Bilan

Energies vertes: les Suisses très distancés

Le pays est dernier de classe en termes d’investissements dans les énergies renouvelables.Le Salon Energissima aborde concrètement, du 12 au 15 avril à Bulle, les enjeux de la transition.
  • Béat Kunz a cofondé le Salon Energissima avec Pierre Schwaller en 2007.

    Crédits: Dr

«Jamais les enjeux liés aux énergies renouvelables et à la transition énergétique n’ont été aussi présents… et pressants», déclare Béat Kunz dans le Journal de la Gruyère le 5 avril. Le Fribourgeois, qui a cofondé le Salon Energissima avec Pierre Schwaller en 2007, estime que la priorité de l’édition 2018, qui se déroule à Bulle du 12 au 15 avril à Espace Gruyère, est de sensibiliser les autorités et le public aux enjeux énergétiques.

«Il s’agit, comme le font les services cantonaux de l’énergie, d’informer le public en matière de subventionnement des installations de panneaux photovoltaïques, de pose de pompes à chaleur, d’isolation des bâtiments. L’autre enjeu est la gestion efficiente de l’énergie, qui touche en premier lieu les entreprises, car ce sont les plus gros consommateurs, mais aussi les communes, que nous avons invités au Salon pour parler de la transmission énergétique.»

Le thème des transports sera également abordé. «Le 21 mai 2017, le peuple a plébiscité le projet de loi sur la stratégie 2050, ce qui a donné un coup de pouce pour relancer le Salon Energissima cette année», se réjouit l’organisateur, alors que le Salon n’avait plus eu lieu depuis quatre ans.

La Suisse est-elle en retard? «Si on compare les progressions des investissements consentis dans les énergies renouvelables, y compris l’hydraulique, de 2007 à 2016, la Suisse se place clairement comme dernier de classe, répond Pierre Schwaller (voir graphique). On parle davantage d’énergie renouvelable depuis la votation sur la stratégie 2050, mais on est toujours très en retard car d’autres pays, y compris même l’Inde, la Chine ou le Golfe, avancent à une vitesse considérable.»

Parmi les freins, Pierre Schwaller évoque les lenteurs administratives, les réglementations liées à la densité, ou encore les ONG qui défendent les oiseaux contre les éoliennes «alors que les oiseaux sont bien plus souvent victimes des fenêtres que des éoliennes». Lorsqu’on survole l’Allemagne, poursuit-il, «on voit que pratiquement tous les toits sont couverts de panneaux solaires. L’éolien chez nous ne démarre pas, et le solaire reste très faible alors que, dans le nord de l’Europe, de réels progrès sont observés malgré l’ensoleillement moindre que chez nous». 

Les cantons à l’honneur

Les réflexions sont-elles suffisamment intégrées dans les projets des smart cities du futur? Pour Pierre Schwaller, pas suffisamment. «Pour l’heure, le secteur de la construction, les architectes et ingénieurs n’incluent pas systématiquement l’apport d’énergie renouvelable dans le bâtiment.» C’est pourquoi le but des différentes conférences professionnelles du Salon Energissima sera de sensibiliser les acteurs afin que la question énergétique soit intégrée en amont, dans les planifications des villes, des bâtiments.

A cet égard, les cantons seront à l’honneur durant le Salon, en raison de leur rôle déterminant dans la réussite de la transition énergétique. Leurs leviers d’action sont très nombreux: législation en matière de consommation d’énergie dans les bâtiments, mesures d’encouragement, parc immobilier important, actionnariat dans des entreprises de production et distribution d’énergie. Les communes, aussi, sont des acteurs de premier ordre, expliquent les organisateurs. Confrontées à la mise en œuvre pratique de la stratégie énergétique, elles doivent trouver des solutions à la fois pragmatiques et innovantes dans des domaines aussi divers que la planification énergétique, la mobilité, les énergies renouvelables, les infrastructures et leur parc immobilier. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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