Bilan

Un univers séduisant pour les millennials

En dépit d’une forte concurrence, les entreprises de conseil demeurent une adresse de choix pour les jeunes diplômés. La quête de sens est aussi importante que l’équilibre travail/vie privée.

De nombreux jeunes diplômés recherchent une carrière en phase avec leurs valeurs.

Crédits: Hinterhaus/Getty images

Si les géants mondiaux de la tech règnent sur notre vie quotidienne et celle de la bourse, ils sont également très prisés en tant qu’employeurs par beaucoup de jeunes diplômés suisses. Réalisé annuellement parmi les diplômés en économie d’entreprise, en IT ou en ingénierie, le sondage d’Universum sur les employeurs potentiels qu’ils privilégient paraît confirmer cette tendance: Google est clairement l’adresse la plus recherchée, mais Microsoft, Digitec Galaxus et Logitech figurent aussi dans le top 10 du classement. Les marques globales comme Rolex et Nestlé sont non moins convoitées. En revanche, les grandes enseignes du conseil d’entreprise et de l’audit figurent plus loin dans le classement. Le consulting aurait-il perdu de son charme auprès des étudiants?

«Nous recevons chaque année plus de candidatures, venues d’ailleurs de toutes les facultés. Nous ne constatons un recul ni dans le nombre ni dans la qualité», conteste Daniel Kessler, CEO de Boston Consulting Group (BCG) pour la Suisse. Selon lui, «le consulting n’a pas perdu de son attrait». Il admet toutefois que le contexte de concurrence a évolué: «Il y a dix ans, nous étions en plus forte concurrence avec les grands groupes classiques qui proposaient des programmes attrayants aux débutants: les banques, les assurances ou la pharma», complète ce conseiller en stratégie.

Des informaticiens très convoités

Des entreprises technologiques, des startups, des sociétés de private equity se battent désormais à leur tour pour séduire les talents. Cheffe du Career Center de l’ETH Zurich, Evelyne Kappel ne constate fondamentalement aucune perte d’attrait pour les carrières dans le consulting: «Parmi les étudiants en master et les doctorants, les grandes sociétés de conseil restent toujours très en vogue», assure-t-elle, en relevant que les préférences ne se sont pas beaucoup modifiées au fil des ans. Ce qui a évolué, c’est que désormais les étudiants savent parfois dès les premières années du master qu’ils choisiront le conseil stratégique. La branche présente ainsi l’avantage de ne plus devoir expliquer qu’elle s’intéresse aux diplômés d’une EPF. Finis les gros efforts de marketing auprès des hautes écoles.

Dans sa branche, Daniel Kessler se considère lui aussi en bonne posture et n’éprouve pas de difficulté à recruter ces experts numériques convoités par presque toutes les entreprises dans presque tous les secteurs. «Il y a une vraie bataille pour attirer les talents parmi les informaticiens. Ils n’ont que l’embarras du choix et reçoivent sans doute plusieurs offres d’emploi par jour», avance Evelyne Kappel.

Les grandes enseignes ne sont pas les seules à courtiser les informaticiens et autres scientifiques: «A l’EPFZ, la culture startup s’est notablement renforcée. Elles ont beaucoup gagné en présence, y compris sur le marché des diplômés», ajoute la spécialiste en carrières. Par ailleurs, elle affirme qu’il est temps de se débarrasser du préjugé qui colle aux basques des millennials – autrement dit les jeunes nés après 1980 – selon lequel ils ne chercheraient pas à faire carrière à tout prix et se soucieraient davantage d’un sain équilibre entre travail et vie privée. Ce cliché, le patron du BCG le conteste aussi: «Les jeunes ne sont pas moins engagés et ambitieux. Ils veulent simplement plus de souplesse et souhaitent pouvoir travailler sur des sujets socialement pertinents.» Evelyne Kappel relativise: «Pour les diplômés actuels, un travail varié et une courbe d’apprentissage pentue sont tout aussi importants que l’équilibre travail/vie privée.»

Miser sur la diversité

Le désir d’avoir un «impact», autrement dit de changer le monde, est également très marqué. De sorte que le salaire et la carrière paraissent plutôt secondaires. Cela dit, les sociétés de conseil se sentent obligées, au niveau des conditions d’embauche, de vivre avec leur temps. Notamment en tenant compte de l’exigence de diversité et de la garantie d’égalité des chances entre les genres. Selon son patron, le BCG entend bien continuer de travailler sur le thème «diversity», non seulement au niveau des genres mais aussi des disciplines universitaires et du recrutement de gens venus de l’industrie.

Par ailleurs, le BCG a introduit un congé parental identique pour les deux parents. «Afin de mieux fidéliser les femmes», commente Daniel Kessler. Car les choses se compliquent quand homme et femme entendent faire carrière. «C’est pourquoi il est important que les pères puissent aussi revendiquer du temps pour leur famille», conclut-il.


Le premier job après les études

Tous les deux ans, l’Office fédéral de la statistique interroge les diplômés des hautes écoles
quant à leur situation sur le marché du travail. Cette enquête permet entre autres, un an après le diplôme, de déterminer le premier emploi en fonction des diverses branches d’études. Selon la dernière enquête de 2019, 80% des économistes pourvus d’un diplôme de master travaillaient dans le secteur privé et 18% seulement pour le secteur public. Ceux qui avaient choisi le secteur privé des services ont avant tout trouvé leur bonheur dans l’industrie de la finance et des assurances. On trouve tout autant d’embauches dans le conseil aux entreprises et le commerce. Les services informatiques et les bureaux d’études sont beaucoup moins représentés. C. P.

Eflamm Mordrelle*

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