Bilan

Comment rester dans la course après 50 ans

Passés la cinquantaine, même les professionnels les plus performants se heurtent à un marché du travail devenu hostile. Comment s’y prendre pour conserver son job ou en retrouver un? Les conseils des experts.
Crédits: Dr

Après 50 ans, ayez les cartes en main pour rebondir

Dès que vous avez atteint 45 ans, les sollicitations des chasseurs de têtes se raréfient. Et à partir de la cinquantaine, vous avez peu de chances de changer d’emploi de votre propre initiative. Une réalité cruelle bien connue des cabinets de recrutement et de conseil. Les seniors n’en constituent pas moins la majeure partie de la population active: ils représentent 20% ou un cinquième des travailleurs de ce pays. Or, les cinquantenaires n’ont pas la cote sur le marché.

Pire, les événements pouvant leur coûter leur poste abondent. Rachat de l’entreprise, restructurations, délocalisation: personne n’est à l’abri. Une fois au chômage, les plus âgés rencontrent davantage de difficultés à retrouver une place adéquate, indique le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie). Les plus de 50 ans constituent 25% des personnes annoncées au chômage et sont surreprésentés chez les chômeurs de longue durée.

Cependant, Grégoire Evéquoz, directeur à Genève de l’OFPC (Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue), refuse de dramatiser. «Les actifs sont aujourd’hui mieux instruits qu’il y a dix ans et la formation ne cesse de s’améliorer. Les quinquagénaires actuels sont des personnes qui ont suivi l’évolution du monde du travail. Ils participent de plain-pied à la numérisation de l’économie. Cette population a toutes les cartes en main pour rebondir.»

Rebondir. Ce terme est devenu un mantra dans nos vies professionnelles, secouées à intervalles réguliers par de nouvelles révolutions technologiques. Rester employable et performant demande de la flexibilité avant tout. Face à des métiers qui disparaissent, dévorés par internet, et à d’autres qui naissent des transformations de la société, le travailleur doit se montrer hyperréactif.

«De nos jours, on ne parle plus de carrière mais de parcours. Dans un monde en évolution et sujet à l’ubérisation du travail, faire un plan valable sur quarante années de vie active n’a plus aucun sens. Il faut en revanche mettre toutes les chances de son côté afin de sécuriser son évolution», prône Grégoire Evéquoz. 

Bienvenue dans l’ère de la discontinuité. Chercheur au CNRS, Jean Viard signe l’ouvrage Le moment est de penser à l’avenir (Ed. de l’Aube). Le sociologue décrypte: «Nous vivons maintenant dans une société de l’éphémère. Dans les années 1970, on visait la stabilité: se marier, avoir un travail, être propriétaire de son logement. Nous sommes sortis de ce modèle. La discontinuité s’applique au couple, au logement, et, bien sûr, à l’emploi.»

Les métiers qui montent 

Chacun sait maintenant qu’il exercera certainement plusieurs métiers dans sa vie. Le réseau social professionnel américain LinkedIn a listé en 2014 les professions qui ont explosé ces dernières années. La plupart de ces spécialités sont nées des technologies de l’information et de la communication (TIC). Ainsi, le nombre de développeurs IOS (Apple) ou Android (Google) a été multiplié par 142 en cinq ans pour dépasser les 22  000 personnes recensées sur le site.

Consultants en médias sociaux, data scientists (spécialistes des données), designers digitaux et spécialistes du cloud complètent cette liste des occupations qui montent. D’autres fonctions sont apparues dans le sport: coaches de plage et instructeurs de zumba. 

Selon les relevés de Manpower, les professionnels les plus recherchés en 2016 en Suisse étaient les ouvriers qualifiés, les cadres dirigeants, le personnel hôtelier ou encore les directeurs de vente (voir l’infographie page 33). 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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