Bilan

Une presse américaine en grande souffrance

Malmenée par la pire crise économique depuis la Grande Dépression, la presse américaine est exsangue. En 2008 déjà, les rentrées publicitaires, première source de revenus des journaux, ont plongé de plus de 16%, à 37,8 milliards de dollars. Et l'allégement des éditions et les licenciements effectués par les rédactions n'ont pas suffi à stopper l'hémorragie. Au premier semestre 2009, les rentrées publicitaires se sont encore effondrées de près de 28%. Pour les journaux distribués en semaine, les ventes ont reculé de plus de 10% en six mois.A bout de ressources, l'industrie est prise dans un cercle vicieux: en réduisant leur contenu par mesure d'économie, les journaux deviennent moins intéressants pour le public. Et qui dit moindre lectorat et circulation dit désintérêt des annonceurs et donc chute des revenus publicitaires. Vin Crosbie, spécialiste des nouveaux médias estime que, des quelque 1400 quotidiens que comptent les Etats-Unis, la moitié pourraient disparaître au cours des dix prochaines années. Car la crise de la presse américaine est à la fois conjoncturelle et structurelle; aux défis générés par la récession s'ajoutent ceux causés par la concurrence croissante d'Internet, qui s'arroge les dollars des annonceurs. Et si la profession se dit «en transition», consciente que le passage du papier au numérique est en quelque sorte obligé, elle n'a pas encore identifié de modèle économique viable.Une possible aide étatiqueLes difficultés sont telles que le Congrès américain s'alarme de l'impact social et politique causé par le déclin de la presse et débat sur un possible soutien financier. «Une presse en difficulté équivaut à une mise en danger de la démocratie», écrivait Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, dans un courrier au Département américain de la Justice. Plus critique, Ken McIntyre, de l'organisation politique Heritage Foundation, estime qu'un soutien étatique aurait pour conséquence d'enlever tout pouvoir à la presse. Entre provocation et formulation diplomatique, le spécialiste des médias Clay Shirky lui, résume la situation en peu de mots: «La société n'a peut-être pas besoin de journaux. Mais elle a absolument besoin du journalisme.»

Katja Schaer

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