Bilan

SwissCaution fête les 30 ans d’un modèle à succès

Pionnière du cautionnement de location, la PME vaudoise revient sur les défis rencontrés au cours de ses trois décennies d’existence. Rencontre avec son CEO Patrick Oltramare.

Patrick Oltramare CEO de SwissCaution.

Crédits: Vincent Heimann/Swisscaution

Avec un marché immobilier composé à 63% de locataires, nombreux sont les Suisses à se confronter au casse-tête de la garantie de loyer. Néanmoins, depuis 1991, une alternative innovante se propose au dépôt bancaire: SwissCaution, première compagnie d’assurances dans le domaine. Celle-ci se porte garant à l’égard du bailleur en échange du versement d’une prime annuelle pendant toute la durée du bail.

Basée à Nyon mais présente sur l’ensemble du territoire depuis 2008, la société est finalement passée entre les mains de La Mobilière courant 2016. Un cap décisif dans son histoire qui lui a permis d’atteindre cette année les 235 000 clients affiliés et le milliard de francs de caution de loyer.

Soufflant aujourd’hui ses trente bougies, elle prévoit de célébrer cette évolution à travers un programme anniversaire. «Dès juin, nous partons à la rencontre de notre clientèle lors d’un roadtrip dans tout le pays afin de la remercier de sa confiance. Aussi, nous mettons en place des actions de solidarité via des associations locales d’aides en lien avec le logement», décrit Patrick Oltramare, CEO de SwissCaution.

Une concurrence accrue

Mais pour atteindre cette longévité fêtée en grande pompe, SwissCaution a dû relever plusieurs défis, comme l’acceptation de son modèle à ses débuts, et ce, notamment de la part des bailleurs. «Tout repose sur la confiance. Notre offre est finalement très simple et n’a pas forcément beaucoup évolué, elle s’est juste diversifiée en fonction de la demande. Par exemple dans le commercial en 2009, puis pour la population des jeunes locataires», souligne le dirigeant de la PME. Au fil du temps, ce sont des partenariats avec des institutions telles que La Poste qui ont fini de consolider la réputation de SwissCaution.

Chaque année, nous comptons 45 000 nouveaux souscrits, c’est que nous ne faisons pas tout faux

Et lorsque le succès frappe à la porte, les concurrents ne sont jamais très loin. Firstcaution, AXA et bien d’autres acteurs ont par la suite fait leur entrée sur le marché. Malgré tout, Patrick Oltramare ne voit pas cette rivalité totalement d’un mauvais œil: «S’il y a un large panel de prestataires, cela implique que le client vient par choix et non par défaut. Chaque année, nous comptons 45 000 nouveaux souscrits, c’est que nous ne faisons pas tout faux. Nous existons depuis trente ans et un copier-coller d’une technologie ne peut rivaliser avec l’expérience que l’on a emmagasinée.»

Du digital à double tranchant

S’il est vrai que la technologie ne fait pas tout, elle offre cependant de grandes améliorations. «Grâce aux outils de transformation numérique, nous avons pu automatiser nos processus pour rendre toujours plus rapide notre service de cautionnement», précise le CEO. Si bien que, désormais, 70% des demandes de garanties se font en ligne.

Cette digitalisation poussée a d’ailleurs permis de faire face à la crise Covid. D’abord dans l’instauration obligatoire du télétravail, en mars 2020, alors que les affaires de la société reculaient (-10% de demandes au printemps), puis pour être réactif lors de la reprise très soutenue du deuxième semestre car «avec le confinement, les locataires ont porté un regard différent sur leur logement et le nombre de déménagements a grimpé en flèche».

Seul bémol, les arnaques en ligne ont elles aussi fait une percée, prenant pour cible la clientèle de SwissCaution. «Face à cette dérive, nous avons des systèmes de sécurité informatique puissants, mais dans ce combat, nous sommes limités. Lorsque nous atteignons le pirate, nous déposons une plainte mais dès le lendemain, il est déjà sur un autre compte malveillant», déplore le patron qui joue la carte de la transparence. Un challenge de plus, auquel la PME vaudoise espère bientôt répondre.

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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud en passant par l'Egypte, quand cette jeune journaliste de Bilan, férue de voyages, n'explore pas les quatre coins de la planète, elle exerce son autre passion: l'écriture. Après avoir consacré la plupart de ses étés à des stages dans les rédactions de Suisse romande (entre autres 20 minutes, Tribune de Genève, L'Agefi et le Temps), la Genevoise s'est arrêtée deux ans à Neuchâtel pour obtenir son Master en journalisme. A présent bien installée dans les rangs de Bilan, elle aiguise ses armes en écrivant pour le magazine et bilan.ch Curieuse, son champ d'action se veut à peu près aussi vaste que celui de l'économie: Management, innovation, luxe, entreprises, immobilier...

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