Bilan

GE Power édulcore son plan de suppressions d'emplois en Suisse

GE Power, filiale de l'américain General Electric reprise fin 2015 à Alstom, prévoit de biffer 1200 postes en Suisse, contre 1400 initialement annoncés en décembre dernier.

Le conglomérat industriel américain avait déjà dévoilé en janvier 2016 une vague de 1300 mises à pied, finalement ramenée à 900.

Crédits: keystone

GE Power a revu à la baisse ses projets de suppressions d'emplois en Suisse, au terme de la procédure de consultation. La filiale du mastodonte diversifié américain General Electric, reprise fin 2015 à Alstom, prévoit de biffer tout de même 1200 postes, à comparer aux 1400 initialement annoncés en décembre dernier. L'unité est active notamment dans la production de turbines à gaz et à vapeur.

Le groupe indique dans un communiqué lundi que les "fluctuations naturelles" dans le personnel et le plan de sortie élaboré en début d'année lui permettront de limiter à 684 au maximum le nombre de licenciements. Plus de 500 collaborateurs ont déjà quitté l'entreprise dans ce contexte. GE Power assure par ailleurs que 90% des employés concernés ont trouvé un nouvel emploi avant même leur départ définitif.

L'ensemble des activités du site d'Oberentfelden seront transférées à Birr, afin de regrouper sous un même toit l'ensemble de la production argovienne. Quelque 40 millions de francs seront injectés dans ce projet de relocalisation.

Interrogé par AWP, un porte-parole de GE Power a indiqué qu'une nouvelle procédure de consultation sera menée avec les partenaires sociaux en vue de la planification et de la mise en oeuvre du processus de consolidation. Sur les 4500 postes recensés par General Electric et ses filiales en Suisse mi-2017, il ne devrait plus en rester que 2800 à l'issue de la restructuration, dont 2100 sur les seuls sites de Baden et de Birr, a précisé ce représentant.

Vagues successives

Le conglomérat industriel américain avait déjà dévoilé en janvier 2016 une vague de 1300 mises à pied, finalement ramenée à 900 licenciements par le biais de fluctuations naturelles dans les effectifs notamment.

Le Conseil d'Etat argovien déplore dans une prise de position la destruction "massive" de postes de travail, en dépit des efforts consentis dans le cadre de la période de consultation. Le gouvernement tient nonobstant à saluer le maintien à Baden des sièges mondiaux des subdivisions Power Services, Steam Power ou encore Global Supply Chain, ainsi que d'un centre de recherche et développement sur les centrales à gaz et à vapeur.

Moins conciliant, le syndicat Unia dénonce l'absence de prise en compte par la direction de la plupart des "nombreuses propositions constructives" articulées par les représentations des travailleurs, ainsi qu'une recherche du profit à court terme pour les actionnaires de General Electric.

Promesses non tenues

Ce dernier avait assuré au printemps 2015 que sa reprise des activités énergétiques du français Alstom n'entraînerait pas de suppressions massives d'emplois en Argovie, ni de fermeture de site. L'orchestrateur de l'opération, finalisée en novembre de cette même année pour près de 10 milliards d'euros et qui concernait alors quelque 6000 emplois en Suisse, peine depuis à tenir toutes ses promesses.

La France lui reproche notamment de n'avoir pas tenu ses engagements en matière de créations d'emplois. La ministre hexagonale du travail, Muriel Pénicaud, a brandi dimanche dans la presse la menace d'une pénalité de 50'000 euros par poste qui n'aurait pas été créé. Le gouvernement français en a recensé pour l'heure 323, sur le millier promis.

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