Bilan

A Nyon, les attelles s’impriment en 3D

A 21 ans, le serial entrepreneur Tony Giglio créait la première de ses nombreuses PME. L’une d’elles, Giglio Orthopédie, vient de s’installer dans un troisième canton romand.

Tony Giglio (au centre), pose avec ses deux fils et deux cadres associés dans les locaux genevois: (de g. à dr.) Paul Giglio, Philipp Eggenschwiler, Rémy Giglio et Sébastien Barth.

Crédits: Olivier Evard

Pour se rapprocher de sa clientèle de La Côte, Giglio Orthopédie vient d’ouvrir au début de l’été un magasin à Nyon. Situé dans le nouveau quartier de la Petite-Prairie (à deux pas de la sortie autoroutière), il permet aux clients d’assister à la création de nombreux articles (tels que certaines attelles et les casques de correction en cas d’asymétrie crânienne) sur une imprimante 3D. «La fabrication additive permet d’obtenir un produit plus précis, plus léger, plus confortable et s’adaptant mieux à la morphologie de la personne», résume Tony Giglio, fondateur de l’entreprise. 

Traditionnellement, les produits orthopédiques se créent par moulage: avec des bandes plâtrées, on prend l’empreinte du membre du patient ayant besoin d’une orthèse (un appareillage qui compense une fonction absente ou déficitaire, assiste une structure articulaire ou musculaire). Parmi les avantages liés à cette technologie 3D, le raccourcissement majeur de la durée entre la prise de mesures et la livraison de l’appareil. «Ce qui est important pour un petit être qui est en plein développement et dont le corps change chaque jour», précise Tony Giglio.

Ce n’est que la dernière étape d’une aventure démarrée en 1973, lorsque Tony Giglio termine, à l’âge de 20 ans, sa formation de technicien orthopédiste à Lausanne. Son travail de diplôme sur l’appareillage orthétique et prothétique obtient le premier prix de l’Ecole professionnelle pour les métiers de l’industrie et de l’artisanat, toutes professions confondues. Il est immédiatement engagé chez Baillard Orthopédie, à Genève. Parallèlement, cet hyperactif particulièrement inventif ouvre Pedis, magasin pour enfants spécialisé dans les chaussures pour supports plantaires. Quatre ans plus tard, il devient propriétaire de Baillard Orthopédie qu’il rebaptise Giglio Orthopédie. 

En 1984, il participe, en qualité d’inventeur, à la création d’Ortho Concept, spécialisée dans la recherche et le développement. Quinze ans plus tard, il crée Ortho Cad-Cam, spécialisée dans la fabrication de moules pour l’orthopédie grâce à la conception et la fabrication assistées par ordinateur (CFAO). La même année, Giglio Orthopédie ouvre une succursale à Neuchâtel. Peu après, Tony Giglio reprend Ortho Chaussures, un atelier de fabrication de chaussures orthopédiques sur mesure.  

Des chaussures en quatre largeurs

Ce passionné crée en 2007 la société Varioped, laquelle a développé un concept simple de chaussures en quatre largeurs. «Une chaussure transparente témoin ayant les mêmes propriétés de tenue que le cuir permet de visualiser les orteils, le cou-de-pied ainsi que le talon et, sur cette base, de fabriquer une chaussure épousant parfaitement la forme de chaque pied, sachant que les deux pieds ne sont jamais symétriques», explique le serial entrepreneur. L’année suivante, il crée encore Footcare Sport, spécialiste en podologie sportive. Cette structure propose une analyse de la foulée, de la posture et du mouvement, ainsi que divers produits pour sportifs.

Créer c’est bien, certes, encore faut-il s’assurer de pérenniser le tout. Voilà pourquoi, en juin 2014, Tony Giglio a créé une société anonyme en associant quatre de ses cadres: Sébastien Barth, Philipp Eggenschwiler, son fils aîné Rémy Giglio et Fabian Santschi. En accord avec la banque ayant chapeauté cette transaction, il a été décidé qu’il conserverait une part du capital durant cinq ans. Au terme de cette période, son fils cadet, Paul, ingénieur civil, déjà présent dans l’entreprise, entrera également dans le capital.  

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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