Bilan

Zalando et Rocket Internet vont entrer en Bourse

Zalando et Rocket Internet, les deux étoiles de la galaxie web allemande, veulent briller en Bourse mais leur arrivée sur le parquet ne suffira vraisemblablement pas à revigorer un marché allemand.

Rocket Internet brille par son retour sur investissement de 25% depuis sa création. Il multiplie les participations dans les pépites du web, et fait justement partie des investisseurs qui ont permis de lancer Zalando en 2007.

Crédits: Reuters

Zalando et Rocket Internet, les deux étoiles de la galaxie web allemande, veulent briller en Bourse mais leur arrivée sur le parquet ne suffira vraisemblablement pas à revigorer un marché allemand encore convalescent, selon les analystes.

L'Allemagne a connu un activisme financier inhabituel ces dix derniers jours. Coup sur coup, le vendeur en ligne qui monte Zalando, et l'éleveur de start-ups Rocket Internet ont dévoilé leurs projets d'introduction sur la place de Francfort pour la fin de l'année.

Le deuxième veut lever 750 millions d'euros, le premier selon les rumeurs colportées par la presse un montant du même ordre. Ce qui ferait des deux opérations de loin les plus importantes de l'année sur un marché qui peine à renouer avec ses niveaux d'avant-crise.

Certes, 2014 devrait être la meilleure année depuis 2007 pour les entrées en Bourse en Allemagne, selon le cabinet EY (ex-Ernst&Young). Mais les montants restent sans commune mesure avec les volumes d'alors. A l'époque, les nouveaux venus en Bourse avaient levé 7,85 milliards d'euros. Après 2,35 milliards sur l'année 2013, le premier semestre 2014 pointait à 1 milliard d'euros.

"Nous n'avons plus atteint le niveau normal (d'avant crise) depuis longtemps. (...) Cela s'améliore lentement, mais seulement lentement", tempère Robert Halver, analyste chez la banque d'investissement Baaderbank.

- capitalisme paternaliste -

Pourtant, l'appétit des investisseurs pour ce genre d'opérations renaît.

"Les marchés sont toujours abreuvés d'argent par les banques centrales, que ce soit par la BCE (Banque centrale européenne) ou les autres. Quand il y a de telles montagnes de liquidités, c'est indéniablement le moment de se lancer en Bourse", relève Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Pour autant, "il ne faut pas s'attendre à une myriades d'introductions en Bourse lors des prochains mois en Allemagne", prévient-il, pointant le "capitalisme paternaliste" du pays.

L'Allemagne reste une patrie d'entreprises familiales, où les patrons se méfient des contraintes de rentabilité du marché, préférant emprunter auprès des banques régionales. De gros groupes comme Bosch, premier équipementier automobile mondial, ou Bertelsmann, grande pointure des médias, n'ont d'ailleurs jamais sauté le pas de la Bourse.

La valeur totale des entreprises cotées en Bourse représente 49% de la richesse nationale allemande contre 126% au Royaume-Uni, rappelait encore récemment le Financial Times.

Au-delà du "hype" qu'a suscité leurs annonces, Zalando et Rocket Internet pourraient d'ailleurs avoir du mal à percer en Bourse.

- marché conservateur -

"Le marché allemand est traditionnellement conservateur et il n'est pas sûr qu'il y ait une réelle demande pour ces deux valeurs +tech+ à moyen terme. Elles risquent de se cannibaliser", explique M. Dembik.

Très loin des pratiques du Nasdaq, l'indice technologique américain où Twitter lève des millions sans être encore rentable, l'Allemagne reste méfiante. La faute aux mauvais souvenirs laissés par le "Neuer Markt". Ce "nouveau marché" créé en 1997 avait succombé dès 2003 après l'explosion de la bulle Internet et plusieurs scandales financiers.

"C'était une rencontre du troisième type" avec la culture financière allemande, se souvient Robert Halver, qui accueille le retour des entreprises du web allemand comme un "symbole".

Mais les investisseurs seront très attentifs aux résultats réels des deux entreprises, précise-t-il.

De ce côté, Rocket Internet brille par son retour sur investissement de 25% depuis sa création. Il multiplie les participations dans les pépites du web, et fait justement partie des investisseurs qui ont permis de lancer Zalando en 2007.

Le vendeur de chaussures et de vêtements en ligne, qui a affiché au cours des six premiers mois de 2014 un premier petit bénéfice, évolue toutefois dans un environnement plus compliqué.

"Il devra sortir de la guerre des prix avec les concurrents comme le britannique Asos, s'il ne veut pas condamner ses marges", explique Christopher Dembik.

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