Bilan

«Une conférence doit amener de l’émotion»

Pour le groupe Dorier, les technologies immersives sont prometteuses pour le secteur de l’événementiel mais elles ne peuvent remplacer la dimension humaine du live.

Nicolas Hersant (à g.), general manager et Olivier Croset, group managing director de Dorier.

Crédits: Michael Perrot

Le monde des conférences a connu une chevauchée fantastique ces cinquante dernières années. L’aventure du groupe Dorier a commencé en 1946, quand son fondateur du même nom s’est lancé dans les systèmes de traduction pour les Organisations internationales à Genève. C’était l’époque du boom des conférences internationales et Dorier s’est associé à des géants comme Siemens pour mettre au point des équipements d’interprétation simultanée. 

En 1972, M. Dorier, devenant âgé, a remis l’affaire à son employé. La société, alors basée au CICG, a encore bénéficié de l’essor de l’événementiel dans les hôtels, avec l’arrivée des rétroprojecteurs et des projecteurs de diapositives. C’est en 1996 qu’Olivier Croset, actuel group managing director, a racheté l’entreprise qui employait alors cinq personnes. Lui venait du monde de la production audiovisuelle. Sous sa direction et celle de son associé,  l’entreprise emploie 80 collaborateurs en Suisse et a rejoint le géant de l’événementiel MCI, dont Dorier est devenu la marque de production technique. 

Depuis, elle a ouvert des bureaux en Asie et au Brésil. Et la palette de compétences s’est élargie: la société fait du concept, du design, y compris scénographique, de la création de contenu et de la production technique audiovisuelle. Il s’agit de transformer un lieu en créant un décor, parfois avec des architectes d’intérieur. Le domaine s’est complexifié. La technique (son, lumière, vidéo) doit être fluide, sans être apparente. «Nous devons être le partenaire du client et non juste un fournisseur de matériel, développer le projet avec lui sans forcément qu’il ait à dépenser davantage», ajoute Olivier Croset. 

La stratégie de MCI consiste à se développer sur le marché des grandes conférences, de la clientèle entreprises (et notamment le secteur pharma), à gérer des congrès à l’international en étant capable de sourcer sur place toutes les ressources et besoins techniques. «Quelle que soit la taille des événements, le but est d’y apporter de l’émotion», souligne Nicolas Hersant, general manager de Dorier. 

«Etre acteur de l’événement»

Les tendances du moment, expliquent ces professionnels, c’est d’intégrer les technologies immersives aux événements. «Il y a une demande croissante chez les entreprises pour ces nouvelles techniques dans leurs conférences, indique Nicolas Hersant. Notre rôle est de les accompagner vers le concept technique adapté à leurs besoins, leur audience et leur budget.» 

 Par exemple les événements hybrides, qui permettent d’élargir l’audience à ceux qui ne peuvent se déplacer. Cela devient possible grâce à des systèmes de retransmission à très haute définition sans latence dans l’image et le son, permettant de faire intervenir des orateurs des quatre coins du monde. Pour aller plus loin, Dorier est partenaire d’une société canadienne active dans le domaine de la projection holographique, faisant intervenir des keynote speakers qui n’ont pu se déplacer. «Ceux-ci se rendent à un studio vidéo, sont filmés et éclairés de manière particulière, et projetés sur le lieu de la conférence sur un écran invisible; ils peuvent interagir avec le modérateur», explique Nicolas Hersant, qui y voit une technologie très prometteuse. 

Mais la vraie tendance, ajoute-t-il, c’est que les participants veulent être acteurs eux-mêmes de l’événement, vivre une expérience. «Un événement a une vie avant, pendant et après. Il faut capturer le contenu pour le faire vivre plus longtemps. En amont, les gens peuvent poser des questions à l’avance ou définir des thèmes. Mais l’expérience humaine du jour J ne peut être remplacée.» 

Un constat essentiel: l’événement réel, live, où les gens se rencontrent, «est un marché qui n’a jamais diminué», assure Olivier Croset. Plus la technologie avance, plus les gens veulent se parler, rencontrer des clients en direct. «Les conférences virtuelles ont connu un boom initial, les observateurs disaient qu’il n’y aurait plus de conférences réelles, on avait les avatars, on se baladerait virtuellement dans les stands; mais ça n’a pas pris», constate le patron de Dorier. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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