Bilan

Un prof de natation créateur d’Harmony

Ses fitness emploient aujourd’hui plus de 200 personnes. Pourtant, rien ne prédestinait Luciano Luppi, entraîneur de natation et de condition physique, à une telle aventure. Rencontre.

Luciano Luppi, fondateur des clubs de fitness Harmony, et son épouse Véronique.

Crédits: Dr

Avec ses quelque 12 000 abonnés actifs, le groupe Harmony va frôler les 15 millions de francs de chiffre d’affaires avec son dernier-né, à Veyrier (GE) en 2019.

La philosophie qui anime le patron du groupe en a fait un partenaire recherché, que ce soit par des grandes entreprises (JTI ou Coty), les grandes ONG (comme le Fonds mondial) ou les pouvoirs publics (la Ville de Veyrier pour la gestion d’une piscine et d’un fitness). Comment s’explique un tel succès alors qu’il n’a jamais disposé des moyens de ses principaux concurrents? Parmi ces derniers, citons le fonds de private equity Afinum qui détient Let’s Go Fitness ou la coopérative Migros Zurich qui possède Activ Fitness (laquelle a repris la majeure partie des Silhouette). Sans doute grâce à sa passion.

Rien ne semblait prédestiner Luciano Luppi, 54 ans, à un tel parcours. Fils d’un immigré maçon et d’une mère faisant des ménages, ce self-made-man a longtemps œuvré comme entraîneur de natation au sein du club Genève Natation 1885. «Pendant mes trente-neuf années d’activité professionnelle, je n’ai jamais eu le temps d’apprendre les langues étrangères. Ne sachant pas l’allemand, cela m’a empêché de devenir coach de l’équipe suisse de natation, l’un de mes rêves. Voilà pourquoi j’ai opté pour le monde du fitness.» 

Dès 1993, Luciano Luppi abandonne son premier métier pour devenir progressivement responsable des cours collectifs dans plusieurs fitness. Lorsqu’un fitness situé dans le quartier de Vermont (GE) est mis en vente, il souhaite le racheter, mais se fait prendre de vitesse par le groupe Silhouette, dirigé alors par Pierre-Alain Brunner. Dès lors, lorsque le fitness des Acacias arrive à son tour sur le marché, son dossier est prêt. Manquant de liquidités, il s’associe avec Pierre-Alain Brunner pour le reprendre à 50/50. 

Contraint de céder le groupe Silhouette à un fonds d’investissement britannique, Pierre-Alain Brunner lui rachète alors ses parts en 1999. C’est grâce à cet argent qu’il va pouvoir reprendre les 1050 m² du Sport Connection à Signy le 31 décembre 1999. «Nous avions à peine pris possession de ce fitness que Pierre Kunz (alors directeur général du Centre commercial Balexert, ndlr) m’appelle pour me proposer une surface de 839 m². J’ai accepté et nous avons démarré le 7 août 2000.» 

S’entourer de «bonnes» personnes

Deux années passent avant qu’Alain Rolland le contacte à son tour, mais cette fois-ci pour le Centre commercial de La Praille. Ce sera son premier fitness équipé d’une piscine. La machine s’emballe. Les années 2006 à 2009 seront compliquées. Cependant, avec sa femme Véronique qui l’épaule, ils suivent un cours de management axé sur la connaissance des humains qui leur sera très utile. A partir de là, ils décident de s’entourer de «bonnes» personnes maîtrisant certaines compétences complémentaires: un facility manager, une responsable RH, une CFO, un responsable marketing ou encore un responsable des sports. 

Dès 2011, la croissance du groupe s’accélère: Blandonnet (GE), Cointrin fin 2012 (GE), Versoix (GE) en 2015, Eaux-Vives (GE) fin 2016, Gland (VD) en 2017 et le 1er octobre 2018 Veyrier. Son défi actuel? Devant quitter Balexert pour la fin de 2019, il a signé pour un nouveau club 4 étoiles dans le futur Atrium Park que le groupe BOAS édifie à Meyrin. Autre projet concret: l’ouverture d’un fitness fin 2019 à l’Y-Parc d’Yverdon-les-Bains.  

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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