Bilan

Syz, banque familiale, prend les couleurs de la nouvelle génération

Les fils du fondateur, Nicolas et Marc Syz, dirigent le private banking et le private equity. L’occasion de redéfinir la marque, pour exprimer la signature plus personnelle de la famille.

La nouvelle identité visuelle de Syz, Quai des Bergues, Genève, dès le mardi 16 février 2021.

Crédits: DR

C’est une promesse, un hand shake. Le nouveau logo de la banque genevoise Syz est une signature, celle d’un nom de famille devenue dynastie bancaire. Le rebranding intervient deux à trois ans après que les deux fils du fondateur et actionnaire Eric Syz, Nicolas et Marc Syz, ont pris des fonctions importantes au sein de la banque du Quai des Bergues (GE).

«Nous avons pensé à revoir la marque, et les codes de celle-ci, lorsque nous réfléchissions à la transition générationnelle, explique Nicolas Syz. J’ai pris la tête du private banking en janvier 2019, et mon frère, Marc Syz, a créé Syz Capital en avril 2018».

Capitaliser sur le nom de famille

Nicolas Syz, responsable du Private Banking de Syz.
Nicolas Syz, responsable du Private Banking de Syz.

La banque a alors repensé à son ADN, au message qu’elle souhaite adresser au marché: «Il s’agissait de prendre du recul par rapport à l’année 1996, date de la fondation de la banque par mon père Eric Syz et ses deux associés de l’époque». A l’époque, l’état d’esprit était clairement entrepreneurial, rappelle le membre de la deuxième génération. «Il s’agissait de défier le statu quo, de sortir du lot, être provocateur, bousculer les codes de la banque privée, s’orienter sur la performance et le service aux clients».

Un quart de siècle plus tard, qu’en est-il? L’aspect entrepreneurial reste dans l’ADN de la banque, souligne Nicolas Syz, «mais il ressort aussi que notre force est la capacité d’écouter, de comprendre et de servir les clients. C’est un message simple, mais c’est ce qu’on doit faire tous les jours». La banque Syz n’avais jamais, jusqu’ici, capitalisé sur le nom de famille, qui devient celui d’une dynastie bancaire en constitution avec l’arrivée de la deuxième génération. La marque Syz était d’ailleurs moins connue que d’autres marques du groupe, comme Oyster (la gamme de fonds de placement), explique Ranjit Moses, Chief Marketing Officer de la banque.

Le fait d’être un groupe familial et d’avoir la deuxième génération à bord a permis de valoriser les atouts d’une famille d’investisseurs: «la famille investit très souvent en premier dans les actifs qu’elle propose aux clients; nous partageons le même horizon qu’eux», explique Nicolas Syz. Ce constat d’une banque prônant des placements testés au préalable par ses propres actionnaires a permis de redéfinir le logo comme une signature, une philosophie de private banking qui n’est plus uniquement celle de l’entrepreneur dynamique mais qui accompagne les générations sur le moyen et long terme.

Quant à l’ancien logo: fini les trois lettres bleues, cliniques, sobres, que certains clients prenaient pour un sigle. Place à un style manuscrit comme l’est une signature à la main, aux couleurs flamboyantes, «reflet du décor jeune et dynamique du siège de la banque, où sont exposées des œuvres d’art contemporain à dominantes oranges et jaunes choisies par les membres de la famille actionnaire», poursuit Ranjit Moses.

Concilier les besoins des générations

Ces réflexions ont abouti à un ultime constat: Syz est tournée vers le futur, explique Ranjit Moses. D’où l’inauguration du slogan «For the future» dans la nouvelle façade affichée dans le courant du mois de février 2021 sur le bâtiment de la banque genevoise. Un réflexe futuriste que d’autres banques privées ont adopté dans leur communication, des visuels très technologiques de Lombard Odier à la requalification de Pictet en tant que «campus».

Marc Syz, managing partner chez Syz Capital.
Marc Syz, managing partner chez Syz Capital.

«Nous voulons que tout le monde sache que Syz est en train de penser à l’avenir», souligne Nicolas Syz. La banque avait, dès le 1er février, lancé campagne digitale «fothefuture.ch», avec un site web qui invite à imaginer le monde en 2045. Une réflexion destinée à attirer les nouvelles générations? Pas uniquement, répond Nicolas Syz. «Comme le monde est en train de changer, chacun se doit d’anticiper l’avenir. On ne veut pas faire ce qu’on a fait pendant 200 ans. Avec les taux négatifs par exemple, on ne peut plus avoir un portefeuille comme celui que l’on avait depuis 50 ans, il faut donc être hyper contemporain, axé sur l’avenir pour remettre en question tout ce qui doit l’être».

Une démarche qui ne se veut donc pas «anti-boomers» (contre la génération des baby boomers et privilégiant les millenials), mais qui se destine à toutes les générations. «Celles qui opèrent une transmission, et celles qui leur succèdent: les deux doivent se préparer pour le futur», souligne Nicolas Syz. Il admet que cette réflexion tient aussi compte du changement générationnel: «quand on regarde la pyramide des âges, en Suisse et à l’international, il va y avoir un basculement. C’est une réalité».

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante et responsable de la Filière communication au CFJM (Centre de formation au journalisme et aux médias). Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale" qui lui vaut le prix Schweizer Journalist. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale", puis en 2011 "La fin du dollar" qui prédit la fin du statut de monnaie de réserve du billet vert. En 2016 elle signe «La finance de l'ombre a pris le contrôle».

Du même auteur:

L'INSEAD délivre 40% de MBA en Asie
La bombe de la dette sera-t-elle désamorcée ?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."