Bilan

Une fondation au service de l’innovation

Depuis trente ans, les prix prestigieux décernés par la Fondation W.A. de Vigier permettent aux startups de fonder une société anonyme. Un splendide palmarès.

Située à Soleure, la Fondation W.A. de Vigier distribue un demi-million de francs par an à cinq lauréats.

Crédits: Andrea Wullimann

«Lorsque la fondation Bill  de Vigier a décerné les premiers prix à fonds perdus en 1989, il n’existait rien de tel en Suisse. A l’époque, on ne parlait pas encore de «startups» mais simplement de jeunes entrepreneurs. Bill de Vigier était un cerveau, quelqu’un qui a généreusement financé l’aide économique au démarrage de sociétés.» Directrice de la Fondation W.A. de Vigier à Soleure, Regula Buob a pu observer l’évolution qui a eu lieu dans les créations d’entreprises. «Les startups innovantes et disruptives ont mis du temps à émerger en Suisse. Mais le mouvement s’est accéléré à partir de l’an 2000.» La Fondation veut donner aux entrepreneurs qu’elle récompense la possibilité de créer une société anonyme en leur offrant le capital nécessaire. Le prix constitue la distinction la plus prestigieuse et la mieux dotée de Suisse avec l’attribution d’un demi-million de francs par an à cinq lauréats.

Derrière cette institution, il y a un Soleurois au destin extraordinaire. A l’âge de 23 ans, William A. de Vigier part s’installer à Londres en 1935, contre la volonté de son père, avec seulement mille francs en poche. Il croit fermement en son idée: un échafaudage flexible en métal. Cette vision va déboucher sur la création, en Grande-Bretagne, d’un groupe mondial de 150 entreprises et 10 000 employés. Industriel renommé, William A. de Vigier a siégé à une trentaine de conseils d’administration, dont celui de British Airways. Ce Suisse que tout le monde appelait Bill est revenu à Soleure en 1987 pour lancer la Fondation W.A. de Vigier. Avec cette initiative, il entend fournir aux jeunes entrepreneurs ce qui lui a fait défaut en 1935: le capital de démarrage. 

 Les sociétés primées ont confirmé les espoirs en nombre. Gagnante 2011, la plateforme de vente d’activités touristiques GetYourGuide vient de décrocher  officiellement son statut de licorne, valorisée plus d’un milliard de dollars. Primé en 2001, le projet d’exosquelette d’Hocoma est suivi avec attention par les investisseurs internationaux. Lauréate 2015, la société AVA s’apprête à conquérir le marché mondial dans le secteur de la santé connectée, avec son bracelet traqueur de fertilité depuis ses bureaux ouverts à San Francisco. Citons encore, parmi les noms les plus connus, la biotech genevoise Selexis, la société Xovis (traçage et données) et Neeo (contrôle électronique à distance). D’autres firmes se distinguent dans le domaine de la santé et de la médecine comme Abionic (septicémie) ou Cutiss (greffe de peau). Quant au fabricant de drones de l’EPFL Flyability (distingué en 2015), ses appareils ont les emblèmes d’excellence utilisés par la Confédération dans sa communication, au même titre que le chocolat et l’horlogerie.

12 millions distribués

Quelques chiffres: au cours des trente dernières années, la fondation a distribué quelque 12 millions de francs de capital d’amorçage. L’institution est impliquée auprès d’une centaine de startups. Elle est derrière de nombreuses introductions en bourse réussies et, surtout, de créations d’emplois par centaines. 

Regula Buob conclut: «Faire de l’argent rapide grâce à des innovations n’est pas notre objectif. Nous voulons au contraire soutenir des projets socialement pertinents et durables. La personnalité de l’entrepreneur prime. Nous misons sur des gens qui vont continuer à se battre et à innover, même s’ils doivent passer par un échec.»  

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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