Bilan

Un nouveau boss pour Temenos

Le leader mondial des logiciels bancaires affiche une très forte croissance. Rencontre au siège genevois avec Max Chuard, nommé CEO le 1er mars dernier.

Max Chuard entend poursuivre la stratégie du groupe.

Crédits: Lionel Flusin

Après dix-sept ans de carrière au sein de Temenos, le Genevois de 45 ans Max Chuard a été nommé directeur général de la société leader mondial des logiciels bancaires. CFO depuis 2012 puis COO depuis 2015, Max Chuard succède logiquement à David Arnott, qui a décidé, à 50 ans passés, de consacrer plus de temps à sa seconde épouse et à son nouvel enfant.  

Max Chuard est un Genevois pure souche. Il a fait toute sa scolarité dans la Cité de Calvin avant de commencer à la Banque JPMorgan puis à la société financière Swicorp. C’est à l’âge de 27 ans qu’il commence chez Temenos dirigée alors par son fondateur George Koukis avant que ce dernier ne laisse  son siège de CEO à Andreas Andreades, puis à David Arnott. Les deux premiers directeurs siègent par ailleurs toujours au sein du conseil d’administration de Temenos. 

Depuis son arrivée, Max Chuard a contribué au développement de l’entreprise genevoise pour en faire celle qu’elle est devenue aujourd’hui: la société de software qui a connu la plus grande croissance ainsi que la meilleure performance boursière de ces cinq dernières années (+350%) au niveau mondial. Le nouveau CEO ne compte pas s’arrêter en si bon chemin: «Notre objectif est de poursuivre cette stratégie gagnante que nous avons mise en place. Celle-ci passe par l’acquisition de sociétés technologiques afin d’accélérer notre croissance dans certains marchés.» Ainsi, le chiffre d’affaires estimé pour 2019 se monte à un milliard de francs, soit entre 16 et 19% d’augmentation des revenus. En 2002, quand Max Chuard a commencé dans ce qui était alors une PME, Temenos réalisait 100 millions de chiffre d’affaires et avait une capitalisation boursière de 100 millions de francs. Valorisée à l’heure actuelle à 10 milliards de francs à la Bourse suisse, l’entreprise emploie aujourd’hui 5500 collaborateurs – dont une petite centaine en Suisse. 

3000 banques clientes

Et le marché des logiciels bancaires, qui représente 50 milliards de dollars, serait loin d’avoir atteint son apogée. Max Chuard explique en effet que 80% des banques utilisent toujours un système développé en interne dans les années 1960-1970, soit avant l’arrivée d’internet, qui est aujourd’hui complètement dépassé et coûte très cher en maintenance. Sans compter les risques qui ne sont pas toujours bien identifiés, tels que les problèmes d’interconnexion avec d’autres éléments du système informatique, d’éventuels arrêts des services ou encore des problèmes de sécurité ou de non-conformité avec les évolutions réglementaires. Changer de système informatique permet non seulement à la banque de diviser ses coûts de maintenance mais aussi d’injecter ses bénéfices dans l’innovation afin d’être plus compétitive. 

En effet, les clients d’aujourd’hui privilégient des technologies modernes, une expérience rapide et de l’agilité. Les fintechs et les régulateurs mettent aussi de plus en plus de pression sur les banques afin qu’elles soient à jour avec leur système informatique. 

« Nous avons encore beaucoup à faire car c’est la seule industrie qui n’a pas encore embrassé complètement le monde du digital. Notre opportunité de transformer cette industrie est extraordinaire», se réjouit Max Chuard. A l’heure actuelle, Temenos compte déjà 3000 banques, dont les 41 plus grandes au monde comme clientes. Son concurrent à l’international, l’américain Oracle, en compte deux fois moins. 

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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