Bilan

Une pépite zurichoise fait son entrée à la Bourse de Londres

Créée en 2005 par Carlo Centonze et Murray Height, HeiQ souhaite attirer de nouveaux investisseurs pour accélérer sa croissance.

Carlo Centonze, CEO de HeiQ.

Crédits: DR

Quinze ans après sa création, HeiQ Materials (HeiQ) fait son entrée en bourse. Emanation de l'EPFZ, l'entreprise qui fabrique notamment un produit novateur qui s'applique sur les masques faciaux contre le coronavirus sera cotée dès aujourd'hui à la Bourse de Londres. L'opération est inédite pour une entreprise issue de l'EPFZ.

«Nous étions presque prêts pour une IPO (ndlr: Initial Public Offering, ou entrée en bourse) en 2019, puis la pandémie est arrivée. Grâce à notre produit, la demande a fortement augmenté et tout s'est accéléré. Dès juin, nous avons démarré la préparation de l'IPO. Notre objectif est entre autres d'accroître notre visibilité et offrir une porte d'entrée à de nouveaux actionnaires. Cela nous permet aussi d'avoir un accès au capital et de croître plus rapidement», confie Carlo Centonze, cofondateur et directeur de HeiQ.

Le patron de l'entreprise qui emploie une centaine de collaborateurs a privilégié Londres à d'autres places boursières. «L'évolution à Hong Kong revenait à entrer en bourse en Chine, ce qui était délicat en raison de nos clients aux Etats-Unis. Entrer au Nasdaq était aussi compliqué en raison de nos clients en Chine. Pour une entreprise technologique, nous avons estimé que Londres était plus accessible pour les investisseurs américains et chinois que Zurich», estime l'entrepreneur.

IPO particulière

L'IPO est réalisée via une reverse takeover de l'entreprise cotée anglaise Auctus Growth, entité sans activités opérationnelles. Autrement dit, elle acquiert HeiQ, mais cette dernière prend automatiquement le contrôle du groupe fusionné. Selon Carlo Centonze, cette opération permet de gagner du temps et de réduire les frais de moitié par rapport à une IPO traditionnelle.

«Toute la préparation s'est faite à distance. Nous n'avons rencontré ni les dirigeants d'Auctus Growth, ni les auditeurs, ni les brokers ni nos futurs actionnaires. Les vidéoconférences nous ont permis d'enchaîner les réunions dans la même journée sans se déplacer. Et au final, nous avons davantage de demande que d'offre pour nos actions, ce qui est positif», se réjouit-il.

Au niveau financier, 125,89 millions d'actions sont placées lundi sur le marché à un prix de 1,12 livre sterling (1,34 franc). HeiQ sera ainsi valorisée à 169,2 millions de francs. Sur les 60 millions de livres sterling récoltés grâce à l'IPO, 40 millions seront destinés aux actionnaires qui vendent une partie de leurs titres et 20 millions à l'entreprise.

Une quarantaine de nouveaux fonds participent à l'opération. «Nous avons convaincu aussi bien des grands fonds qui ont 2 à 3 milliards de dollars sous gestion que des plus petits qui gèrent 400 millions. Dix pour cent d'entre eux sont suisses, les autres anglais», souligne Carlo Centonze.

Forte hausse des ventes

Raisons de ce succès: HeiQ a connu une progression marquée cette année. Grâce à 600 nouveaux clients gagnés depuis le début de la pandémie, son chiffre d'affaires a atteint 30 millions de dollars au premier semestre, contre 28 millions pour toute l'année 2019. Quant au bénéfice, il a été multiplié par dix. «Nous n'avons pas eu le temps d'engager de nouveaux collaborateurs durant la pandémie. Nos équipes ont pratiquement travaillé à 200%, les charges sont donc restée comparables à 2019», explique le patron de l'entreprise qui compte parmi ses clients New Balance, The North Face, Burberry et Ikea.

L'IPO permettra de poursuivre quatre objectifs. Le premier sera de renforcer les équipes qui vérifient l'application des réglementations dans le domaine médical. Le second d'étendre la reconnaissance de la marque au niveau mondial. «Troisièmement, nous voulons investir dans la recherche et le développement de nos membranes en graphène. Il s'agit de filtres utilisés notamment dans la désalinisation de l'eau et les dialyses. Notre prototype fonctionne. Nous devons maintenant construire une usine pilote», relève-t-il. Dernier objectif: HeiQ mise sur le développement des équipements médicaux. Une acquisition sera prochainement réalisée.

Du côté des actionnaires, plusieurs facteurs ont convaincu Francesco Gherzi et le fonds qu'il gère d'investir il y a vingt mois dans HeiQ. «Entre autres, l'entreprise développe des solutions innovantes, inclut la purification de l'air et de l'eau à travers ses produits appliqués dans le secteur du textile. De plus, le management est très créatif, rapide dans l'exécution et plus agile que les grandes entreprises. Notre fonds Bombyx se concentrant principalement sur des entreprises innovantes et actives dans les secteurs des matériaux de pointe et des cleantechs, HeiQ correspond parfaitement à celles que nous recherchons. Elle remplit les critères en matière environnementale, sociale et de gouvernance. Nous sommes convaincus de leur fort potentiel de croissance au niveau mondial», témoigne le gestionnaire.

Daniel Eskenazi

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