Bilan

Dufry réduit ses pertes et envisage une entrée en Bourse américaine

Le groupe bâlois Dufry est parvenu à réduire de deux tiers ses pertes au premier semestre et envisage une entrée en Bourse de ses activités en Amérique du nord.

Les fonds levés dans l'éventualité d'une IPO serviraient dans un premier temps à réduire l'endettement du groupe.

Crédits: Keystone

Le groupe Dufry est parvenu à réduire de deux tiers ses pertes au 1er semestre de l'exercice en cours. Si le résultat net s'est avéré nettement inférieur aux attentes, croissance et bénéfice brut en revanche se sont inscrits dans le haut de la fourchette. Dans la foulée de la publication de son partiel, le détaillant aéroportuaire bâlois a indiqué envisager une entrée en Bourse (IPO) de ses activités en Amérique du nord, une annonce saluée par les analystes.

Le chiffre d'affaires réalisé sur les six premiers mois de l'année s'est élevé à 3,82 mrd CHF, soit 5,8% de mieux qu'un an plus tôt, malgré un effet de change négatif de 1,8%, essentiellement dû à la dévaluation de la livre britannique, précise le groupe lundi dans un communiqué. La croissance organique, qui s'est accélérée au 2e trimestre, est ressortie à 8,1% sur l'ensemble du semestre.

Le bénéfice brut s'est inscrit à 2,27 mrd CHF (+7,9%) et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) à 411,2 mio (+7,8%), pour une marge correspondante de 10,8%, en hausse de 20 points de base (pb) sur un an. Le résultat opérationnel (Ebit) a été multiplié par près de trois, à 90 mio CHF, alors que dépréciations et amortissements sont restés stables.

La perte nette attribuable aux actionnaires a été divisée par trois par rapport à celle enregistrée un an plus tôt, à 24,9 mio CHF. Elle s'explique notamment par un résultat financier négatif de 48,7 mio au 2e trimestre, après -41,6 mio au 1er.

Résultat net décevant

Si les ventes et les gains bruts publiés par Dufry se situent dans le haut de la fourchette des projections des analystes sollicités par AWP, l'Ebitda se trouve dans la partie basse alors que le résultat net est loin du compte.

Pour Julian Diaz, directeur général (CEO) de Dufry, le 2e trimestre a confirmé la tendance positive des affaires. "Après trois trimestres consécutifs de croissance positive, la croissance organique a atteint 8,9% (...) la plus élevée depuis 2012", s'est-il félicité.

La région Royaume-Uni, Europe centrale et de l'Est a vu ses ventes organiques progresser de 10,1% à 964,1 mio CHF. En Amérique latine, la croissance organique a été de 12,4% à 819,6 mio, nettement supérieure aux 6,3% enregistrés pour l'Amérique du nord, à 849,5 mio, et aux 5,8% générés en Europe méridionale et en Afrique, à 776,7 mio.

La région Asie, Moyen-Orient et Australie, la moins importante du groupe, est la seule à avoir enregistré une croissance négative pendant la période sous revue (-1,5%) à 370,7 mio CHF. Le groupe explique cette contre-performance notamment par des fermetures en Inde et au Sri Lanka.

Pour la suite de l'exercice, la direction de Dufry dit s'attendre à ce que les bonnes conditions de marché se poursuivent, et souligne l'importance du 3e trimestre en termes de génération de liquidités et de désendettement, "qui continue d'être un point de mire de la direction", selon le communiqué.

D'ici la fin de l'année, 70'000 m2 répartis sur 300 points de vente seront réaménagés ou nouvellement ouverts, ce qui correspond à près de 15% de la surface de vente de Dufry. Par ailleurs, des contrats ont été signés pour une surface totale de 21'800 m2 supplémentaires, dont certains devraient entrer en vigueur dès cette année.

IPO américaine envisagée

Le conseil d'administration du groupe étudie actuellement la possibilité d'une IPO des activités en Amérique du nord. Celle-ci créerait une "flexibilité considérable pour mettre à profit des tendances spécifiques" de la région, comme l'accent mis sur l'alimentation et les boissons.

Les fonds levés dans l'éventualité d'une IPO serviraient dans un premier temps à réduire l'endettement du groupe, lui permettant ainsi d'atteindre plus vite que prévu ses objectifs en la matière. Au dernier pointage de fin juin, la dette nette se montait à 3,63 mrd CHF, soit 210,7 mio de moins qu'au bouclement de l'exercice 2016.

Les analystes saluent en choeur la croissance organique robuste affichée par le numéro un mondial des boutiques hors-taxes au 1er semestre, même si le résultat net a manqué le coche. Ils se montrent également agréablement surpris par la possibilité d'une IPO des activités nord-américaines.

Baader Helvea, Vontobel et la Banque cantonale de Zurich (ZKB) confirment tous leur recommandation d'achat du titre, respectivement "buy" pour les deux premiers et "surpondérer" pour la ZKB.

Les investisseurs également ont réagi positivement aux annonces du groupe rhénan. Après avoir tenu la tête du classement des valeurs vedettes pendant une bonne partie de la matinée, l'action Dufry a ensuite perdu de sa superbe et s'est vue reléguée dans le bas du peloton.

A la mi-journée, le titre progressait encore à peine de 0,3% à 154,30 CHF, moins que son indice de référence (SLI), qui engrangeait 0,53%.

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