Bilan

Comment Pelichet n’a cessé de se diversifier pour grandir

CARTE DE VISITE Vincent Bruat

1968 Naissance de Vincent Bruat, qui effectuera ses études à Neuchâtel et obtiendra une maîtrise en gestion à l’ESA Paris.1993 Intègre la société Compac comme Sales & Marketing Manager où il réorganise et développe le réseau de distributeurs en Europe et aux Etats-Unis.1999 Nommé directeur de Secur’Archiv.

CARTE DE VISITE Pierre Jéronimo

1970 Naissance de Pierre Jéronimo, qui effectuera ses études à l’Ecole supérieure de commerce de Marseille.1993 Nommé manager chez Corstjens Worldwide Movers, Budapest .1997 Emménage à Amsterdam pour occuper un poste de manager.1998 Entre chez Sirva, à Paris, comme manager. 2002 Rejoint Sirva à Genève.2004 Nommé directeur général de Pelichet NLC.

 

Qui aurait pu imaginer qu’un jour l’entreprise familiale d’Albert Pelichet, qui effectuait ses premiers déménagements avec une jument et une charrette, allait générer cinq générations plus tard un chiffre d’affaires annuel de 50 millions de francs et employer 250 collaborateurs en Suisse et à l’étranger?

Tout a commencé en 1891, lorsque Albert Pelichet, alors majordome chez Gustave Ador, décide de créer son entreprise de livraisons, déménagements et nettoyages d’habitations de familles aisées. Plus précisément, il assurait le transport du bois et du charbon de chauffe ainsi que le mobilier des demeures principales vers les résidences secondaires du bord du lac pour les grandes vacances. «A l’époque, les familles emportaient une grande partie de leurs meubles dans leur maison secondaire», raconte Jean-Jacques Borgstedt, descendant de la famille Pelichet et aujourd’hui président du groupe avec son fils Yann. Puis, en 1900, la société se spécialise dans la livraison de pianos, «entre 20 et 30 par jour», précise Jean-Jacques Borgstedt. Mais c’est en 1936 que la société familiale prend son envol, le jour où elle transfert la Société des Nations à l’actuel emplacement de l’Organisation des Nations Unies. Un mandat qui dure six mois. Et, après la Seconde Guerre mondiale, tout s’enchaîne rapidement avec le grand déménagement du mobilier du prince Aga Khan sur la Côte d’Azur.

C’est au cours des années 1960 que l’entreprise développe une dimension internationale. Après son retour des Etats-Unis où il a participé à la convention des déménageurs, Jean-Jacques Borgstedt établit ainsi des rapports de qualité avec les multinationales qui s’installent en masse à Genève. Parallèlement à cela, il ouvre la société au marché asiatique et crée une entité en 1975 à Jakarta, Indonésie. Les années suivantes, il met en place un réseau comprenant tous les pôles industriels d’Extrême-Orient et fonde le groupe Asian Tigers. Quant à la stratégie pour l’Europe, elle passe par l’ouverture de filiales à Londres, Paris et Lyon.

Pour faire face à la mondialisation et à l’évolution des technologies, la société familiale doit se diversifier. Ainsi, le groupe propose plusieurs secteurs d’activités par le biais de ses filiales et partenaires, tels que Pelichet NLC pour le déménagement, Secur Storage (self storage) pour le garde-meuble et la location de boxes, Pelichet Expositions SA pour la logistique événementielle, Secur’Archiv pour le stockage et la gestion d’archives papiers et informatiques et Katana pour la destruction confidentielle de documents. La révolution de Pelichet est surtout structurelle, architecturale et technologique. Ainsi, de nouveaux procédés de stockage entièrement automatisés sont mis en place.5000 missions par année

