Bilan

«On va construire la nouvelle Genève»

Philippe Meyer, candidat PLR au Grand Conseil, porte l’ambition de créer des richesses à Genève et de bâtir une véritable cité moderne dans le nouveau quartier du PAV, aux côtés de l’ancienne.

Philippe Meyer dirige le Meyrin Economic Forum, dont la prochaine édition se tiendra ce 23 janvier sous le thème de l’intelligence collective.

Crédits: Lionel Flusin

Philippe Meyer a longtemps été actif localement. A Meyrin, ou encore à Chêne-Bourg. A présent, il est porteur d’une vision plus grande pour Genève et se lance cette année dans la course au Grand Conseil genevois. «Je veux servir la communauté. J’ai toujours été militant politique, mais ma carrière m’a mené à voyager souvent. Aujourd’hui, je voyage moins, alors il est temps de m’engager politiquement», dit ce PLR qui fera campagne dès la mi-février pour les élections du Grand Conseil qui auront lieu le 15 avril 2018.

Très conscient des enjeux de compétitivité économique, Philippe Meyer a commencé sa carrière à la Promotion économique du canton du bout du lac où, durant six ans, sa mission était de vendre Genève, de signer des conventions avec des entreprises internationales venues s’installer dans la Cité de Calvin. 

Puis il a œuvré dix ans à la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG). Là aussi, il a promu le canton, tout en aidant les entreprises locales à exporter, en leur ouvrant de nouveaux débouchés. «Nous avons été parmi les premiers à s’ouvrir à la Chine, avec Carlo Lamprecht, premier conseiller d’Etat à s’y rendre dans le cadre d’une promotion économique», souligne-t-il. C’était au début des années 2000.

A la Ville de Meyrin, Philippe Meyer s’est par la suite engagé pour le développement et la restructuration de la zone industrielle de Meyrin-Satigny (Zimeysa) en écoParc, projet mené en collaboration avec la Fondation pour les terrains industriels (FTI), qui vise à transformer les zones industrielles en parcs industriels. «On voit aujourd’hui l’évolution de ces zones industrielles, qui ont été réservées par l’Etat pour l’industrie, afin de la préserver, observe-t-il.

Les anciennes zones industrielles comme Meyrin ont certes été jusqu’ici un patch-work d’entreprises de secteurs très variés, contrairement par exemple à Plan-les-Ouates, zone plus récente et mieux structurée. Mais à Meyrin, cette pluralité de secteurs est en train de devenir un avantage, car lorsqu’on aura réussi à mettre en place ces écoParcs, l’interaction entre les différents secteurs sera génératrice d’innovation.» 

Ce n’est pas pour rien que le prochain Meyrin Economic Forum du 23 janvier 2018, que dirige Philippe Meyer, mettra en avant le thème de «l’intelligence collective»: «Permettre aux différents secteurs de se parler, de se rencontrer, de mettre des projets communs sur la table va générer de l’innovation et de nouvelles opportunités d’affaires», résume-t-il. 

Aménager le territoire

Sa motivation pour entrer au Grand Conseil? «C’est pour mes enfants que je m’engage. «Offrir un avenir prospère à nos enfants» est mon slogan. Il y a de nouveaux défis qui se présentent. Il faut y répondre. Les enfants nous forcent à nous tourner vers l’avenir. Il faut offrir des conditions-cadres qui soient attractives, et il faut aussi faire rêver.»

Le principal problème, pour le candidat PLR, est la fiscalité des entreprises. «Vaud l’a résolu, Genève ne l’a pas encore fait, et il faudra s’y atteler. Le projet PF17 (ex-RIE III ), est une contrainte, d’un côté. De l’autre, il ne faut pas pénaliser certains groupes dans la société, comme les propriétaires. Ni péjorer le fonctionnement de l’Etat de manière drastique. Il faut penser à cet équilibre dans tout ce que l’on fait.» Le défi est de pouvoir baisser les impôts, tout en gardant le niveau de vie du canton.

La solution, selon Philippe Meyer, pour éviter surtout d’augmenter les impôts et de faire fuir les contribuables, c’est de créer des richesses. «Aménager le territoire. Construire des immeubles de grand standing dans le quartier de Praille-Acacias-Vernets (PAV), aménager les zones industrielles pour attirer de la haute valeur ajoutée. Et nous aurons les conditions-cadres idéales pour attirer les entreprises et les investissements ici.»

Pour prendre le virage, il faut travailler main dans la main avec le canton de Vaud. Philippe Meyer en est persuadé. «Quand j’ai commencé en 1999, nous étions toujours en concurrence avec Vaud. Cette époque est révolue. L’économie le sait, mais le politique a toujours une longueur de retard. C’est le gros enjeu.» 

Le potentiel méconnu du PAV

En termes d’aménagement du territoire, c’est une vision d’ensemble pour Genève qui manque, selon lui. «Il faut une politique extrêmement ambitieuse de création de richesses.» Des opportunités existent au niveau de l’infrastructure, avec le futur Léman Express qui, dès 2019, «va complètement révolutionner le transport et la mobilité», selon le Genevois.

La plus grande opportunité à ses yeux réside dans le projet Praille-Acacias-Vernets, cette immense friche industrielle en passe d’être transformée en ville. Pour lui, le PAV est bien plus qu’un nouveau quartier où les Genevois pourront travailler et se loger à proximité. C’est la nouvelle Genève, qu’il s’agit de bâtir, aux côtés de la Genève patrimoine, cette dernière devant être préservée et jamais dénaturée. «Le PAV est l’avenir de Genève. Dans cette zone, il faut construire en hauteur. C’est un verrou qu’il faut faire sauter, qui peut résoudre nos problèmes, tout en embellissant la ville. Au PAV, cela ne dérange personne de construire des tours.» 

Il imagine également un lieu d’animation nocturne. «C’est important pour une ville. A Genève, la vie nocturne est dispersée partout. Dans le PAV, on peut créer une véritable vie nocturne.»

Pour Philippe Meyer, «il manque aujourd’hui une volonté de dire: on va construire la nouvelle Genève de demain, ici». 

Se décrivant comme un médiateur doué pour les conciliations, le libéral-radical est un antidogmatique. «Les politiques de différents bords doivent se mettre ensemble pour bâtir de nouveaux projets communs», estime ce pragmatique pour qui, à l’ère où les réseaux sociaux renforcent les idéologiques antagonistes, «il s’agit de se parler, se rassembler en dehors des idéologies».

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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