Bilan

Air Berlin a reçu plusieurs offres pour ses actifs

A l'issue du délai fixé vendredi pour l'appel d'offres sur les actifs d'Air Berlin, dont sa filiale suisse Belair, la compagnie aérienne allemande a reçu plusieurs propositions et va examiner les dossiers.

Air Berlin a déjà renoncé à une grande partie de ses liaisons long-courriers vers l'Amérique du nord et les Caraïbes.

Crédits: afp

A l'issue du délai fixé vendredi pour l'appel d'offres sur les actifs d'Air Berlin, dont sa filiale suisse Belair, la compagnie aérienne allemande a reçu plusieurs propositions. Le numéro deux allemand du secteur, en liquidation, va examiner les dossiers, avant de rendre sa décision dans dix jours.

"Nous allons maintenant examiner les meilleures solutions possibles pour l'entreprise et les employés, notre objectif étant de sécuriser le plus d'emplois possible", a déclaré le président d'Air Berlin, Thomas Winkelmann, cité dans un communiqué. "Le vif intérêt des investisseurs en dit long sur Air Berlin", a-t-il commenté.

Si l'identité des intéressés n'a pas été dévoilée, Lufthansa, propriétaire notamment de Swiss, a indiqué avoir manifesté son intérêt pour certains actifs, comme attendu. Mais le porte-parole du premier transporteur aérien d'Europe n'a pas souhaité révéler le contenu de l'offre.

Favorite, Lufthansa, qui loue déjà 38 de ses avions pour sa filiale à bas coût Eurowings (ex Germanwings), pourrait y ajouter jusqu'à 90 appareils, selon la presse. Mais le géant représente la première compagnie allemande, Air Berlin la deuxième: les autres candidats à la reprise dénoncent donc une tentative d'OPA de Lufthansa sur le ciel allemand.

Belair comprise dans la vente

Le patron de la compagnie low-cost irlandaise Ryanair, Michael O'Leary a même convoqué la presse avec fracas à Berlin pour renoncer à entrer dans la course, s'estimant victime d'un "coup monté" allemand. Mais certains observateurs estiment qu'il pourrait bluffer.

D'autant plus qu'en août la ministre allemande de l'Economie, Brigitte Zypries, avait indiqué qu'une compagnie ne peut pas acheter seule Air Berlin, pour des raisons de concurrence. Elle avait ainsi donné le coup d'envoi à la bataille.

Egalement mise en vente, Belair, la filiale helvétique d'Air Berlin, fait pour sa part l'objet d'au moins une offre d'achat, a indiqué la direction dans une lettre à ses collaborateurs. Le texte, dévoilé par le journal az Nordwestschweiz vendredi et dont l'ats a obtenu une copie, est daté de mardi dernier. Le nom du possible sauveur de Belair n'est en revanche pas donné.

Air Berlin avait annoncé début mars l'arrêt des opérations de la compagnie zurichoise de vols de vacances pour la fin octobre 2017, Belair devant ensuite être liquidée. Au total, 225 collaborateurs sont concernés.

Verdict le 25 septembre

Air Berlin annoncera des "décisions concrètes" le 25 septembre. Lâchée par son principal actionnaire, Etihad, la compagnie a engagé une procédure d'insolvabilité à la mi-août et donné à ses repreneurs potentiels un mois pour soumettre leurs offres de rachat de ses principaux actifs, soit notamment 140 avions en leasing et de précieux créneaux de décollage et atterrissage.

Outre Lufthansa, les investisseurs allemands Hans Rudolf Wöhrl et Utz Classen ont respectivement présenté des offres de 500 et 600 millions d'euros pour l'acquisition de la compagnie dans son intégralité. L'autrichien Niki Lauda, ancien champion du monde de Formule 1, a annoncé mercredi s'associer avec le groupe Thomas Cook pour racheter 38 avions d'Air Berlin, ainsi que les appareils de sa filiale qui portent déjà son prénom.

Les noms d'Easyjet et TUI, propriétaire de la compagnie TUIfly et de Jonathan Pang, le propriétaire chinois de l'important aéroport de fret allemand de Parchim, à l'Est de Hambourg, sont également évoqués par les médias.

Pilotes "malades"

Alors que les négociations sont entrées en phase finale, Air Berlin a dû faire face mardi à une action surprise des pilotes, qui se sont soudain massivement déclarés en arrêt-maladie. Environ 200 vols ont dû être annulés mardi, et 9000 passagers furieux priés de rester chez eux en attendant de savoir s'ils seront ou non remboursés.

Le scénario le plus redouté par la direction et l'administrateur judiciaire d'Air Berlin est une liquidation pure et simple de la compagnie, insolvable. Pour l'heure, celle-ci vole sur la réserve, à la faveur d'un crédit d'urgence de 150 millions d'euros (172 millions de francs) consentis par le gouvernement allemand.

Des fonds qui doivent permettre pendant trois mois le maintien des vols d'Air Berlin, dont ses populaires liaisons vers Majorque, la destination espagnole choyée des Allemands. Ce coup de pouce du gouvernement de la chancelière Angela Merkel, au coeur de l'été et à quelques semaines des élections, a évité de gâcher les vacances de millions de voyageurs.

Air Berlin, qui a transporté en 2016 près de 36 millions de passagers, a déjà renoncé à une grande partie de ses liaisons long-courriers vers l'Amérique du nord et les Caraïbes. La compagnie assure cependant sur son site que ses autres vols seront maintenus.

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