Bilan

Uber construit un campus en verre pour affirmer sa transparence

Uber, le géant américain des VTC détesté par les taxis du monde entier, est en train de bâtir un campus en Californie. Le choix d'une construction en verre et sans murs affirme la volonté de la firme de Travis Kalanick de se poser en entreprise transparente.
  • Le nouveau campus bâti par Uber s'élèvera dans le district de Mission Bay à San Francisco.

    Crédits: Image: SHoP & Studio O+A
  • Le campus comprendra deux bâtiments de onze et six étages.

    Crédits: Image: SHoP & Studio O+A
  • Sur le pourtour des deux bâtiments, de larges coursives ouvriront sur l'extérieur avec de grandes baies vitrées.

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  • Les larges coursives ont un rôle de couche d'isolation pour les bureaux situés au coeur du bâtiment.

    Crédits: Image: SHoP & Studio O+A
  • Le cahier des charges incluait dès le départ la notion de transparence.

    Crédits: Image: SHoP & Studio O+A
  • Des parois aux planchers, presque tout est vitré dans ce nouveau campus.

    Crédits: Image: SHoP & Studio O+A

C'est le leitmotiv du business: avec Uber, le client sait tout. Il peut avoir une estimation du prix avant d'embarquer dans la voiture, il a connaissance du nombre d'autos Uber qui croisent dans ses environs, il peut surveiller si son chauffeur suit l'itinéraire le plus court (ou le plus rapide), il a un historique de ses courses et de ses paiements... En bâtissant son app et son service de transport, Travis Kalanick a mis la transparence au coeur du concept. Même si ses adversaires reprochent justement des zones d'ombres: rémunération des chauffeurs, variation des tarifs selon les événements ou les heures, situation fiscale, sans oublier la nature exacte des relations contractuelles (ou non) entre Uber et les chauffeurs qui utilisent l'app... Dans nombre de pays, c'est la justice qui devra trancher ces points.

Mais cette importance de la notion de transparence dans le marketing d'Uber se retrouve désormais aussi dans le béton. Ou plutôt dans le verre: le futur campus édifié par la firme californienne à San Francisco se veut totalement ouvert. Dans les deux bâtiments reliés par trois passerelles, aucun mur ne vient limiter la vision: tout est ouvert et les coursives externes sont fermées par de gigantesques baies vitrées qui offrent une vue dégagée sur le quartier de Mission Bay où le complexe est prévu.

Un campus de 40'000m2

Pour dessiner ce campus de près de 40'000m2, Travis Kalanick a fait appel au cabinet SHoP (connu pour avoir imaginé le Barclays Center de New York) pour les lignes extérieures, et la société de design Studio O+A (qui a notamment aménagé les sièges et bureaux de Cisco, Yelp! et Microsoft). Les deux ont coopéré pour aboutir à un campus en deux bâtiments, l'un de six étages et l'autre de onze étages.

Le cahier des charges comprenait cette notion de transparence maximale et donc de lumière du jour: «Nous voulions que cette lumière pénètre à l'intérieur du bâtiment, nous avons donc imaginé un grand nombre de puits de lumière circulaires au sommet du bâtiment, afin d'accentuer encore la transparence», explique Denis Cherry, architecte du cabinet Studio O+A.

Cependant, cette utilisation massive du verre destinée à mettre en scène la transparence a eu d'autres impacts. A San Francisco, ce matériau est rarement aussi massivement utilisé, car le bois et la pierre présentent de meilleures performances en termes d'isolation. Au contraire, le verre a tendance à accentuer la concentration de chaleur avec l'effet du rayonnement sur le verre. Le corollaire consiste souvent en une utilisation massive des systèmes de climatisation pour éviter la fournaise. Or, les normes environnementales californiennes proscrivent les bâtiments trop voraces en énergies. Pour contourner cet écueil, les architectes ont imaginé les coursives externes comme des couches servant à atténuer l'impact du soleil et à préserver les espaces de travail et bureaux situés au coeur des bâtiments, comme une isolation.

Petits espaces de travail et open space

Aux différents niveaux, l'open space par étages entiers, souvent privilégié dans les constructions de la Silicon Valley, laisse la place à des espaces plus restreints, où des business units de 30 à 60 collaborateurs peuvent travailler ensemble, tandis que des espaces communs pour toutes les divisions permettent des échanges transversaux entre services.

Difficile d'éliminer la notion d'automobile quand on évoque Uber: la société prévoit un parc de stationnement voisin, mais veut améliorer la qualité de l'urbanisme aux environs immédiats de son futur campus. De nombreux arbres devraient être plantés et un cheminement vert devrait être aménagé entre le site et la côte proche, pour proposer une promenade agréable aux employés mais aussi aux visiteurs externes.

 

 

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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