Bilan

Un pilier de l’art russe expose à Genève

La galerie D 10-Art Space montre jusqu’au 10 janvier les œuvres du sculpteur Zurab Tsereteli, qui préside l’Académie des arts de Russie.

Zurab Tsereteli est aussi directeur du Musée d’art moderne de Moscou.

Crédits: Sergi Shagulashvili

Le segment du marché de l’art russe se porte globalement bien depuis l’ouverture des années 90. Le Kremlin veille en effet à ce que l’encadrement juridique de ce marché soit sain et aligné sur les standards européens. La culture étant un ciment essentiel de la société russe, il n’est pas question de jouer avec. Derniers signes en date, les réformes de 2017 qui facilitent les échanges transfrontaliers d’œuvres d’art, améliorent leur fiscalité ou encore instituent des fonds de succession permettant d’éviter la dispersion des œuvres. Citons également l’adhésion fin 2018 de la Russie à la Convention de Nicosie sur les infractions visant des biens culturels.

Ainsi, de nombreux collectionneurs ont investi le marché de l’art russe et continuent de le soutenir, comme le démontrent les excellents scores des dernières ventes publiques, notamment celle de Sotheby’s le 4 juin dernier à Londres. Des œuvres de Zurab Tsereteli en faisaient partie, aux meilleurs rangs.

C’est dans ce contexte que la galerie D10-Art Space à Genève propose une rétrospective de cet artiste né en Géorgie en 1934. Ce dernier est aussi par ailleurs professeur, président de l’Académie des arts de Russie depuis 1997 et directeur du Musée d’art moderne de Moscou (MMOMA) qu’il a lui-même fondé en 1999. Les couleurs vives, en particulier le rouge, dominent son œuvre.

Rencontré dans son atelier parisien, Zurab Tsereteli explique, tout sourire: «C’est comme cela que mes yeux voient le monde». Il peint chaque jour, «comme le pianiste fait ses gammes». D’une vitalité impressionnante pour son âge, c’est en revanche une grande sérénité qui accompagne son maniement du pinceau. Pas étonnant qu’on le retrouve aussi impliqué dans des programmes médicaux de réhabilitation par l’art.

Marqué par Picasso et Chagall

Picasso et Chagall ont exercé une influence déterminante sur son art, en particulier dans l’élargissement de son éventail créatif à de multiples supports (émail, tapisserie, vitrail, céramique). Zurab Tsereteli est également célèbre pour ses statues monumentales, notamment celle de saint Georges terrassant le dragon, qui trône dans les jardins de l’ONU à New York. Sa particularité est d’être forgée de métal provenant des fuselages de missiles nucléaires américains et russes, mis au rebut par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé par Gorbatchev et Reagan en 1987, et qui vient d’être révoqué cette année.

Arnaud Dotézac

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."