Bilan

Thomas Wiesel, regard désabusé sur l'économie

L’humoriste Vaudois est connu pour ses piques à l’encontre de l'écosystème romand. Dirigeants de clubs de football, banquiers et politiciens en prennent pour leur grade.

La principale préoccupation de ce Vaudois né en 1989? Le changement climatique.

Crédits: Darrin Vanselow

Cynique est un mot qui semble bien le décrire. Thomas Wiesel, c’est ce trentenaire désabusé qui taille la Suisse entière. Avec ses vannes acerbes, son ton désinvolte et une certaine nonchalance, il fait rire. Il dérange aussi un peu. Le Vaudois a le don pour taper là où ça fait mal. S’il enchaîne les repas de soutien de différents clubs de football romands, de Xamax à Servette en passant par Sion, Thomas Wiesel s’intéresse beaucoup aux mondes politique et économique. Ses boutades égratignent largement les acteurs d’un monde qui est dépassé selon lui.

A la question de savoir à quoi ressembleront les prochaines années en matière économique, la réponse est claire: «Nous devrions avoir en tout cas trois crises économiques car il y en a une tous les dix ans», ironise l’humoriste. Le trentenaire se dit lassé d’une économie «basée sur du vent». «Pour la planète, nous faisons des prévisions sur dix à quinze ans alors que les banques font des rapports trimestriels.» Thomas Wiesel voit une forme de greenwashing dans les initiatives du monde financier. «Ils ont sûrement fait de bonnes choses. Ils ont bien mis en avant certaines initiatives économiques», commence-t-il, avant d’affirmer: «J’ai l’impression qu’ils mettent trois choses en vitrine pour faire des cochonneries dans l’arrière-boutique.»

La principale préoccupation du Vaudois est le changement climatique. Ce n’est finalement pas le secteur financier qui le préoccupe, mais l’entier de la société. Thomas Wiesel est d’ailleurs critique envers lui-même. «Est-ce que nous ne sommes pas trop bien lotis pour faire la révolution? Nous avons vu qu’il y avait moins d’étudiants dans les rues pour les dernières marches pour le climat. On n’a pas d’avenir mais on veut quand même le diplôme», observe-t-il, avant de lâcher: «Typiquement, je n’y suis pas allé car je n’avais pas dormi de la nuit.» Quand viendra la prise de conscience? «Quand le niveau des océans augmentera, que l’Indonésie sera sous l’eau et que 200 millions de réfugiés climatiques vont débarquer en Europe, cela changera peut-être.»

Solidaires

L’humoriste espère toujours des décisions fortes pour pallier l’immobilisme. «La France a essayé d’instaurer sa taxe sur les GAFA. Il suffirait que les autres pays suivent un peu», plaide-t-il. Il cite aussi la taxe sur le kérosène ou encore le bilan carbone des déplacements au travail. «Ce qui m’inquiète est que la prise de conscience est là mais la traduction en actes ne se fait pas.» Pour bousculer les pratiques, il prévoit une crise – pas forcément économique. «Nous en avons tellement l’habitude…», souffle-t-il.

Finalement, Thomas Wiesel incarne bien sa génération. Il rappelle les cadavres cachés dans le placard, ceux qui ont été laissés par les générations précédentes. La population – jeunes comme seniors – a tout intérêt à décider de son destin au plus vite. Mais pour le Vaudois, l’avenir de l’économie paraît bien accessoire comparé à celui de la planète. L’humoriste continue de faire le tour de la Suisse romande pour faire rire les entreprises et institutions. Derrière son humour grinçant se cache une réelle inquiétude ainsi qu’une certaine lassitude. Personne n’est épargné par Thomas Wiesel… lui-même non plus. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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