Bilan

Un Brésilien arrêté à Genève dans l'affaire Petrobras

Un homme d'affaires brésilien a été arrêté à Genève dans le cadre de l'affaire de corruption qui secoue le géant brésilien du pétrole Petrobras.

La Suisse enquête depuis 2014 sur le scandale Petrobras, après avoir reçu une soixantaine d'annonces de suspicion de blanchiment d'argent.

Crédits: Reuters

Un ressortissant brésilien a été arrêté à Genève dans le cadre de l'affaire de corruption qui secoue le géant brésilien du pétrole Petrobras, a-t-on appris mercredi auprès du Ministère public de la Confédération (MPC).

Cet homme, dont l'identité n'a pas été révélée, était venu en Suisse pour retirer des fonds et les sortir du pays, a indiqué le MPC.

L'homme a été interpellé alors qu'il tentait de clôturer un compte ouvert auprès d'une banque genevoise.

Selon le journal suisse HandelsZeitung, il s'agit de l'homme d'affaires Fernando Migliaccio da Silva, ancien employé du groupe brésilien Odebrecht, et son arrestation aurait eu lieu la semaine dernière.

L'homme est soupçonné d'avoir participé au versement de pots-de-vin à d'anciens dirigeants de Petrobras. En raison du risque de collusion et de fuite, il a été placé en détention provisoire en Suisse pour trois mois.

La Suisse enquête depuis 2014 sur le scandale Petrobras, après avoir reçu une soixantaine d'annonces de suspicion de blanchiment d'argent.

Le groupe brésilien de construction Odebrecht et ses filiales sont notamment visés. Il leur est reproché d'avoir utilisé des comptes en Suisse pour le versement de pots-de-vin à d'anciens cadres de Petrobras. Ces versements auraient été faits lors d'achats de plateformes pétrolières.

En octobre dernier, la justice helvétique a bloqué des comptes bancaires du président du Congrès des députés brésiliens Eduardo Cunha, soupçonné d'être impliqué dans l'affaire.

L'enquête tentaculaire sur Petrobras a révélé que les plus puissantes entreprises de construction du Brésil se sont réparties de 2004 à 2014 les marchés de la compagnie pétrolière en payant à tour de rôle des pots-de-vin à certains de ses directeurs en échange de contrats, eux-mêmes surfacturés de 1 à 3%. Petrobras a ainsi perdu plus de deux milliards de dollars.

Une partie de ces commissions servaient à verser des pots-de-vin à des députés et sénateurs de la coalition au pouvoir.

Le 18 mars 2015, le procureur général suisse avait indiqué que les investigations "ont permis de découvrir plus de 300 relations d'affaires avec plus de 30 établissements bancaires en Suisse, par lesquelles les versements pour corruption examinés par le Brésil ont vraisemblablement transité".

Il avait par ailleurs annoncé que la Suisse avait libéré 120 millions de dollars (113 millions d'euros) d'avoirs bloqué en Suisse, sur les 400 millions de dollars bloqués dans le cadre de l'affaire Petrobras.

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