Bilan

«Sarenza veut être leader en Suisse»

Selon son PDG Stéphane Treppoz, le groupe français de vente en ligne devrait bientôt avoir écoulé un million de paires de chaussures sur le marché helvétique. Il livre ses recettes.

«Ce qui fascine en Suisse, c’est qu’aucun colis n’a jamais été volé!»

Crédits: Flavien Prioreau

Stéphane Treppoz, PDG de Sarenza, géant européen de la vente en ligne de chaussures et de sacs, a su enjamber nombre d’obstacles. Lorsqu’il a repris l’entreprise Sarenza en 2007, elle était en grande difficulté. Frôlant la faillite, elle dégageait un chiffre d’affaires de 5 millions. Dix ans plus tard, elle a atteint les 250 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2016 et compte 400 collaborateurs entre le siège et l’entrepôt.

Le site propose aujourd’hui 50 000 modèles de chaussures avec un système de livraison et de retour gratuit.

Le patron quinqua revendique sa résilience et un goût du risque: «L’entrepreneuriat vibre en moi. J’aime partir de rien et développer. J’ai appris qu’il fallait se battre constamment. La difficulté n’est pas dans la vision mais dans l’exécution. J’aime la réussite en équipe et faire grandir les gens qui m’entourent.» Le PDG avoue toutefois être impatient et avoir des difficultés à se déconnecter de son travail. Mais cela ne l’empêche jamais de dormir. «Rien n’est grave. Sauf s’il arrivait quelque chose aux êtres que j’aime.» 

Sarenza, c’est 15 000 colis par jour. A quoi devez-vous ce succès?

Au travail, beaucoup de travail!  Une équipe, une stratégie et l’obsession de la satisfaction des clients. Notre objectif: faire différemment et mieux qu’en boutique. 

Vous avez fait une percée en Suisse en 2015. Est-ce un pays intéressant?

Le pays est intéressant mais les démarches ont été compliquées. Les administrations sont pointilleuses et rigoureuses. Il nous a fallu deux ans, de longues négociations, plusieurs visites sur place pour pouvoir démarrer. C’est un pays très spécifique avec des droits de douane – inclus dans le prix de vente en Suisse – et une monnaie différente. Les accords avec la Poste, extrêmement exigeante, se sont, eux aussi, révélés complexes. 

Vous êtes satisfait aujourd’hui?

Nous allons atteindre le million de paires de chaussures vendues en Suisse. C’est un de nos cinq plus importants marchés en Europe. Ce qui me fascine en Suisse, c’est qu’aucun colis n’a jamais été volé! Avec un taux de livraison à la première présentation le plus élevé d’Europe; 99% des colis sont remis à la maison. Pas forcément parce que la personne est sur place mais grâce aux postiers qui connaissent le code des immeubles et peuvent déposer le colis devant la porte. Par cette singularité, la Suisse est unique et on l’adore. On veut croître, se développer et être leader en Suisse comme en France où nous avons été élus le site de mode préféré début 2017.  

Les clients romands réagissent-ils différemment des Alémaniques? 

Les Romands achètent comme les Français. Ils choisissent une paire de chaussures et la commandent. En Suisse alémanique, il y a un taux de retour énorme. Ils sélectionnent plusieurs paires et renvoient celles dont ils ne veulent pas ou n’ont pas besoin s’ils ont commandé le même modèle dans deux pointures différentes, ce qui est fréquent. 

Vous êtes présent dans 30 pays, quelle autre différence remarquez-vous en Suisse?

En Suisse, les consommateurs sont exigeants et achètent davantage du haut de gamme. La marque UGG cartonne. 

Votre pub à la RTS a marqué les esprits. Une opération rentable?

C’est un investissement dans la durée et donc rentable à long terme. On gagne en notoriété et on fidélise nos clients. Nous sommes à 80% de notoriété en Suisse romande et 60% en Suisse alémanique. Alors qu’en France, nous sommes à 90%.

Pourquoi avoir cru que l’on pouvait acheter des chaussures sans les essayer alors que beaucoup imaginaient le contraire?

J’ai commencé ma carrière aux Etats-Unis. Et je sais que ce qui marche là-bas marche généralement en France. En mars 2007, à Las Vegas, j’ai pu constater que des millions de paires de chaussures se vendaient sur internet. Pas besoin de plus pour être convaincu. 

Anne-Marie Philippe

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