Bilan

Ferring investit 30 millions de francs à St-Prex

L’entreprise de biotechnologie de Frederik Paulsen construira un nouveau centre de recherche avec une cinquantaine d’emplois en sus sur son site vaudois de Saint-Prex dans les trois prochaines années, avec un investissement évalué à 30 millions de francs.
  • Année après année, la pharma Ferring confirme son implantation suisse en investissant notamment sur son site vaudois de Saint-Prex.

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  • Le nouvel investissement de Ferring à Saint-Prex se chiffrera à 30 millions de francs sur trois ans.

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«Ferring va rester en Suisse quoi qu’il arrive», c’est par cette affirmation rassurante que le CEO du groupe pharmaceutique Michel Pettigrew a conclu la conférence de presse donnée à son siège mondial de St-Prex. Au cours des trois prochaines années, Ferring va injecter 30 millions de francs dans un nouveau «Ferring Biotech Center», un bâtiment qui sera construit juste à côté de sa maison de verre de St-Prex.

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Au cœur de ces activités prometteuses, le Rekovelle, dont l’approbation par Swissmedic est tombée en novembre dernier après des premières recherches menées en Israël: «Il s’agit du premier traitement en fertilité offrant aux femmes une approche personnalisée dès le début de la thérapie», explique le Canadien Michel Pettigrew. Il s’agit de stimulation ovarienne contrôlée dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA), notamment par fécondation in vitro, explique la direction.

Des essais cliniques ont été menés sur des patientes originaires de 11 pays avec plus de 2000 cycles de stimulation contrôlée. Le dosage individualisé en fonction de la patiente traitée est à la base de la réussite de Ferring dans un domaine de la médecine reproductive qu’il occupe depuis plus de cinquante ans.

Plus de 2 milliards de revenus

Fondée en 1950 par le Dr Frederik Paulsen Senior, un chimiste suédois qui avait dû quitter l’Allemagne nazie dans les années 40 pour venir étudier à Bâle, Ferring possède aujourd’hui onze usines de par le monde, y compris en Chine, en Inde et aux USA. Peu diserte sur le montant de ses affaires, cette société familiale fondée à Malmö appartient à 100% à Frederik Paulsen Junior, le président de Ferring, bien connu pour ses expéditions polaires menées dans l’Arctique et l’Antarctique et pour ses activités de consul honoraire de Russie à Lausanne: «Le revenu s’est élevé à 2,15 milliards de francs en 2016 et 2,3 milliards l’an dernier. Pour l’avenir, Ferring veut augmenter sa présence en Chine et en Asie plus généralement, ainsi qu’aux USA, mais nous voulons conserver les emplois en Suisse».

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Avec les 50 nouveaux emplois de son futur centre de biotechnologie, Ferring va donner du travail à 800 personnes sur le plan suisse, y compris le laboratoire de développement d’Allschwil (BL) et le centre des opérations commerciales de Baar (ZG). L’objectif vise même à atteindre les mille personnes en 2020. Mais c’est à Saint-Prex que l’entreprise familiale concentre l’essentiel de ses activités avec le siège mondial d’une entreprise de 5600 employés présents dans 56 pays, ainsi que son usine de production et son futur centre de recherche.

Le choix du siège de St-Prex doit beaucoup à la présence de centres universitaires, notamment l’EPFL et ses start-up, ainsi que le pôle attractif que représente l’arc lémanique: «Nous entretenons de très bonnes relations avec les autorités cantonales et communales et nous sommes très heureux que le canton de Vaud ait décidé d’alléger l’imposition des entreprises face à la concurrence mondiale», confie Michel Pettigrew.

Ne pas faire exploser les coûts de la santé

Déjà leader dans le domaine de la médecine reproductive et de la santé des femmes, Ferring veut aussi devenir leader dans les domaines ciblés de la gastroentérologie et de l’urologie. Ce qui devrait lui assurer une croissance de 50% supérieure à la moyenne du secteur. Le CEO Michel Pettigrew se dit très conscient des problèmes posés, notamment en Suisse, par la hausse des coûts de la santé: «Nous sommes cependant dans un domaine éloigné des médicaments "hightech" très coûteux que l’on trouve en oncologie avec des montants à six chiffres. J’ai toujours pensé qu’il fallait conserver un équilibre entre l’avantage qu’on apporte aux patients et le coût économique du produit. Du reste, l’infertilité n’est pas une maladie et ne concerne pas l’assurance de base. En revanche, nous offrons des traitements concernant le cancer de la prostate mais ce sont des produits hormonaux». Ferring est aujourd’hui à la pointe de la recherche dans le domaine des peptides (polymères), ce qui donne un certain avantage à l’entreprise vaudoise pour attirer les meilleurs chercheurs.

Tous deux d’origine suédoise et à la tête d’une entreprise familiale aux milliards de revenus et menant un train de vie discret, Frederik Paulsen et Ingvar Kamprad se connaissaient bien: «A la mort de Margaretha Kamprad en 2013, Frederik Paulsen a créé une chaire à son nom à l’EPFL dans le domaine de la recherche sur l’eau avec le soutien à l’époque de son président Patrick Aebischer». Selon Michel Pettigrew, Frederik Paulsen a le souci constant de réinvestir à long terme: «Il veut vraiment faire avancer la société, trouver des solutions dans l’intérêt des patients et maîtriser une science à la pointe de la technologie, les confortables revenus de Ferring permettent de réinvestir».

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Olivier Grivat

JOURNALISTE

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Olivier Grivat est journaliste indépendant après avoir été rédacteur en chef adjoint de 24 Heures et travaillé 30 ans chez Edipresse. Licencié en droit, il s’est spécialisé dans les reportages et les sujets économiques (transports, énergie, tourisme et hôtellerie). Il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur la jeunesse suisse du roi de Thaïlande et la marine suisse de haute mer.

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