Bilan

«Exposer la cyberattaque contre la BCGE rend service à tous»

La banque n’a pas cédé au chantage de ses pirates informatiques qui ont publié des données volées. Une experte salue « son courage ».
  • Des pirates informatiques du groupe « Rex Mundi » ont tenté de soutirer 10'000 euros à la BCGE.

  • Solange Ghernaouti, experte internationale en cybersécurité et professeure à HEC Lausanne.

Une semaine après la cyberattaque dont elle a été victime, la Banque cantonale genevoise (BCGE) est en pleine gestion de crise.

« Après avoir pris les toutes premières mesures de sécurité et contacté un à un les clients concernés par le vol de données pour leur détailler la situation, nous réfléchissons aujourd’hui à la seconde phase,  explique la porte-parole Hélène De Vos Vuadens. L’objectif premier reste bien sûr la protection du client et de la banque. Les enjeux se portent aussi sur les comportements de prudence sur le web quant aux données diffusées. »

Rappel des faits : des pirates informatiques du groupe « Rex Mundi » ont tenté de soutirer 10'000 euros à la BCGE, après le vol de plus de 30 000 courriels à destination de la banque. Ces courriels proviennent des formulaires de contact que remplissent les internautes – clients ou non – pour des demandes à l’établissement.

Samedi dernier, les données informatiques dérobées ont été publiées : la BCGE avait refusé de céder au chantage.

La porte-parole souligne qu’il s’agissait de données certes privées, mais « non critiques ». Et non financières : « Les comptes bancaires n’ont pas été touchés et ne sont pas en danger. La plateforme e-banking n’est pas concernée. » La banque a porté plainte.

Pour l’experte internationale en cybersécurité Solange Ghernaouti, « en refusant le chantage et en le dénonçant aux autorités policières, la BCGE a fait preuve de courage et d’honnêteté dans la maîtrise de sa sécurité informatique ».

Exposer l’affaire rend service à tous, ajoute-t-elle. « Si toutes les entreprises, y compris les multinationales, qui font l'objet de ce type de chantage informatique – que l’on peut qualifier de cyberterrorisme économique - refusaient d'entrer dans le jeu de ces criminels notoires, il y aurait, de par le monde, beaucoup moins de victimes, du fait que cette activité ne serait pas aussi rentable. »

Le délégué du chef de l’armée pour la cyberdéfense Gérald Vernez rappelait, dans les pages de Bilan en 2014, les plus grands défis en matière de lutte contre la cybercriminalité pour les entreprises: « se réapproprier leur souveraineté digitale et définir leurs réels besoins informatiques. »

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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