Bilan

«Vivre de sa plume est très difficile»

Auteur de thrillers financiers, le Genevois Jan Kepons est également gérant de fortune pour une banque de la place. Rencontre à l’occasion de la sortie de son second ouvrage.

  • Dans «L’enveloppe», Jan Kepons évoque les risques liés au stockage des données personnelles.

    Crédits: Dr
  • Crédits: Dr

Banquier le jour et auteur de thrillers financiers la nuit... L’auteur genevois Jan Kepons vient de sortir L’enveloppe, son second roman, après Le modèle. Mais qui se cache derrière ce pseudo?

D’où venez-vous, Jan Kepons?

Je suis Suisse mais Polonais d’origine, arrivé à l’âge de trois ans à Genève avec mes parents, alors réfugiés politiques. Mon père a travaillé près de vingt ans pour Swissair. Pour ma part, j’ai suivi
ma scolarité à Meyrin, puis obtenu une double licence en droit et HEC à l’Université de Genève. J’ai ensuite commencé à travailler dans le domaine bancaire.

Et où en êtes-vous aujourd’hui?

Je travaille toujours pour une banque de la place comme gérant de fortune. A côté de cela, j’ai coécrit avec mon épouse un manuel destiné aux entrepreneurs et rédigé un guide sur la construction et la gestion de portefeuille. Par ailleurs, je donne des cours de finance à l’Institut supérieur de formation bancaire et à la HES de Genève.

Comment vous êtes-vous lancé dans l’écriture de polars financiers?

J’ai un métier passionnant, notamment grâce aux multiples rencontres et voyages que j’ai eu l’occasion d’effectuer. Des scènes de mon premier roman, Le modèle, se sont d’ailleurs conceptualisées en prenant l’avion. J’ai imaginé une fiction dans un endroit réel. Puis étonnamment, l’une des pages de mon ouvrage en finance m’a inspiré pour l’intrigue de mon premier roman. C’était en 2010.

Comment devient-on écrivain quand on passe ses journées dans une banque?

J’ai toujours beaucoup lu et écrit d’histoires. Enfant, je rédigeais de petites pièces de théâtre et m’amusais à réaliser de faux téléjournaux. J’ai toujours eu beaucoup d’imagination et d’idées. Un jour, alors que je prenais le bus à Rive, toute l’intrigue du Modèle m’est apparue. Je suis arrivé au bureau et j’ai tout noté. Puis, le soir, j’ai fait un plan et une structure pour le livre. La rédaction de mon premier roman a pris trois ans car j’ai écrit les soirs et les week-ends. J’ai terminé le manuscrit juste avant la naissance de notre fille.
Ce qui a été compliqué, ce fut la recherche d’un éditeur. Cela a pris deux ans.

Vous écrivez sous un pseudo, pourquoi?

Simplement pour séparer mes écrits professionnels du romanesque. Je tenais à utiliser une «marque» différente pour mes polars.

Vos romans ne sont pas tendres avec le monde de la finance. Vous n’avez jamais eu peur de vous mettre le secteur à dos?

Non, car dans les deux cas, il s’agit de fictions. Dans Le modèle, on découvre qui tire les ficelles des marchés financiers. Dans L’enveloppe, je mets plutôt en lumière le risque du stockage des données personnelles et du piratage. Les dangers des réseaux sociaux aussi. La perte de données de centaines de clients de Swisscom récemment fut une véritable publicité pour L’enveloppe. Le hacking, la protection des données devient prioritaire dans un monde de plus en plus digital.

Vous aviez le projet d’adapter votre premier roman au cinéma. Où en êtes-vous?

L’entrepreneur vaudois Patrick Delarive qui a lu et adoré Le modèle avait le projet d’en faire une série avec un producteur parisien. Cependant, à la suite de problèmes de trésorerie de ce dernier, le projet est malheureusement tombé à l’eau. Nous avons ainsi récupéré les droits d’adaptation et sommes actuellement, avec mon éditeur, en contact avec des producteurs suisses.

Vous planchez déjà sur une prochaine intrigue?

Oui, j’ai déjà l’intrigue et le plan. Je vais bientôt commencer la rédaction. Mais je n’ai aucune pression, c’est l’avantage d’avoir un métier en parallèle. Mon troisième polar explorera le secteur pharmaceutique qui reste aussi très opaque. Je suis justement en train de me documenter sur le processus de fabrication et de distribution des médicaments.

Pourriez-vous vivre un jour de votre plume?

A ce stade, vivre de sa plume est très difficile. Il s’agit principalement d’une passion. Et je suis très satisfait de mon équilibre, soit d’être banquier la journée, et écrivain la nuit.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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