Bilan

ABB restructure son site de Meyrin

Le conglomérat industriel ABB va restructurer son site de Meyrin, ABB Sécheron, mais ne délocalisera pas l'entier du personnel. Cent employés maximum seraient menacés.

La semaine dernière, 130 personnes avaient débrayé pour réclamer des éclaircissements sur l'avenir du site meyrinois d'ABB.

Crédits: keystone

Le conglomérat industriel ABB va restructurer son site de Meyrin, ABB Sécheron, mais n'entend pas le fermer pour autant. Parmi les permanents, 100 postes "maximum" sont menacés, a indiqué lundi à AWP une source proche du dossier. Ces emplois seront principalement transférés en Pologne.

Le chiffre est confirmé par le syndicat Unia, qui précise que 43 employés temporaires sont également touchés. Ces coupes devraient intervenir d'ici mi-2019. "Sans compter tous les emplois de sous-traitants qui vont disparaître", souligne Alessandro Pelizzari, secrétaire syndical.

Le personnel d'ABB Sécheron sera informé dans l'après-midi. Une phase de consultation s'est ouverte aujourd'hui pour une durée de trois semaines.

La restructuration concerne uniquement la production de transformateurs de traction destinés aux locomotives, a précisé la source proche du dossier, qui parle d'un effectif total de 212 permanents. "ABB tient à son site de Genève", selon lui.

Dans le domaine des transformateurs de traction, la concurrence, notamment de la Chine, se fait de plus en plus sentir. La délocalisation de la seule production en Pologne doit permettre de faire baisser les coûts de main-d'oeuvre. Cité par l'ATS, le syndicat Syna affirme que certaines fonctions seront transférées en Inde.

Le centre d'excellence sur les transformateurs de traction, la recherche et une ligne de production pour des petites séries seront conservés. "ABB veut garder une centaine de postes dans les services annexes et la recherche et le développement", constate M. Pelizzari.

Le bus électrique TOSA qui doit entrer en fonction en décembre pour les Transports publics genevois (TPG) n'est pas remis en cause.

"Premier pas d'une fermeture définitive"

Unia ne croit toutefois pas aux promesses de maintenir le site genevois d'ABB et dénonce une tactique du salami. "Nous avons déjà vu ça ailleurs. C'est le premier pas d'une fermeture définitive", explique le secrétaire syndical.

Une assemblée du personnel est prévue "très rapidement", vraisemblablement mardi, afin de définir la stratégie pour contrer ce plan de restructuration, note le syndicaliste. "Les semaines passées, les employés ont démontré leur détermination."

Mardi dernier, 130 personnes avaient débrayé durant deux heures pour réclamer des éclaircissements sur l'avenir du site meyrinois d'ABB, dont le directeur Jean-Luc Favre a démissionné récemment. Le plan de restructuration serait la cause de ce départ.

Ces dernières semaines, les rumeurs de clients, de sous-traitants ou à l'interne concernant la délocalisation d'une partie des postes de travail en Pologne se sont intensifiées.

ABB devrait officialiser ces coupes dans le courant de l'après-midi, dans le cadre d'un plan plus vaste, à l'échelle globale.

Depuis deux ans, des lignes de production avaient été délocalisées. Au total, 20% des postes ont été supprimés et plus de 60 personnes licenciées, alors que l'entreprise est bénéficiaire depuis 15 ans.

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