Bilan

«L’Agefi va devenir un journal militant»

Un nouveau projet éditorial et un objectif de rentabilité sont les deux challenges qui attendent Fathi Derder, nouveau rédacteur en chef du quotidien financier.

Fathi Derder veut replacer «L’Agefi» au cœur de la vie entrepreneuriale romande.

Crédits: Olivier Evard

Fathi Derder dirigera la rédaction de L’Agefi à partir du 1er mai. Le conseiller national (PLR/VD) et journaliste explique comment il entend redonner un nouveau souffle au titre qui connaît d’importantes difficultés financières et qui vient d’être placé en sursis concordataire par le Tribunal d’arrondissement de Lausanne. Interview.

Pourquoi avoir accepté ce défi?

Pour beaucoup de raisons. D’abord, je suis journaliste dans l’âme, passionné de presse depuis toujours. Ensuite, je suis intimement convaincu qu’il y a un avenir pour les médias. Le secteur connaît une grosse crise depuis vingt ans, mais il a un potentiel de rentabilité qui est réel. En effet, il n’y a jamais eu autant d’infos qui circulent et il n’y a jamais eu autant besoin de validation et de valorisation de cette information. Il faut donc des médias pour la mettre en valeur et la vendre. Sans compter que L’Agefi est une marque reconnue et aimée, qu’il y a donc
un potentiel pour l’exploiter. Et, finalement, il manque un terrain pour fédérer les entreprises et les entrepreneurs en Suisse. Ils ont besoin de plus de visibilité, ce que va apporter notre titre.

«L’Agefi» deviendra-il le vecteur de communication du PLR?

L’Agefi restera toujours un journal économique et financier et non pas politique. Par contre, je souhaite qu’il devienne la plateforme qui offre de la visibilité et un écho médiatique aux entrepreneurs. Le titre deviendra donc un journal militant, engagé, qui se battra pour les conditions-cadres libérales des entreprises. Il défendra toutes les idées politiques – et non pas seulement celles du PLR – qui encouragent l’entrepreneuriat et la création d’emplois. 

Quel sera le modèle d’affaires du titre?

Jusqu’à maintenant, il a fonctionné sur un modèle de mécénat, mais j’aimerais en sortir. Antoine Hubert, qui est attaché à ce quotidien depuis sa jeunesse, va reprendre l’intégralité du titre pour assurer sa pérennité. Il m’en a confié les rênes pour qu’il devienne rentable. L’information est au cœur de l’économie. Dans ce domaine-là, je suis persuadé que l’information de qualité a un prix. Elle sera payante, bien entendu, et nous allons développer la vente d’informations à l’article sur le web.

Il y a également un fort potentiel publicitaire. Mais nous ne voulons pas être uniquement un producteur d’infos, nous allons aussi organiser des événements afin de mettre en lien une communauté d’entrepreneurs qui échangeront également entre eux de l’information. 

Vous allez donc développer votre plateforme numérique?

Oui, absolument, c’est une priorité pour cette année.

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon rédacteur en chef?

Il faut d’abord avoir un objectif clair. A quoi sert mon journal? Et qu’apporte-t-il d’exclusif, qu’on ne trouve pas ailleurs? Pour L’Agefi, ma vision est très précise: c’est un quotidien économique et financier, d’abord, mais surtout il doit être le cœur de la communauté des entrepreneurs de la région. Ensuite, un bon rédacteur en chef doit  être à l’écoute de la matière qu’il traite. En ce qui me concerne, c’est le tissu économique romand. Et cela fait des années que j’arpente la Suisse romande à la rencontre de ses entrepreneurs. Et enfin, comme tout meneur d’équipe, il faut être à l’écoute de ses collaborateurs.

Qu’allez-vous annoncer fin avril à votre conférence de presse?

Nous allons présenter notre projet d’avenir pour L’Agefi, la nouvelle entreprise en construction, et rassurer nos collaborateurs. Nous allons sortir de cette période qui a été très pénible pour toute l’équipe. Il va falloir mettre en place une nouvelle structure juridique pour permettre au titre de repartir sur de nouvelles bases solides. Certains créanciers vont malheureusement perdre de l’argent, mais c’était ça ou une faillite. Nous ne voulions pas voir disparaître un nouveau titre romand et mettre 30 collaborateurs à la porte. L’Agefi repart sur de nouvelles bases. Il est promis à un bel avenir, rentable. C’est un défi auquel je crois intimement. Une magnifique aventure commence. 

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