Bilan

Volkswagen contraint de négocier avec ses ouvriers américains

Le Conseil fédéral des relations sociales (NLRB) a décidé mercredi que les ouvriers de l'usine Volkswagen de Chattanooga (Tennessee) avaient le droit de se syndiquer.

De telles négociations seraient une première pour une usine appartenant à un constructeur européen ou asiatique dans le sud des Etats-Unis, où l'UAW est généralement tenu à l'écart.

Crédits: AFP

Le constructeur automobile allemand Volkswagen (VW), englué aux Etats-Unis dans le scandale des moteurs diesel truqués, va devoir négocier avec des ouvriers de son usine de Chattanooga (Tennessee, sud) désireux de se syndiquer.

Le Conseil fédéral des relations sociales (NLRB) a décidé mercredi que quelque 160 ouvriers avaient le droit de rejoindre le syndicat du secteur United Automobile Workers (UAW), a-t-on appris jeudi de source syndicale.

Mais le constructeur a indiqué dans un communiqué jeudi après-midi à l'AFP avoir déposé un recours devant une cour d'appel fédérale.

Début avril, il avait déjà fait appel d'une précédente décision du NLRB donnant gain de cause aux ouvriers. Le Conseil fédéral vient de confirmer sa position.

De telles négociations seraient une première pour une usine appartenant à un constructeur européen ou asiatique dans le sud des Etats-Unis, où l'UAW est généralement tenu à l'écart.

L'UAW n'avait pas obtenu le droit d'ouvrir une section pour l'ensemble des ouvriers de cette usine après l'échec d'une consultation auprès de ceux-ci en février 2014.

Cette fois, la décision ne concerne qu'une minorité des quelques 2500 ouvriers de l'usine. Le Conseil a notamment rejeté l'argument du constructeur allemand selon lequel il ne pouvait négocier qu'avec l'ensemble des ouvriers du site et non certains d'entre eux, regroupés dans une section appelée "Local 42".

"Nous sommes satisfaits que le NLRB ait ordonné à Volkswagen de négocier avec le Local 42 en tant que représentant des ouvriers qualifiés de l'usine de Chattanooga", avait indiqué jeudi matin Gary Casteel, secrétaire-trésorier de l'UAW.

"Cette décision unanime indique clairement que le constructeur violait les lois fédérales en refusant de venir s'asseoir à la table des négociations", avait-il ajouté. "Le groupe a maintenant une occasion d'améliorer les relations sociales aux Etats-Unis".

Il avait pressé Volkswagen d'ouvrir les négociations "le plus rapidement possible".

Dans son communiqué, le constructeur a affirmé avoir "toujours respecté le droit de tous nos employés à décider de la question de la représentation syndicale".

"C'est pourquoi nous ne sommes pas d'accord avec la décision de séparer les ouvriers de maintenance et de production et nous continuerons nos efforts pour permettre à chacun de voter en un seul groupe sur la question de la représentation syndicale", a-t-il poursuivi.

L'UAW a reçu le soutien du syndicat allemand IG Metall et de ses représentants au sein du conseil de surveillance du constructeur.

C'est à l'usine de Chattanooga que doit être fabriqué le Cross Blue, prochain 4x4 de ville (SUV), sur lequel Volkswagen compte pour partir à la reconquête du marché américain.

Ses ventes ont en effet lourdement chuté après la révélation qu'il a équipé des modèles de véhicules diesel de logiciels truqueurs destinés à contourner les normes sur les émissions polluantes. En septembre 2015, il a avoué avoir truqué 11 millions de voitures dans le monde.

Il n'est pas le seul à faire face à la volonté de l'UAW de pénétrer les usines automobiles du sud des Etats-Unis.

En effet, le syndicat a également déposé plainte devant le NLRB concernant l'usine Nissan de Canton (Mississippi, sud) accusant le constructeur franco-japonais d'employer des tactiques dissuasives contre les ouvriers manifestant des velléités de se syndiquer.

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