Bilan

Startups: l’Afrique a du potentiel

L’innovation africaine suscite un vif intérêt dans l’énergie, le digital et l’agribusiness. De nombreuses initiatives attestent de tous ses atouts.

Membres de l’ONG française African Business Angel Network en Afrique du Sud.

Crédits: Dr

L’Afrique est assurément la nouvelle frontière des startups, et leur potentiel intéresse les investisseurs d’Europe. Dernière initiative en date: Bridges Builder, qui se veut la première plateforme en ligne agissant comme intermédiaire et conseillère pour investisseurs européens intéressés par les startups africaines. La fondatrice du projet, l’entrepreneure franco-marocaine Sanaa Berthié, est basée au sud de Paris mais veut connecter les investisseurs d’Europe. Pour elle, l’Afrique n’en est qu’au début d’un boom séculaire.

«Via Bridges Builder, les investisseurs européens (business angels, private equity, corporate, bailleurs de fonds…) découvrent d’autres solutions alternatives d’investissement ultrarentables dans des secteurs porteurs: e-commerce, agritech, e-learning, e-santé, e-energie, e-money, e-gouvernement, smart city», écrit-elle. Dans un livre blanc intitulé «Pourquoi investir dans l’Afrique digitale», Bridges Builder rappelle que, selon Deloitte, le continent compte 660 millions d’habitants équipés d’un «téléphone intelligent» en 2020, deux fois plus qu’en 2016». Selon l’OCDE, «la connectivité croissante et l’expansion rapide des technologies numériques, telles que les services financiers numériques, l’administration en ligne, les solutions de cloud computing et les plateformes de commerce électronique, génèrent de nombreuses opportunités pour les entreprises et changent la vie des individus».

La plateforme de Sanaa Berthié accompagne les startups dans la constitution de leur dossier de financement – de l’analyse marché à la construction du business plan –, et leur propose une visibilité auprès de son réseau d’investisseurs partenaires. Elle les accompagne aussi dans la préparation de leur pitch, destiné à lever des fonds. Son objectif: référencer l’ensemble des startups existantes en Afrique.

La France et le Maroc sont particulièrement profilés dans la promotion de l’Afrique digitale. Parmi les initiatives récentes, citons le fonds Catalyst, lancé en 2019 par l’ONG française African Business Angel Network (ABAN) d’AfriLabs, avec le soutien d’un fonds de 15 millions d’euros financé par l’Agence française de développement (AFD). Cette dernière investit à travers AfriLabs, réseau panafricain composé de plus de 150 centres d’innovation, qui effectue la due diligence des startups et le suivi des fonds sur le terrain, en échange d’une petite part de co-investissement. Parmi d’autres initiatives figure Futur.e.s in Africa, événement franco-marocain qui s’est déroulé fin octobre à Casablanca en partenariat avec les groupes français Cap digital et Société Générale. Enfin, le concours Pulse Africa d’EDF en est à sa 4e édition annuelle et se concentre sur le thème de l’innovation énergétique.

En Suisse aussi

Mais la Suisse s’intéresse aussi à l’innovation africaine, grâce à MassChallenge Switzerland, programme d’accélération de startups hébergé par la Fondation Inartis de Benoit Dubuis, par ailleurs directeur
de Campus Biotech. MassChallenge Switzerland a conclu fin 2019 un partenariat pour accélérer les startups du continent, avec l’entreprise marocaine OCP Group et l’Université Mohammed VI. Le programme «Impulse Acceleration» a démarré au Maroc le 15 janvier. En février, Lausanne a accueilli l’événement Africa Startup Connect au Rolex Learning Center, lors duquel 16 startups africaines ont pitché tour à tour, dans un concours soutenu par EPFL Tech4Impact. Les gagnants ont bénéficié d’un coaching en Suisse.

Sanaa Berthié, entrepreneure franco-marocaine et fondatrice de la plateforme Builders. (Crédits: Dr)
Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante et responsable de la Filière communication au CFJM (Centre de formation au journalisme et aux médias). Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale" qui lui vaut le prix Schweizer Journalist. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale", puis en 2011 "La fin du dollar" qui prédit la fin du statut de monnaie de réserve du billet vert. En 2016 elle signe «La finance de l'ombre a pris le contrôle».

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