de commerce et des prêts financiers.

"Public Eye a pu consulter certains documents permettant d'évaluer les profits réalisés par Gunvor au Congo", a précisé à l'ats Géraldine Viret, porte-parole de l'ONG. "Avec ces prêts gagés sur le pétrole, le négociant est devenu la banque du Congo, en lui offrant des capitaux qu'il n'aurait pas pu obtenir ailleurs".

Au printemps 2017, un ancien employé du négociant genevois en matières premières a avoué devant le procureur fédéral avoir versé des pots-de-vin pour faciliter les relations avec le Congo, selon l'ONG.

"Soudoyer" des officiels congolais

Cette pratique semble confirmée par une vidéo cachée filmant un ancien cadre de Gunvor déclarant: "Quand on les a payés (les intermédiaires), on était persuadé que ça partait majoritairement quelque part. (...) Et on ne pouvait qu'en être persuadé, comme on a eu des cargos" de brut congolais.

Alors que la firme s'est défendue en invoquant des "comportements individuels indésirables", elle est maintenant poursuivie pour "défaut d'organisation", selon le communiqué de Public Eye. "Si cette accusation aboutit, cela signifierait, pour la justice, que Gunvor n'a pas pris les précautions nécessaires pour prévenir les malversations", explique la porte-parole de l'organisation.

Le "défaut d'organisation" est actuellement le seul chef d'inculpation du Code pénal suisse permettant de poursuivre des sociétés, et non des individus, pour des infractions pénales.

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