Bilan

Entrepreneuriat: «Certaines tâches ne peuvent être déléguées»

Après avoir cofondé puis vendu Tinynode, un système de détection de places de parc disponibles, Pierre Castella dirige la filiale suisse de ParkNow, une application pour payer le stationnement via son téléphone portable.

Pierre Castella dirige la filiale suisse de ParkNow.

Quelles compétences doit avoir un entrepreneur?

A la création de sa start-up, l’entrepreneur porte plusieurs casquettes. Au-delà de ses compétences techniques (dans mon cas le développement de systèmes embarqués), on doit très vite devenir familier avec de nombreux domaines jusque là inconnus comme la finance, le droit, les règles fiscales, la vente, etc. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste, mais on doit comprendre très clairement ces enjeux. En revanche, il y a deux tâches qui sont au cœur du métier d’entrepreneur et qui ne peuvent pas être déléguées, à savoir lever les fonds nécessaires à l’aventure et dénicher les profils exceptionnels qui renforceront son équipe. Dans les deux cas, il s’agit de «vendre» sa vision et de remporter la confiance. C’est finalement ça, être entrepreneur.

La plus grosse difficulté pour un chef d’entreprise?

Je dirais que cela touche à l’incompréhension. Même si c’est en train de changer, l’entrepreneurship et la prise de risque ne sont pas vraiment une composante de l’ADN suisse. Du coup, cela se traduit fréquemment par des difficultés à lever des fonds, notamment en phase de croissance. Ce défi est beaucoup plus rude à relever que dans d’autre pays. Au niveau personnel aussi, l’incompréhension est présente: la décision de se lancer dans la création d’une entreprise suscite le plus souvent un haussement de sourcil que du soutien.

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre lorsqu’on crée sa propre société?

Il y en a tellement! Mais je dirais que celle qui a les conséquences les plus dramatiques est de ne pas mettre suffisamment tôt son produit (même incomplet et bourré de bugs!) dans les mains des clients. Leur feedback constant est le seul moyen de le développer pour qu’il trouve des acheteurs.

La clé du succès, c’est quoi?

La seule chose qui importe finalement, c’est proposer un produit qui résoudra un problème relativement important pour que le client soit prêt à délier sa bourse.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur?

D’abord, de bien réfléchir. Etre entrepreneur, c’est «tendance». Mais 80% des start-up disparaissent dans les cinq ans. Une fois la décision prise, foncer! Le plus important est de savoir s’entourer de profils qui sont complémentaires et qui renforcent l’équipe là où elle est moins performante.

 

 

 

 

 

 

 

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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