Bilan

Syngenta confirme l'érosion de ses ventes au premier trimestre

La contraction du chiffre d'affaires de Syngenta était anticipée par les analystes, qui redoutaient pour partie une contreperformance plus marquée au vu des piètres résultats affichés par Monsanto.

Insatisfaite de la rentabilité de ses activités dans les semences, la direction indique envisager plusieurs options pour ce segment.

Crédits: Keystone

Syngenta a essuyé sur le premier partiel de l'année une contraction de son chiffre d'affaires. Le recul était largement anticipé par les analystes, qui redoutaient pour partie une contreperformance plus marquée encore au vu des piètres résultats sur la même période affichés par Monsanto. Divisés sur la question de la reprise par la China National Chemical Corporation (ChemChina), les observateurs s'accordent pour déplorer le manque d'informations concrètes sur le sujet.

L'agrochimiste a vu ses ventes fondre de 6,8% en comparaison annuelle à 3,74 mrd USD. La direction attribue cette contraction dans son rapport d'étape mercredi à l'appréciation du dollar et revendique un maintien de son chiffre d'affaires à taux de changes constants.

La zone Europe/Moyen-Orient/Afrique (Emea) a accusé un repli de 4% à 1,75 mrd USD et l'Amérique du Nord de 3% à 986 mio USD. En Amérique latine, la chute atteint 19% à 399 mio USD et l'Asie Pacifique a vu sa contribution plonger de 14% à 430 mio USD. Les ventes sur le segment gazon et jardin, comptabilisées à part, ont grignoté 4% à 180 mio USD.

Sans surprise

La performance d'ensemble s'inscrit dans le cadre des projections des analystes du consensus AWP, qui articulaient en moyenne 3,74 mrd USD. Les régions Emea, Amérique du Nord et Asie Pacifique ont quelque peu déçu, tandis que l'Amérique latine a offert une résistance inattendue.

Les ventes de désherbants, fongicides et autres anti-ravageurs se sont érodées de 8% à 2,60 mrd USD, plombées notamment par un élagage de 22% en Amérique latine. Le chiffre d'affaires réalisé dans les semences s'est tassé de 4%, avec un retrait marqué de 27% en Asie Pacifique.

La société compte sur ses nouveaux produits pour maintenir le niveau de ses revenus sur l'ensemble de 2016. Les fongicides Adepidyn, dont le lancement est attendu pour la prochaine saison des semences en Amérique latine, ainsi que Orondis, fraîchement homologué en Amérique du Nord, seront les premiers d'une nouvelle génération de substances phytosanitaires. Syngenta escompte en tirer jusqu'à plus de 4 mrd USD annuellement.

Le programme d'optimisation doit en outre permettre d'épargner 300 mio USD sur l'année et de faire passer le flux de trésorerie disponible au dessus du milliard de dollars.

Semences sous la loupe

Insatisfaite de la rentabilité de ses activités dans les semences, la direction indique envisager plusieurs options pour ce segment, entre coentreprises, acquisitions voire même cessions. Les diverses options détaillées ce jour dans le rapport d'activités au premier trimestre pour les activités dans les semences ne menacent pas non plus l'avenir de ce segment au sein du groupe, même si Syngenta préfère se concentrer sur les produits présentant une marge brute supérieure à 50%.

En voie de rachat par la China National Chemical Corporation (ChemChina) pour 43 mrd USD en liquide, le groupe attend toujours une finalisation de cette opération d'ici la fin de l'année.

Le rabais de 10% que présente le cours du titre par rapport au prix de rachat ne constitue pas une menace pour l'opération, selon le patron intérimaire.

"Il s'agit d'un cas de figure fréquent lors de processus de reprise et ne constitue pas un phénomène exceptionnel", a assuré John Ramsey. Le directeur général (CEO) estime en outre disposer d'un fort soutien des actionnaires, avec lesquels il s'est beaucoup entretenu au cours des dernières semaines, comme des employés.

Revenant sur l'examen en cours par les autorités de la concurrence, M. Ramsay assure n'avoir pour l'heure reçu "aucun retour inhabituel".

Analyste divisés

La confiance affichée par le successeur de Mike Mack ne suffisait pas à effacer le scepticisme d'une partie des analystes. Le processus de rapprochement constitue un catalyseur sensiblement plus important pour le titre que les performances de l'entreprise, même honorables, notent invariablement les observateurs.

J. Safra Sarasin, UBS, JP Morgan ou encore la Banque cantonale de Zurich (ZKB) rappellent que la partie n'est pas encore jouée et campent sur leurs recommandations neutres. La banque aux trois clés maintient également son objectif de cours à 407 CHF, loin en deçà des 465 USD, ou 447 CHF au cours du jour, offerts par la société d'Etats chinoise.

Moins sceptiques, Baader Helvea, Bernstein et Liberum auraient tout de même souhaité des informations sur l'examen du rachat mené par le comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS). Ces établissements reconduisent leurs recommandations d'achat et - le cas échéant - leurs objectifs de cours, entre 449 et 470 CHF.

Après avoir ouvert légèrement en dessous de l'équilibre, l'action s'est reprise pour errer marginalement au dessus. A 10h32, la nominative grappillait 0,2% à 405,90 CHF, à contre-courant d'un SMI en repli de 0,32%.

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