Bilan

Temenos, «un modèle d’affaires imbattable»

Le Genevois Max Chuard est depuis quelques mois directeur opérationnel du leader mondial des logiciels bancaires. La société enregistre une croissance fulgurante depuis dix ans.

«Le marché est estimé à 37 milliards de dollars», souligne Max Chuard.

Crédits: Lionel Flusin

En l’espace d’une dizaine d’années, l’action Temenos a effectué un bond phénoménal de 500%. L’entreprise, passée de 1400 à plus de 4400 employés durant cette même période, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires excédant le demi-milliard de francs, augmentant les revenus de ses licences de 50% et ses profits de près de 25%. Sa capitalisation boursière caracole aujourd’hui à 3,5 milliards de francs. 

Ce succès fulgurant est le fruit du triumvirat qui réunit Andreas Andreades (président du conseil d’administration), David Arnott (CEO), et le Genevois Max Chuard (CFO-COO). Les trois dirigeants sont arrivés à la tête de Temenos en 2002 alors que l’entreprise – fondée en 1993 par George Koukis – venait d’entrer à la Bourse suisse. Rencontrant à ses débuts quelques difficultés, le groupe connaîtra rapidement une croissance exponentielle, grâce, notamment, à de nombreuses acquisitions d’entreprises ainsi qu’à une offre très concurrentielle.  

«Le développement de Temenos a été possible, car il y a un réel besoin sur le marché des logiciels bancaires», indique Max Chuard. La majorité des banques utilisent encore leur propre système, développé en interne dans les années 1960. Non seulement ces systèmes ne sont pas adaptés au monde actuel, mais ils coûtent très cher à la maintenance.

«Notre but est de transformer cette industrie.» Les banques sont, en effet, de moins en moins profitables depuis la crise de 2008. Elles pourraient réduire leurs frais en modernisant leur infrastructure informatique (IT), rappelle le CFO-COO de Temenos. «Pour nos clients, l’IT ne coûte pas plus de 5 à 7% du total de leurs coûts.»  

2015, année faste

L’an dernier, l’entreprise genevoise et ses actionnaires ont vu bondir l’action de 48%. Le groupe a su convaincre de nombreuses grandes banques d’implémenter son système, dont Nordea Bank et Julius Baer. Elle a, par ailleurs, réalisé plusieurs acquisitions et s’est également développée aux Etats-Unis – un marché où elle est encore peu présente –, en signant avec deux établissements.

«La majorité des grandes banques qui ont changé leur système informatique en 2015 l’ont fait avec nous», se réjouit le Genevois. Aujourd’hui, plus de 2000 banques dans 150 pays utilisent les logiciels de Temenos, deux fois plus que celles qui ont recours au concurrent Oracle. «Nos clients sont plus profitables, avec des rendements près de 30% plus élevés que les autres banques», affirme Max Chuard.

Et puis, le leader des logiciels bancaires ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le marché est, par ailleurs, loin d’être saturé puisque 80% des banques utilisent encore leur propre système interne. «Le marché est estimé à environ 37 milliards de dollars, souligne Max Chuard. Nous avons aussi un modèle d’affaires imbattable, basé sur la maintenance de nos produits – dont 100 millions sont investis chaque année dans la recherche et le développement – avec de nouvelles versions proposées à nos clients chaque année. Nos objectifs de croissance seront atteints grâce à d’autres acquisitions ainsi qu’à une augmentation de la vente de nos licences de 10 à 15% avec une marge opérationnelle de 30%.» Fier d’être suisse, le leader mondial compte encore grandir sans complexe. 

Chantal Mathez

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