Bilan

Airbus révise à la hausse le besoin en avions neufs d'ici à 2037

La flotte mondiale d'avions de ligne va plus que doubler au cours des 20 prochaines années, sous l'effet de la montée des classes moyennes dans les pays émergents et des low-cost, affirme Airbus.

L'avionneur table sur un besoin de 37.390 appareils dans les 20 prochaines années, représentant une valeur de 5.800 milliards de dollars.

Crédits: afp

La flotte mondiale d'avions de ligne va plus que doubler au cours des 20 prochaines années, sous l'effet de la montée des classes moyennes dans les pays émergents et des low-cost, a affirmé vendredi Airbus, révisant à la hausse ses estimations.

L'avionneur table sur un besoin de 37.390 appareils dans les 20 prochaines années, représentant une valeur de 5.800 milliards de dollars, a-t-il indiqué dans ses nouvelles prévisions globales de marché (GMF - Global Market Forecast) 2018-2037.

La flotte d'avions en service va être de 48.000 appareils à la faveur d'une croissance du trafic aérien solide de 4,4% par an, a-t-il ajouté.

Ces prévisions sont publiées à dix jours de l'ouverture du salon aéronautique de Farnborough, en Grande-Bretagne.

Et elles s'inscrivent en nette hausse par rapport à l'an dernier, alors que "les facteurs de croissance comprennent une consommation privée 2,4 fois plus élevée dans les marchés émergents, des revenus disponibles en hausse et un quasi-doublement des classes moyennes à l'échelle mondiale", selon l'avionneur.

L'an dernier, Airbus avait estimé ces besoins à 35.000 d'ici à 2036, pour une valeur de 5.300 milliards de dollars.

Pour le directeur commercial, Eric Schultz, les plus importants réservoirs de croissance se situent en Chine et en Inde.

Face à un marché en croissance constante, l'avionneur estime disposer de toutes les catégories d'avions pour répondre à la demande sur les différents marchés, des liaisons régionales aux liaisons très long-courrier, mais aussi à celle des compagnies low-cost en pleine expansion sur le moyen-courrier et, plus récemment, sur le long-courrier.

Airbus vient de finaliser un partenariat avec le Canadien Bombardier autour du programme d'avion moyen-courrier CSeries pour répondre au bas du segment avec des avions de 100 à 150 sièges. Il a laissé entendre que des commandes pourraient être annoncées à l'occasion du salon.

Le Brexit "causera des dégâts"

Dans l'immédiat, Airbus a réaffirmé sa préoccupation quant aux conséquences sur l'industrie de l'aéronautique du Brexit alors que la sortie du Royaume-Uni de l'UE doit être effective en mars 2019.

Le géant européen a récemment menacé de revoir ses investissements au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord sur les conditions de sortie du pays de l'Union européenne.

Et vendredi, le patron d'Airbus, Tom Enders, a accusé les responsables britanniques "de n'avoir aucune idée" de ce qu'ils faisaient sur le Brexit.

Airbus emploie 15.000 personnes au Royaume-Uni, réparties sur 25 sites différents. Les ailes de ses avions y sont fabriquées avant d'êtres envoyées à des usines d'assemblage final dans d'autres pays européens.

Le président exécutif s'est également inquiété du fait que le Royaume-Uni puisse ne plus faire partie de l'Agence européenne de la sécurité aérienne en cas de Brexit "dur". "Si cela advient, dès avril prochain, les certifications de milliers de parties de nos avions ne seraient plus valables, ce qui pourrait mener à un arrêt de notre production", a-t-il déclaré.

"Le Brexit, qu'il soit dur, mou, léger ou propre, qu'importe comment vous l'appelez, causera des dégâts à l'industrie aéronautique et à d'autres, et causera des dégâts au Royaume-Uni", a-t-il ajouté.

Sur le plan de la production, le patron de la branche aviation commerciale, Guillaume Faury, a estimé que "la deuxième partie de l'année sera très chargée" pour respecter l'objectif de 800 livraisons que l'avionneur s'est fixé, alors que seulement 303 avions ont été livrés au cours du premier semestre.

La livraison de quelque 500 avions en six mois est "un important défi", a-t-il concédé.

L'avionneur rencontre des difficultés avec la version neo ("new engine option") de l'A320, la version remotorisée de son moyen-courrier vedette, dont la production a été ralentie à la suite de problèmes de maturité des moteurs Pratt & Whitney ainsi que de difficultés avec le modèle Leap, développé par Safran et General Electric au sein de leur co-entreprise CFM International.

Depuis le mois d'avril, Pratt & Whitney livre des moteurs, a dit M. Faury, soulignant que le constructeur avait pu augmenter le nombre de livraisons de neo en mai et juin.

A fin juin, 86 avions étaient en attente de moteurs sur le tarmac à Toulouse, selon lui.

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