Bilan

Ces marques de chocolat qui usurpent la croix suisse

Dès qu'il s'agit de chocolat, les entreprises étrangères qui abusent de logos faisant référence à la Suisse sont légion. La fédération ChocoSuisse n'est pas d'accord.
  • Les mallettes américaines First Aid Chocolate ont recours à nombre de symboles helvétiques

  • Chocolate Emergency est un produit provenant de Nouvelle-Zélande.

  • Dans le giron de Nestlé, la marque Alpino est vendue au Brésil.

  • La plus haute cour de justice malaisienne a condamné la marque Maestro Swiss.

  • Produite par Cadbury, la ligne Swiss Chalet a été retirée du marché.

  • Dans le giron de Nestlé, Thomy ne remplit pas toutes les conditions exigées par la loi Swissness.

  • L'Ovomaltine vendue en France n'affiche pas le label swisss made, contrairement aux produits de la même marque vendus en Suisse.

« First Aid Chocolate. » Cette mallette de chocolats arbore fièrement le sigle de la Croix-Rouge, en couleurs inversées, soit exactement le motif du drapeau suisse. Or, elle a été fabriquée aux Etats-Unis pour une entreprise locale. Même type de problème avec « Emergency Chocolate », un chocolat néo-zélandais qui présente un logo similaire. Ou encore Alpino, dont le nom est surmonté de deux montagnes. Bien que dans le giron du géant Nestlé, cette marque vendue au Brésil n'a rien d’helvétique. Voilà ce qu’a  découvert à la foire des confiseurs ISM à Cologne Sevan Nalbandian, vice-directeur de l’association faîtière ChocoSuisse, rapporte le Tages-Anzeiger.

Ces usurpations de nationalité sont légion dès qu’il s’agit de chocolat. Lorsque des entreprises étrangères utilisent expressément l’image du Cervin, la croix suisse ou le mot « Swiss » dans leur marketing, ChocoSuisse envoie un courrier pour leur signifier qu’il y a un abus. Entre 100 et 150 cas sont actuellement en traitement pour une quinzaine de nouvelles réclamations par an. La plupart du temps, les fabricants renoncent d’eux-mêmes à faire référence à la Suisse, même si parfois, l’affaire se termine devant les tribunaux. En 2016, ChocoSuisse a ainsi obtenu victoire devant la plus haute cour malaisienne face à une marque « Maestro Swiss » née en Asie du Sud-Est.

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De grandes compagnies se sont aussi risquées à ce jeu. Avant d’être acquise par le groupe américain Mondelez, la société britannique Cadbury a vendu un produit « Swiss Chalet » dont l’emballage montrait le Cervin. ChocoSuisse a déposé plainte et a obtenu raison en 1999. Cadbury a suspendu la vente de l’article.

La fédération ChocoSuisse a défini que le produit doit contenir une masse de cacao entièrement travaillée en Suisse pour pouvoir être estampillé « chocolat suisse ». Cette régulation coexiste avec la loi « Swissness entrée en vigueur au 1er janvier de cette année. Cette dernière précise les conditions à remplir pour être en droit de revendiquer le « swiss made ». Quelque 80% du poids des matières premières doivent provenir de Suisse, à l’exception des composants naturels qui ne peuvent pas être produits en Suisse, comme le cacao et le travail industriel doit être effectué en Suisse.

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Connue pour ses confitures et ses boites de conserve, l’argovienne Hero a dû retirer le logo rouge à croix blanche de 70 de ses produits. Les pâtes de la marque Napoli en font partie car si elles sont bien fabriquées en Suisse, la semoule de blé dur qui les compose doit être importée. Il en va de même pour la purée de marron Marroni obtenue à partir de marrons italiens, toujours d'après le Tages-Anzeiger.

Chez Nestlé, les marques Thomy (moutarde et mayonnaise) et Leisi (pâte à gâteau) ont perdu leur sigle suisse avec 80 autres produits. Le producteur de jus lucernois Ramseier ne peut plus l’utiliser pour les boissons contenant des fruits exotiques. Deux lignes de biscuits du groupe bernois Kambly sont dans la même situation, ainsi qu’Ovomaltine (Wander/Associated British Foods) qui a dû renoncer au logo pour sa production vendue en France.

 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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