Bilan

Glencore attend le boom des voitures électriques

Glencore a terminé la longue période de désinvestissement et lorgne désormais vers la croissance du secteur des véhicules électriques qui devrait porter la demande en métaux.

Comme prochain moteur de croissance, Glencore mise sur la demande croissante en véhicules électriques.

Crédits: Keystone

Glencore a terminé la longue période de désinvestissement durant laquelle le géant des matières premières a revu en profondeur ses activités et assaini sa situation financière. Repositionné, le groupe de Baar lorgne désormais vers la croissance du secteur des véhicules électriques qui devrait porter la demande en métaux, a affirmé la direction.

"Nous avons terminé le processus" de désinvestissement, s'est félicité le directeur général (CEO) Ivan Glasenberg lors d'une rencontre avec la presse à Baar, au siège du groupe. Grâce à ces efforts, Glencore sera en mesure de dégager d'ici la fin de l'année un résultat brut d'exploitation (Ebitda) de 14 mrd USD, un flux de trésorerie de 7 mrd et d'abaisser son endettement sous 10 mrd, contre 15,5 mrd en début d'exercice, a-t-il précisé.

Des inquiétudes sur le niveau d'endettement de Glencore, confronté à la faiblesse des prix des matières premières, avaient amené la direction en 2015 à adopter des mesures drastiques pour atténuer son exposition. Ces dernières années, le géant zougois a ainsi cédé des participations dans des mines en Afrique, au Kazakhstan, en Australie et au Chili, vendu des infrastructures ferroviaires en Australie et désinvesti près de la moitié de sa division agricole.

Cette cure d'amaigrissement a porté ses fruits. Glencore a renoué l'année dernière avec les bénéfices en dégageant un profit net attribuable aux actionnaires de 1,38 mrd USD, contre une perte nette de 4,96 mrd un an plus tôt.

Pour cette année, le groupe a relevé ses ambitions en matière de rentabilité (Ebit) des activités de négoce entre 2,3 mrd et 2,6 mrd USD, contre 2,2 mrd à 2,5 mrd précédemment, grâce à la hausse du prix des matières premières.

Concernant la rémunération des actionnaires, qui avaient dû renoncer à leur rétribution ordinaire finale au titre de 2015, le groupe prévoit de reverser en 2017 près de 1 mrd USD, moyennant 7 cents par titre en deux tranches égales au premier et second semestre.

Pas de problème avec le protectionnisme

A partir de 2018, Glencore prévoit un dividende fixe d'un montant équivalent et une part variable représentant au minimum 25% du flux de trésorerie disponible des actifs. La rémunération pourrait être revue en hausse si le groupe ne trouve pas de cible d'acquisition adéquate, a souligné M. Glasenberg.

Ce dernier envisage l'avenir sereinement. La demande de la Chine, qui consomme environ 50% des matières premières mondiales, devrait rester stable.

Aux Etats-Unis, le CEO sud-africain ne s'inquiète pas des mesures protectionnistes brandies par le président Donald Trump. Le nouveau locataire de la Maison Blanche veut mettre des barrières aux produits subventionnés comme l'acier chinois. Or, Glencore vend aux Etats-Unis des matières premières non transformées comme le cuivre et le zinc, qui ne sont pas concernées par d'éventuelles velléités protectionnistes, a estimé M. Glasenberg.

Comme prochain moteur de croissance, Glencore mise sur la demande croissante en véhicules électriques. Selon les chiffres fournis par le groupe, les grands pays ciblent des ventes de 13,4 mio de véhicules électriques et hybrides d'ici 2020 et 52 mio à l'horizon 2025.

Cette croissance devrait porter la demande en métaux. Une batterie de voiture électrique nécessite ainsi 38 kg de cuivre, 11 kg de cobalt et autant de nickel, le véhicule lui-même nécessitant 100 kg de cuivre et les bornes de chargement 20 kg du métal rouge.

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