Bilan

Un studio vaudois de design mise sur des objets low tech

Loin des gadgets technologiques et des innovations informatiques, le studio de design lausannois Kosha décline une gamme d'objets pour déconnecter et renouer avec des plaisirs traditionnels comme la lecture... tout en faisant appel au crowdfunding pour son dernier produit: un ouvre-lettres.
  • Loin des innovations technologiques, le cabinet de design lausannois Kosha lance un ouvre-lettres en acier inoxydable.

    Crédits: Image: Kosha
  • Loin des ouvre-lettres en forme de couteau, le Laza de Kosha reprend la forme d'un oiseau en guise de clin d'oeil aux pigeons voyageurs, mais en l'adaptant à la silhouette de l'hirondelle pour sa longue queue.

    Crédits: Image: Kosha
  • L'ouvre-lettres est proposé dans un écrin renfermant une lettre avec un code pour intégrer le club des aficionados de Kosha.

    Crédits: Image: Kosha

A l'heure de WhatsApp, Viber, WeChat ou Facebook Messenger, miser sur le courrier traditionnel fait figure de gageure. Pourtant, c'est le pari tenté par Kosha Design, un studio lausannois qui vient de mettre au point un ouvre-lettres en acier inoxydable baptisé Laza. Et ce n'est pas là le premier projet du studio qui va à contre-courant des tendances: les designers vaudois ont déjà créé un meuble impressionnant en noyer pour s'isoler afin de lire, et un marque-page en acier lui aussi.

«Nous avions envie de proposer des objets qui permettent de travailler sur le développement personnel, afin de permettre à chacun de transformer un moment ordinaire en moment de joie; et si on répète ces moments de joie cela devient du bonheur», assure Claudio D'Amore, designer et fondateur de Kosha. D'où une orientation vers des créations liées à des activités intemporelles: l'écriture, la peinture, le dessin, la lecture,... «Nous nous pensons résolument low tech et non high-tech, contrairement à tant de startups, non pas par refus de la technologie car nous aussi avons nos smartphones, mais par volonté de proposer une pause», poursuit Claudio D'Amore. Le nom Kosha vient d'ailleurs d'un terme sanskrit qui désigne les cinq enveloppes séparant l'être humain de la pleine conscience.

Pas question pour autant de tourner le dos à l'innovation et aux solutions actuelles. Les designers vaudois, qui travaillent largement pour des marques horlogères, ont jusqu'à présent commercialisé un nombre relativement restreint d'objets sous leur marque propre. Pour l'ouvre-lettres, ils ont donc décidé d'explorer la solution du crowdfunding: un projet a été déposé sur Kickstarter avec l'objectif de récolter 12'000 francs en un mois. En trois jours, la levée de fonds avait atteint 5000 francs.

Dessiné en Suisse, réalisé en Italie

Dessiné en Suisse, l'ouvre-lettres est réalisé en Italie. «La force du franc a joué dans ce choix: nos coûts auraient été renchéris à l'export. Mais il y a aussi et surtout la tradition italienne pour la réalisation d'objets issus du design et du luxe», explique le fondateur du studio. Le Laza de Kosha reprend la forme d'un oiseau en guise de clin d'oeil aux pigeons voyageurs ds siècles passés, mais en l'adaptant à la silhouette de l'hirondelle pour sa longue queue. L'objet en acier inoxydable gravé vient donc enrichir la collection Kosha déjà riche de pendentifs, meubles, coques pour iPhone ou encore marque-page,... Mais ces autres bébés du studio sont généralement distribués dans une cinquantaine de points de vente (papeteries haut-de-gamme, boutiques cadeaux,...).

Plus qu'un objet utile, les designers de Kosha voulaient créer de l'émotion: «La plupart des ouvre-lettres sont des lames dont la forme rappelle celle des couteaux. Avec notre Laza, nous avons un ouvre-lettres qui n'est pas agressif mais délivre un message plus doux, plus léger, plus agréable». Et de faire la comparaison avec la haute horlogerie suisse: «Une montre n'est plus nécessaire aujourd'hui pour connaître l'heure, car nous avons tous un smartphone. Mais quand on achète une belle montre, on achète de l'émotion, une histoire, un patrimoine et une création», compare Claudio D'Amore.

Si, cette fois-ci, le studio a fait appel au financement participatif, c'est aussi pour s'ouvrir à de nouveaux marchés, se faire connaître à l'international, montrer son savoir-faire à des clients potentiels aussi bien aux Etats-Unis qu'au Japon ou en Allemagne. «Car développer un marché requiert un investissement conséquent, en temps, en énergie et en capital. Avec une campagne de crowdfunding, on se fait déjà connaître de quelques influenceurs et des gens qui suivent les tendances», précise Claudio D'Amore.

Créer une communauté, imaginer d'autres objets

Et pour les clients qui achèteraient l'ouvre-lettres via Kickstarter, une stratégie de fidélisation est esquissée: dans le paquet, une enveloppe (à décacheter avec l'ouvre-lettres) renfermant un code pour intégrer le club des aficionados de Kosha sur le site web. «L'idée, c'est de créer une communauté et de séduire et convaincre des clients sur le long terme», confie le designer.

Asseoir sa notoriété, mais aussi se projeter vers l'avenir en envisageant d'autres créations: «A l'avenir, nous aimerions dessiner un stylo, car cela resterait dans ce domaine des beaux objets liés à l'écriture. Mais aussi une montre: nous avons déjà acquis pas mal de savoirs-faire dans le secteur de l'horlogerie via nos collaborations avec une quarantaine de marques suisses», glisse Claudio D'Amore.

Le long terme c'est aussi des projets détachés de toute ambition mercantile. C'est ainsi que Kosha a déjà proposé des éditions spéciales en série limitée de ses créations, avec 20% des bénéfices reversés à des causes humanitaires ou sociales, comme la Fondation Theodora, qui réalise les rêves d'enfants malades et hospitalisés.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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