Bilan

Comment Boas a dopé les Bains de Saillon

Après trois ans de travaux et un investissement de 40 millions de francs, le nouvel hôtel a ouvert ses portes.

Les Bains de Saillon ont démarré avec une infrastructure réduite et quelques appartements.

Depuis deux ans, les Bains de Saillon frôlent la barre des 500'000 visiteurs à environ 498'000 entrées. « Quand nous les avons repris en 2008, ils étaient à environ 330'000 », se félicite Bernard Russi, le PDG du groupe BOAS.

Créés voici une trentaine d'années, les Bains de Saillon ont démarré avec une infrastructure réduite et quelques appartements. En mai 1992, les frères Darioli ouvraient le premier hôtel quatre étoiles de la plaine du Rhône avec 70 chambres. Il aura fallu attendre le 13 octobre 2016 pour que soit inauguré un « nouvel » hôtel des Bains de Saillon avec 78 chambres qui viennent s'ajouter aux 76 déjà existantes. Construit en forme d'arc et d'une longueur de 140 mètres, le nouvel ensemble a été dessiné par le bureau Richter Dahl Rocha.

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Le coût de ce chantier initié en septembre 2013 s'est élevé à 40 millions de francs financé par Credit Suisse Funds. Avec ce nouvel équipement au design résolument contemporain, ce complexe a pour ambition de dépasser son concurrent des Bains de Lavey, exploité par le groupe français Eurothermes, intéressé un temps par la reprise des Bains d'Yverdon-les-Bains, finalement repris par BOAS.

Une rivière thermale

Mais ce qui compte davantage aux yeux de Bernard Russi et de son équipe de direction, c'est la qualité. «Nous n'entendons pas battre des records de fréquentation aux Bains. Notre priorité est désormais d'améliorer encore le taux de fréquentation de notre hôtel, ainsi que le ticket moyen des différents restaurants», explique Jean-Michel Rupp, directeur général du groupe BOAS. Ce dernier avait démarré sa carrière avec le petit hôtel des Bains de Saillon en 1992. Dans le nouvel hôtel, les 78 chambres sont réparties sur trois niveaux. D'une surface moyenne de 31 m2, celles-ci sont habillées de bois nobles avec des sols en parquet. «Juste après le rachat de cet ensemble, nous étions partis en Autriche car nous voulions faire un hôtel entièrement en bois, avec du parquet. A l'époque, ce n'était pas autorisé en Suisse. La loi a heureusement été assouplie depuis lors», confie Bernard Russi.

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Ce qui a réellement permis aux Bains de Saillon de décoller, c'est la création d'une rivière thermale creusée au coeur du parc. Cet investissement relativement modeste, de l'ordre de 2 millions de francs, a permis de quasiment doubler la fréquentation à partir de 2012. Cette rivière thermale invite les baigneurs à vivre une balade bien-être sur 120 mètres. Dans une eau à la température très agréable de 32 à 34°C, ce cours d'eau unique réserve bien des surprises ludiques aux baigneurs. A commencer par une grotte aquatique, espace rocheux dissimulé par un rideau d'eau sous forme de cascade. Sans oublier les bains à remous, les pergolas habillées de végétations et leurs bancs de massage, l'accélérateur de courant ou encore les buses de massage. Deux parcours d'une vingtaine de mètres chacun complètent l'offre en proposant des massages des pieds sur un sol de pierres spécifiquement aménagé.

Une dimension thermoludique

Avant cela, BOAS avait dépensé environ 5 millions de francs afin donner une dimension thermoludique aux Bains de Saillon, comme Lavey a su le faire en premier en Suisse romande avec des cascades d'eau, des bains turcs, etc. En 2008, BOAS a installé un grand toboggan, ainsi qu'un toboggan familial (c'est-à-dire large de deux mètres afin de permettre à une famille de descendre côte à côte le toboggan). Il aussi réalisé les Mayens du bien-être, un petit village équipé de deux saunas, d'un bain turc et d'une salle de repos avec des sièges chauffants.

Cette évolution a été rendue indispensable par l'évolution du comportement de la clientèle. « Voici 20 ans, celle-ci passait trois semaines aux Bains. Désormais, la plupart des séjours ne durent que trois jours. On vient lutter contre le stress. La démarche est davantage préventive que curative », résume Jean-Michel Rupp. Pour répondre aux attentes de la clientèle, l'offre de restauration a été développée avec désormais six lieux de restauration différents: une pizzeria, une brasserie française, un carnotzet dédié à la raclette, la treille axée sur des mets bio et légers, le restaurant des baigneurs (avec accès en maillot de bain autorisé). Pas étonnant que le complexe des Bains de Saillons emploie désormais 178 personnes.

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Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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