Bilan

Tekhne, deux décennies de planification générale

Depuis sa création en 1998, ce maître d’ouvrage délégué et planificateur général a supervisé la construction de plus d’une cinquantaine de gros projets.
  • 1999 Les associés de la 1ère heure (de g. à dr.): René Braune, F. Molle, M. Perez, Eric Baeni, Jean-Daniel Beuchat.

    Crédits: Tekhne
  • 1999 Ci-dessus: 1ère carte de voeux, avec le logo initial de Tekhne. 

    Crédits: Tekhne
  • 2018 L’équipe actuelle, lors du voyage en juin à Lisbonne organisé pour les 20 ans du groupe.

    Crédits: Dom Smaz
  • La direction du groupe (de g. à dr.): Eric Baeni, Jean-Daniel Beuchat, Perrine Bruyas et Olivier Cochard.

     

    Crédits: Dom Smaz

Créée sur Lausanne à l’automne 1998 par trois associés, Tekhne doit son nom à un terme utilisé dans la Grèce antique pour signifier l’art du raisonnement, la connaissance de son métier, l’habilité à effectuer une tâche. La PME s’est depuis étendue: une succursale à Fribourg en 2007, puis à Genève en 2008, et enfin à Berne depuis juillet de cette année.

Comment définir cette société de près de 50 salariés? C’est en fait une alternative aux entreprises générales. «Tekhne veut être un bureau leader en Suisse romande dans les domaines de la maîtrise d’ouvrage déléguée, de la planification et réalisation d’ouvrages importants ou complexes», indique la charte adoptée en octobre 2012 par les associés. «Nous sommes des mandataires neutres et objectifs, défendons les intérêts du maître de l’ouvrage. Par notre capacité à œuvrer en tant que planificateur général, nous représentons une alternative valable au système d’entreprise générale, tout en apportant une totale transparence.»  

La «culture architecturale»

Voilà vingt ans, la création de Tekhne visait à répondre à plusieurs attentes du marché: «L’apparition d’une frange d’architectes issus des Ecoles polytechniques de Lausanne et Zurich, très bien formés à la «culture architecturale» et au projet, et désireux de se consacrer de façon plus large à l’élaboration du projet et aux soins des détails, mais moins axés sur la réalisation (volonté de décharger les architectes)», comme l’indique Eric Baeni, l’un des associés fondateurs.

«En parallèle, nous avions constaté une certaine insatisfaction vis-à-vis des réalisations effectuées par les entreprises générales, dont la tendance est de maximiser leur profit grâce aux marges obtenues sur les sous-traitants plutôt que de consacrer plus d’argent au soin d’un détail de réalisation», ajoute son collègue Jean-Daniel Beuchat. 

Une vision qui s’est révélée juste vu le développement rencontré par Tekhne. L’équipe de départ (René Braune, Jean-Daniel Beuchat et Eric Baeni) venait du groupe Steiner (génie civil), et plus particulièrement de la division Steiner Engineering.

Concrètement, Tekhne voit le jour avec deux uniques projets: la Clinique romande de réadaptation, édifiée à Sion pour le compte de la Suva, et le Centre d’enseignement de Marcelin, à Morges, pour l’Etat de Vaud. «Ces deux projets, d’environ 100 millions de francs chacun, faisaient l’objet d’un contrat avec un système incitatif de bonus/malus lié au respect du coût, avec à la clé un partage des économies», se souvient Eric Baeni. Relevons que le Centre d’enseignement de Marcelin avait été soumis au vote de la population via un référendum (premier objet soumis à la nouvelle loi sur les investissements de l’Etat supérieurs à 20 millions de francs). Le 13 juin 1999, la population vaudoise acceptait par 58,98% d’accorder le crédit en question.

Autre pari osé: la jeune pousse avait choisi la tour Edipresse comme lieu de démarrage, une fois celle-ci rénovée, soit les locaux les plus chers de Lausanne à l’époque. «Nous avions réfléchi qu’en cas d’insuccès, nous pourrions facilement relouer les locaux dans un lieu aussi recherché.» Un site qu’occupe toujours, vingt ans plus tard, Tekhne. A chaque nouvelle implantation, la société a opté pour des locaux le plus près possible de la gare. A Berne, ils se trouvent à 10 minutes à pied du nœud ferroviaire. 

Le chantier du stade de football de la Tuilière

Au début de l’aventure Tekhne, l’équipe, constituée d’architectes et d’ingénieurs, est fréquemment mandatée par les jeunes bureaux d’architectes lauréats de concours. «Aujourd’hui, nous avons beaucoup de partenaires alémaniques qui gagnent des concours en Suisse romande et viennent nous chercher.»

C’est par exemple le cas avec la construction du nouveau stade de football de la Tuilière à Lausanne via les lauréats biennois mlzd et Sollberger Bögli, pour lesquels Tekhne gère les coûts, les délais, la qualité et assure la direction des travaux. Un chantier qui devrait s’achever en 2019 dans le cadre du projet urbain Métamorphose et qui représente un investissement de 75 millions de francs pour ce stade d’une capacité de 12 000 places. «Notre modèle s’avère particulièrement adapté aux grands projets ou aux projets complexes de taille moyenne», résument les associés. 

Une chose est sûre: leurs prestations semblent satisfaire les clients. Ainsi, à la suite du premier mandat pour la Suva en 1999, Tekhne va œuvrer sans discontinuer pour le principal assureur accidents de Suisse, notamment en procédant à deux agrandissements successifs de la clinique. Idem avec le bureau d’architectes Brauen & Wälchli avec lequel Tekhne s’était associé en 2000 pour gagner le concours de l’UIP (Union interparlementaire). Rebelote en 2004 pour le concours du Cycle d’orientation de Drize à Carouge (GE), projet qui les conduira à décrocher la Distinction romande d’architecture.

«Cela nous a ouvert les marchés genevois et nous a permis de nous y implanter durablement.» Et l’aventure continue pour l’équipe Tekhne, occupée par de nombreux mandats, dont le siège de football de la Tuilière à Lausanne, le siège administratif de l’OFROU à Ittigen (BE), l’extension du siège d’une organisation internationale à Genève ou encore la HES-SO de Fribourg.  

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."