Actif sur les plans local, national et international, Pelichet NLC SA possède trois garde-meubles high-tech à Genève, trois à Paris, 815 containers et une flotte de 70 véhicules. Elle gère aujourd’hui plus de 5000 missions par année. Les dotations en personnel, qui étaient de deux ou trois collaborateurs à ses débuts, sont passées aujourd’hui à 80 personnes à Genève et 70 à Londres, Paris et Lyon. «Depuis 2004, la société enregistre une croissance oscillant de 10 à 12% par an», se réjouit Pierre Jeronimo, directeur général de Pelichet NLC. Une croissance qui a permis d’investir dans des outils technologiques performants et coûteux. «Ils nous permettent de piloter depuis notre siège de La Praille des déplacements de sociétés et de privés, ce aux quatre coins du monde, mais aussi de gérer nos machines, explique Pierre Jeronimo. En effet, nous sommes capables de programmer tous les déplacements des containers à distance.» Certifiée ISO, Pelichet NLC SA a aussi développé, en partenariat avec BeCitizen, un calculateur de carbone permettant de faire évoluer l’offre d’un déménagement vers des alternatives de transport moins polluantes.

En ce qui concerne Secur’Archiv SA, elle est devenue leader en Suisse dans la conservation et la gestion d’archives et de données professionnelles. Ainsi, près de 1600 clients, dont un nombre important de banques, compagnies d’assurances, multinationales, laboratoires pharmaceutiques, mais aussi de bibliothèques, de musées et d’administrations, confient leurs archives papiers et informatiques à la société. Plus de 100 000 cassettes informatiques et plus d’un million de cartons sont actuellement entreposés dans dix centres d’archivage, sept étant à Genève et trois autres à Bâle, Berne et Zurich. Une organisation qui demande de plus en plus d’espace et de personnel. De ce fait, les effectifs sont passés de 4 à 45 collaborateurs. «Nous connaissons une augmentation de 15% de notre chiffre d’affaires chaque année, précise, pour sa part, Vincent Bruat, directeur de Secur’ Archiv. Ce chiffre s’explique notamment par le fait que chaque année nos clients nous confient de nouvelles archives. C’est un effet mécanique.» De plus, pour faire face à une demande croissante, la société a décidé de se développer dans la numérisation de documents. Elle a ainsi investi dans l’achat de scanners très performants capables de copier des pages de livres anciens. «C’est un investissement important pour la sauvegarde du patrimoine, soulève Vincent Bruat. Nous sommes tellement sollicités pour ce service que nous devons envisager de créer un nouveau centre de scanning.»

 

 

HISTOIRE 1891, création de La Genevoise par Albert Pelichet. 2010, construction d’un nouveau centre logistique.

 

 

Un centre à 25 millions de francs

Inauguré le 23 septembre 2010, le nouveau centre logistique de 20 000 m² situé dans la zone industrielle de Meyrin/Satigny permet de répondre à la croissance des activités du groupe dans les domaines de l’archivage et de la gestion de matériel d’exposition. Il a coûté 25 millions de francs. Le hall d’entreposage de 1700 m² peut contenir plus de 400 containers. La partie supérieure du bâtiment, d’une surface de 7000 m², étant exclusivement réservée au stockage, transport et manutention de matériel d’exposition, notamment du Salon international de la haute horlogerie. Une autre partie du bâtiment a permis à Secur’Archiv d’ouvrir son dixième centre d’archivage en Suisse. «Pour satisfaire notre clientèle, nous disposons d’une nouvelle surface de 6000 m² hautement sécurisée et dédiée à l’entreposage de cartons, de sauvegardes informatiques et de documents privatifs, explique Vincent Bruat. Nous avons également investi dans un équipement de sécurité haut de gamme, tel que le contrôle de l’ensemble des accès, la surveillance vidéo vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la détection des intrusions et les systèmes de détection et d’extinction incendie.»

Le nouveau bâtiment est à peine inauguré que le groupe a déjà d’autres projets d’expansion. Pelichet NLC prévoit d’ouvrir une nouvelle halle à containers àGenève pour 2012. Secur’Archiv est à la recherche d’un terrain à bâtir ou d’un dépôt supplémentaire en Suisse romande et en Suisse alémanique.

Sabrine Gilliéron

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