Bilan

Un Googler de Mountain View vit sur le parking de la compagnie

Ecoeuré par le prix des loyers dans la région de San Francisco, Brandon, 23 ans, a élu domicile dans une fourgonnette parquée en face de l’entrée de la compagnie. Pour les repas et le reste, il utilise les prestations fournies par son employeur.
  • Le siège de Google à Mountain View attire les diplômés les plus brillants du monde entier.

  • Google est régulièrement désigné meilleur employeur du monde en raison des prestations offertes aux collaborateurs.

  • Brandon a élu domicile dans une fourgonnette Ford avec 200 000 kilomètres au compteur.

  • L'intérieur de la fourgonnette reste spartiate.

  • Les collaborateurs disposent de salles de relaxation pour décompresser.

  • Sushis, viande ou pizza. La nourriture est excellente et gratuite.

  • Des vastes espaces de détente invitent les collaborateurs à rester sur le site au-delà des heures de travail.

Décidément, ces geeks n’ont pas fini de nous étonner… Brandon, 23 ans, a été engagé chez Google. Le jackpot : salaire mirobolant, bonus et prestations inégalables sur le site. Au moment de quitter le Massachusetts pour la Silicon Valley, un œil sur le prix des appartements de la région de San Francisco lui fait dresser les cheveux sur la tête. Mais il trouve une parade. Il se dégotte une fourgonnette d’occasion de quelque 35 mètres carré. Il y installe un lit et emménage sur le parking du campus Google, en face de l’entrée de la compagnie

L’idée a germé dans le cerveau de Brandon, alors qu'encore étudiant, il était en stage chez Google. Hébergé dans des appartements de la compagnie, il partage avec trois autres Googlers un logement minuscule pour quelque 2000 dollars par mois par personne (65 dollars la nuit).

« J’ai réalisé que je payais un montant exorbitant pour un hébergement que je n’occupais quasiment pas. Une telle dépense se justifie difficilement car l’argent part en fumée. Ces sommes ne fructifient pas et ne vous servent en rien à construire votre avenir », a déclaré Brandon, qui préfère conserver l’anonymat, à Business Insider UK.

Un fourgon avec 200 000 kilomètres au compteur

Son diplôme en poche, Brandon est donc parti à la chasse d’un véhicule habitable. Il met la main sur un fourgon Ford de 2006 avec 200 000 kilomètres au compteur pour 10000 dollars, qu’il paye grâce à son bonus d’entrée chez Google. L’assurance pour le camion lui coûte 121 dollars par mois. Ses frais de téléphone et de nourriture sont pris en charge par Google. Pas d’électricité. « Je ne possède rien qui nécessite une prise », dit-il dans son blog. « Le van dispose de quelques ampoules intégrées. J’ai une lampe qui se charge aux mouvements pour la nuit et des batteries de réserve que je charge au travail pour mon smartphone, mon casque audio et mon ordinateur. »

Le fourgon reste spartiate. Brandon n’a rien d’autre qu’un lit, une table, un porte-manteau et quelques animaux en peluche. Pour le reste, le salarié compte sur Google, régulièrement consacré meilleur employeur de monde en raison des avantages offerts au personnel. Le jeune homme utilise les sanitaires des bureaux, se douche au fitness et fait laver son linge par le service de blanchisserie.

Dans la rubrique « Saving clock » de sur son blog « Thoughts from Inside the Box », Brandon affirme avoir atteint en octobre dernier le « break-even ». Les finances du diplômé sont grevées par un prêt étudiant de 22434 dollars. En quatre mois, grâce à son salaire dont il épargne 80%, il a déjà remboursé 16449 dollars. « Selon une estimation conservatrice qui tient compte des bonus, j’espère avoir réglé ma dette en six mois. Ce délai me permet d’économiser des milliers de dollars sur les intérêts perçus pour un remboursement sur 10 ou 20 ans. » 

Le tout sans lésiner sur les restaurants ni les sorties. Le personnel de sécurité autorise le jeune homme à regagner à toute heure de la nuit sa place sur le parking sur présentation de son badge. Brandon est en outre l’un des rares employés qui n’a pas à passer des heures dans les embouteillages de la Bay Area pour aller travailler.

Le géant multimédia pris au mot

L'ironie de cette histoire ne vous aura pas échappé. Google veut offrir aux geeks qu’elle emploie toutes les commodités nécessaires afin que les collaborateurs ne se préoccupent de rien d’autre que de programmer. Des facilités qui permettent de vivre littéralement au travail. Avec Brandon et sa fourgonnette sur le parking, voilà le géant multimédia pris au mot.

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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