Bilan

Adecco déçoit au deuxième trimestre

Entre avril et juin, Adecco a réalisé un chiffre d'affaires de 5,97 milliards d'euros, en hausse de 5% sur un an.

L'Allemagne, l'Autriche et la Suisse au contraire ont vu leurs recettes reculer de 4% à 531 millions d'euros.

Crédits: Keystone

Adecco a enregistré au 2e trimestre des résultats globalement en hausse, mais inférieurs aux attentes du marché. La croissance organique est ressortie à l'extrémité inférieure de la fourchette des prévisions, et le bénéfice net ne s'est maintenu que grâce à l'amélioration du résultat financier et à la baisse des charges fiscales. Les investisseurs, qui s'attendaient à mieux au vu des meilleurs résultats de la concurrence, ont lourdement sanctionné le titre du numéro un mondial de l'intérim.

Entre avril et juin, Adecco a réalisé un chiffre d'affaires de 5,97 mrd EUR, en hausse de 5% sur un an, tant en valeur publiée qu'organique et corrigée des jours ouvrés. La France, l'Italie, la péninsule ibérique et le Benelux ont été particulièrement dynamiques, précise le groupe jeudi dans un communiqué.

Le bénéfice brut affiche une progression de 2% à 1,09 mrd, alors que le bénéfice opérationnel (Ebita), ajusté des effets exceptionnels, a grappillé 1% à 288 mio, pour une marge correspondante de 4,8%, en repli de 20 points de base (pb), en raison du calendrier "moins favorable" au niveau des jours fériés pendant le trimestre sous revue.

Cadre politique primordial

Le bénéfice net après minoritaires s'est enrobé de 1% à 192 mio EUR. En conférence de presse, le directeur général (CEO) Alain Dehaze a évoqué une performance équilibrée entre les différentes régions, et a souligné l'importance du cadre politique dans l'évolution des activités du groupe.

Si la plupart des chiffres sont en progression, la copie trimestrielle rendue par Adecco s'est inscrite dans le bas de la fourchette des prévisions des analystes sollicités par AWP et a clairement raté le coche au niveau du bénéfice net, attendu entre 194 et 195 mio EUR.

Sur l'ensemble du 1er semestre, les recettes ont progressé de 6%, à 11,7 mrd EUR, et le bénéfice net attribuable aux actionnaires de 10%, à 368 mio.

En France, le chiffre d'affaires trimestriel, qui représente près d'un quart de celui du groupe (23%), a connu une croissance soutenue (+9%) pour s'établir à 1,37 mrd EUR. La rentabilité dans l'Hexagone s'est également améliorée, avec un Ebita à 89 mio, pour une marge afférente de 6,6%, en progression de 40 pb.

Le CEO a affiché sa confiance après l'élection à la présidence d'Emmanuel Macron, dont le gouvernement présentera en septembre les détails de sa réforme du marché du travail. "La France a besoin d'un marché du travail plus flexible et moins réglementé pour que l'économie puisse croître", a affirmé le patron d'Adecco.

Dans la région Amérique du nord, Royaume-Uni et Irlande, les recettes cumulées des deux unités General et Professional Staffing ont légèrement reculé, à 1,67 mrd EUR. En raison du Brexit, le degré d'incertitude reste élevé chez les banques, alors que les pouvoirs publics essayent de faire un maximum d'économies, a expliqué M. Dehaze, signalant cependant un regain de demande dans d'autres secteurs.

La croissance la plus forte a été enregistrée en Italie, où les revenus ont bondi d'un quart à 468 mio EUR. Dans la région Benelux et Scandinavie, elle est ressortie à 8% à 512 mio.

DACH plombés par les fériés

L'Allemagne, l'Autriche et la Suisse (DACH) au contraire ont vu leurs recettes reculer de 4% à 531 mio EUR, tandis que la marge Ebita a fondu à 2,0%, contre 5,7% un an plus tôt. Un repli à mettre sur le compte de l'effet des jours fériés, a expliqué le directeur financier (CFO) Hans Ploos van Amstel. Corrigée de cet effet, la rentabilité a été stable, a-t-il assuré.

Pour la suite de l'exercice, la direction évoque une croissance organique ajustée "similaire à celle de juin" (6%). Interrogés sur la marche des affaires, les responsables du groupe n'ont pas voulu s'aventurer sur le terrain des objectifs chiffrés. "Mais au vu de la situation actuelle, il n'y a aucune raison pour que l'évolution de la croissance ne se poursuive pas", a affirmé le CEO.

La communauté financière ne cache pas sa déception face à l'évolution de la croissance organique, nettement inférieure aux 6,3% attendus par le consensus. Au vu des performances publiées par les rivaux Manpower et Randstad, les analystes avaient tablé sur des chiffres nettement meilleurs de la part d'Adecco.

Ils se montrent en revanche plus indulgents pour ce qui est des marges. La Banque cantonale de Zurich (ZKB) les juge "meilleures que la concurrence", tandis qu'UBS qualifie de "bon" le contrôle des coûts.

"Un peu plus faible qu'attendu mais loin d'un grand écart", résume Baader Helvea, qui confirme sa recommandation d'achat (buy).

Les investisseurs, eux, ne l'ont pas entendu de cette oreille et l'ont fait savoir en se détournant massivement du titre. A 15h00, la nominative Adecco pointait désespérément en queue des valeurs vedettes, s'enfonçant de 5,7% à 69,90 CHF, alors que le SMI cédait 0,34%.

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